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écrit qu'aucune puissance ne serait capable de mettre un terme à la sanglante rivalité qui divisait le monde chrétien. Marillac, qui venait decombattre € pour l’œuvre de paix », allait l’année suivante proclamer dans un violent manifeste la nécessité de la guerre.
Noailles, du 4 juin 1555 (Vertot, t. IV, p. 347-348) et du Connétable et du cardinal de Lorraine au même, du 8 juin 1555 (Zbid., p. 318-349); du Connétable au chancelier Olivier, 24 juin 1555. (Ribier, t. II, p. 613- 614.)
La rupture de la trève de Vaucelles et le traité franco-papal de 1556.
C'était au nom du pape Jules TIT que le cardinal Pole avait tenté à Marck une conciliation. Pontife indolent et irrésolu, Jules IIT souhaitait avant tout le rétablissement de la paix en Europe‘ et il avait pris le premier l'initiative des négociations qui venaient d’échouer. Marcel IL, son successeur, avait continué cette politique. Devenu Pape au moment même où allait s'ouvrir la conférence préparée par le Légat, 1l n'avait cru pouvoir mieux faire que d’encourager les médiateurs *.
La mort prématurée de Marcel et l’avènement de Paul IV donnent une direction nouvelle à la politique du Saint-Siège. Aux deux € grands amateurs de paix » succède un pontfe belliqueux. Paul IV est un ennemi personnel de Charles-Quint et un adversaire déclaré de l'Espagne. Et lorsqu'après la conférence de Marck les hostilités recom-
1. G. Duruy, De pactis anno 1556 apud Valcellas indutiis, p. 29- 30. — Lettre de M. de Villandry au Roi, de Rome, 14 novembre 1554. (Ribier, t. IT, p. 542.) — Lettre de M. de Selve au Roi, de Rome, 8 février 1555. (Ribier, t. Il, p. 596-599.)
2. Michiel (Giovanni), Dépéches de G. Michiel, ambassadeur de Venise en Angleterre (1554-1557) publ. par P. Friedmann, p. 36. — Du connétable de Montmorency à M. de Noailles, 21 avril 1555. (Vertot, t. IV,
méncent entre la France et l'Empereur, une nouvelle puissance, la Papauté, est prête à s’y mêler et à intervenir en faveur de Henry IL. Ce n’est plus € une mission de paix et d'amour » dont le Saint-Siège prétend avoir charge, c’est à une guerre acharnée contre Charles-Quint.qu'il veut participer.
La haine de Paul IV envers l'Empereur datait de loin. Du vivant de Ferdinand le Catholique, Giovanni Pietro Carafa avait à plusieurs reprises indisposé ce prince par la liberté de son langage. Charles-Quint avait donc aisément prêté l'oreille aux récriminations que les anciens conseillers de Ferdinand ne céssaient de diriger contre cet âpre cen seur'. Malgré les Impériaux, Carafa avait pourtant été élevé au cardinalat et dès lors 1l n’avait cessé de mettre obstacle aux vœux et aux désirs de la Maison d'Autriche. Dans les congrégations et les consistoires, il appelait publiquement Charles-Quint € fauteur d’'hérétiques » et parlait de lui et de ses actions sans aucun égard. Cette haine, il l'étendait à tous les Espagnols : 1l les nommait € schismatiques, maudits de Dieu, semence de J'uifs et de maranes”, lie du monde » et déplorait la misère de l'Italie astreinte à supporter le joug d'une race aussi abjecte et aussi vile. Écarté à deux reprises de la dignité pontificale par l'opposition acharnée des cardinaux impérialistes, il arrivait donc au Siège Apostolique avec le renom mérité d’ennemi mortel des Espagnols, de Charles-Quint et de Philippe”.
Son entourage n'était pas fait pour calmer ses ressentiments. Après Paul IV, celui à qui la nouvelle élection pontificale semblait devoir le plus profiter était don Carlo Carafa, son neveu. Dès les premiers jours quisuivirent le Gonclave,