‹ Charles de MarillacChapitre 134 sur 200 · Ibid. {ol. 11rro · texte numérisé non relu

Ibid. {ol. 11rro

pendant ce temps, quel sort cruel était fait à nos prisonniers ! « Les rigueurs extresmes, les particulières indignitez qu'ilz ont receues sont plus dignes de la façon des Maures et des Barbares que de l’observance mutuelle dont on use entre les Chrestiens'. » Pouvait-on pourtant leur faire un crime d’avoir bien et fidèlement servi leur Roi et « d’avoir myeulx aymé estre prins avecques leur honneur que d’avoir commis chose ignominieuse à leur réputation et domma- ? pp

Pourquoi d’ailleurs ne pas préciser ces accusations

geable au service de leur maistre

Parmi nos malheureux prisonniers, l’un a payé de sa vie son attachement au Roi; c’est M. le duc de Bouillon, maréchal de France. Emmené en captivité après la prise d'Hesdin, Q il fut mis dans une st estroicte geole faicte en façon de cage, qu'il n’avoit moyen d’estre aydé d’un seul varlet, quelque maladie qui luy survinst, ou pour les infirmitez de nature* ». On espérait amnsi le réduire et l'amener « à laisser le service du Roy pour se dédyer au party de l'Empereur ». Prières, menaces de mort, tout étant resté inuüle, on se vengea de sa constance en lui infligeant les plus odieux traitements. Cependant la trêve conclue, 1l pouvait espérer revoir la France. M"° de Bouillon arrive aussitôt à Gand avec sa fille et demande la mise en liberté du prisonnier. On lui répond qu'elle doit tout d’abord garantir le payement de sa rançon. Ce payement sera acquitté dans les quinze jours ; pendant ce temps le captif demeurera en surveillance à Gand et si, le délai expiré, la somme exigée n'a pas été versée par la Duchesse, la prison s'ouvrira de nouveau pour son mari, sans que l'obligation souscrite par elle perde rien de sa valeur. N'écoutant queses sentiments,

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