fbid., fol. 6 vo
3. Bibl. Nat., fr. 17910. (Compte rendu de Morvilliers, non folioté.)
ture des négociations. Le Connétable et le cardinal de Lorraine répondirent le plus gracieusement qu'ils purent aux bonnes paroles que Paget était chargé de leur transmettre et acceptèrent de se trouver à Marck au jour fixé ‘.
Ce village était distant d’Ardres d'environ trois lieues. Nos députés partirent le 23 au matin « accompagnez d’une centaine de seigneurs, prélatz et gentilshommes ». A quelque distance de Marck, ils trouvèrent Milord Grey, venu à leur rencontre, qui « les salua au nom de la Royne d'Angleterre et les mena descendre dans la tente préparée pour eux ». Aussitôt qu'ils eurent mis pied àterre, l'évêque de Winchester, le comte d’Arundel et sir William Paget « les recueillirent et visitèrent? ».
Les Anglais avaient choisi pour la conférence un emplacement très proche du village. [ls y avaient fait dresser en triangle trois pavillons, l’un pour eux, l’autre pour les Français, le troisième pour les Impériaux. Les deux derniers étaient reliés à celui des Anglais par des galeries couvertes, et & les choses, écrit Marillac, estoient si bien à propoz que d’icelle maison des Anglois l’on pouvoit aller en celle des députez de l'Empereur, et ceux-ci pareillement en celle desditz Anglois, et par semblable moyen en celle des députez du Roy et les députez du Roy en celle desdictz Anglois, sans que les Impériaulx ny François se peussent veoir ny rencontrer” ».
Mêmes dispositions avaient été adoptées pour un pavillon central, uni aussi par des passages couverts aux trois autres constructions € pour que chascun peust venir commodément de son costé sans estre veu de l’aultre jus-
. Bibl. Nat., fr. 3945, fol. 7 r°-8 ro.
s HORMONE Bibl. Nat., fr. 17910:
CS
ques à l'entrée de la salle” ». Cette salle réservée aux assemblées était très richement ornée. Le tout faisait honneur à William Paget, qui avait dirigé les travaux.
Les ambassadeurs impériaux ne firent pas attendre longtemps les autres négociateurs. Ils arrivèrent très peu après les députés français, furent visités par les Anglais, allèrent saluer le Légat, puis se retirèrent dans leur pavillon.
La journée du 23 fut employée aux présentations officielles. Tous les plénipotentiaires se réunirent au pavillon central pour échanger les salutations d'arrivée. Une longue table était dressée au milieu de la salle & avec deux grands bancs pour asseoir les députez ». À l’un des bouts de la table était établie une chaire, recouverte en drap d’or, qui était réservée au Légat, et un peu en arrière de laquelle se trouvaient des sièges destinés aux Anglais. À la droite du Légat, et Le long de la table, prirent place les représentants de l'Empereur, dont deux, le duc de Medina-Cœlh et l’évêque d'Arras, avaient une chaire, et à sa gauche s’élablirent les nôtres. Le cardinal de Lorraine et le Connétable jouissaient du même privilège que le duc de Medina- Cœli et l’évêque d'Arras. À côté du Connétable s’assit M. de Marillac. M. de Morvilliers et M. de l’Aubespine se placèrent à sa suite”.
Les ambassadeurs s'étant embrassés, le cardinal Pole prit la parole. Il exprima la joie que lui causait la réussite de ses projets. Le due de Medina-Cœæli et l’évêque d'Arras lui répondirent en l’assurant des sentiments pacifiques de leur maître : le Connétable et le cardinal de Lorraine en firent autant. Étienne Gardiner, évêque de Winchester, se