‹ Charles de MarillacChapitre 124 sur 200 · Ibid, fol. 20 vo-21 ro : — fr · texte numérisé non relu

Ibid, fol. 20 vo-21 ro : — fr

2 Bibl. -Nat., fr. 3965, fol. 21-v0-95 vo,

possible, c'était de terminer la vieille querelle de Milan par un mariage. Et de nouveau 1ls mirent en avant l’union du fils aîné du prince d’Espagne avec la fille du Roi qui recevrait pour dot le duché de Milan. « Par ceste alliance seroit quitté le droict par nous prétendu sur icelluy Duché. »

Cette offre parut tout aussi inacceptable qu'avant aux députés français. Lorsqu'on mariait les filles de France, répliqua Marillac, & la coustume estoit de leur bailler argent et non pes terres, lesquelles estoient réservées pour des masles ». Si l’on voulait parler de l'union du duc d'Orléans avec la petite nièce de l'Empereur, fille du roi de Bohême, en accordant le Duché en dot à cette dernière, le parti paraîtrait plus convenable. Dans ce cas le Roi serait très disposé à accorder au prince don Carlos la main de sa fille, à laquelle il donnerait dot & dont on auroyt raison de se contenter ». Sinon il était inutile de prolonger la conférence ‘.

Transmettre ces propositions aux Impériaux était chose presque inutile. Ne pouvait-on prévoir quel accueil leur serait fait? Les Anglais néanmoins s’y jugèrent tenus. Mais après les dénégations formelles, qui leur furent opposées, ils estimèrent qu'ils ne restait plus qu'à ménager une entrevue entre les deux partis.

Cette entrevue, nos représentants l’attendaient impatiemment. Le compte rendu de Marillac en fait preuve. L'attitude des médiateurs, les arguments dont Gardiner ne cessait de nous accabler augmentaient de jour en jour les soupçons de nos députés. Suivant les prévisions de Marillac, l’évêque de Winchester avait pris le premier rôle au détriment du Cardinal, et sous ses inspirations la

1 7D1a., fol. 26 r°:

partialité des plénipotentiaires anglais semblait s’accentuer de plus en plus. Il était donc temps pour les nôtres de s'assurer personnellement de l'état de la négociation.

Le 31 mai, les ambassadeurs des trois puissances se trouvaient réunis. L’évêque de Winchester avoua que ses efforts et ceux de ses collègues étaient jusqu'à ce jour demeurés infructueux. Certes on ne pouvait leur reprocher d’avoir rien négligé & pour parvenir au bien du sainct œuvre qu'on avoit entreprins ». Mais puisque toutes tentatives avaient été vaines, les adversaires n'avaient plus qu'à «entendre face à face quelles estoient leurs intenüons et celles de leurs maistres sur ce négoce” ».

Sans hésiter, chacun fit aussitôt valoir ses prétentions avec une âpreté extraordinaire. Restitution par l'Empereur du Milanais : restitution par la France du Piémont et des conquêtes faites pendant les dernières guerres, tel fut le double ultimatum que se posèrent Français et Impériaux. Mais bientôt ils en arrivèrent à de plus graves dissentiments. Nous réclamions le Milanais, les & serviteurs » de Charles se crurent en droit d'exiger en récompense la cession de la Bourgogne. Par contre, à leurs réclamations touchant le Piémont, nous opposâmes la réciproque, en demandant à notre tour les territoires enlevés par la force à nos alliés le duc de Mantoue, le duc de Plaisance et le roi de Navarre. Ainsi, bien loin de rien résoudre, le débat contradictoire ménagé entre les plénipotentiaires ne servait qu'à envenimer leurs querelles *?.

Que restait-1l à faire? N’était-ce pas une rupture définitive dont les deux partis venaient de convenir? Et en fait, après s'être si nellement signifié leurs intentions, les

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