‹ Charles de MarillacChapitre 135 sur 200 · Ibid., fol. 14 vo · texte numérisé non relu

Ibid., fol. 14 vo

Ms: de Bouillon accepte ces conditions. Accompagné de sa femme et de sa fille, l’infortuné prisonnier peut donc s’éloigner du pays où il a tant souffert. Mais à peine a-t-1l passé la frontière, qu’un terrible mal le force à s'arrêter à Guise. Deux jours après, 1l meurt. Au moment d’expirer, 1l se déclare empoisonné par les Espagnols. Le médecin du prince de Savoie lui a administré avant son départ une potion qui lui a causé, aussitôt prise, les plus cruelles soufrances. Trois docteurs en médecine, trois chirurgiens et deux apothicaires Q les plus nommez et expérimentez » font l’autopsie du cadavre et concluent à l’empoisonnement. « Ilz rapportent et tesüifient que ceste mort est violente proceddant de l'effort du venyn, pour avoir trouvé la taye de l’estomach intérieure ulcérée et pénétrée en treize endroictz jusques à la taye extérieure, pour avoir aussy veu plusieurs tasches purpurées, faictes par corrosion de venyn qui desjà avait esthiomené le fons de l’estomach, avecques tous les aultres signes de poison observez aux poulmons, ez endroictz du cueur, ez intestins, à la coulleur du visaige'. » Peut-on douter dès lors de la perfidie des Espagnols? « Soubz coulleur de rendre ung homme vif, ilz se sont asseurez de la rançon d’ung mort, plus grande et plus damnable que celle qu’on dict qu’Achille toucha pour le corps d’'Hector !? » Le vaillant et courageux ennemi, qu'ils n'avaient pu décider à trahir le Roi, ils l’ont traîtreusement et lâchement assassiné.

Et après ce forfait, est-11 besoin de rien ajouter? Si cet acte sans nom ne pouvait d’ailleurs suffire à justifier la rupture de la trêve, bien d’autres raisons la légitimeraient. Faut-il rappeler l’entreprise tentée sur la ville de Metz par

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