‹ Charles de MarillacChapitre 146 sur 200 · Jbid., fol. 199 re · texte numérisé non relu

Jbid., fol. 199 re

2. Marillac avait été nommé par le Roi à l'archevèché de Vienne avant son départ pour Rome. Il ne fut agréé par le Pape que le 24 mars 1557.

(Gallia Christiana, EXT co M128*) 3. Chorier, Etat politique du Dauphiné, &. 1, p. 337.

dante du plan de campagne devait donc être définitivement résolue. Mais cette première difficulté écartée, une autre perspective. demeurait toujours inquiétante : c'était le retard mis par le Pape à s'acquitter des charges que lui imposaient les traités. La proclamation de la déchéance de Philippe IT de son titre de roi des Deux-Siciles avait, 1l est vrai, paru un instant prochaine, le Saint-Père ayant décidé de soumettre incessamment la question à une Commission en cour de Rome. Mais les membres de cette commission n'étaient pas encore nommés et rien ne laissait espérer qu'ils le fussent encore de longtemps". Quant à la contribution de guerre due par le Saint-Siège, les choses en étaient exactement au même point que précédemment.

Une pareille situation était intolérable. Le roi de France résolut donc de profiter du départ de M. de Marillac pour le charger de représenter très vivement au Saint-Père le tort qu'il causait aux intérêts de la France et de la Ligue en négligeant d'exécuter ses promesses. Et c’est ainsi qu'aux déjà lourdes obligations, qu'imposait à l’archevêque de Vienne le titre officiel de son ambassade, vint s'ajouter une nouvelle et non moins délicate mission : celle de rappeler le Saint-Siège au respect de conventions solennelles.

L'instruction de Marillac est du 20 janvier 1557. Son départ doit se placer à peu de jours près à cette date*. Il prit son chemin vers l'Italie par la Suisse et les Grisons.

1. Il est fait plusieurs fois allusion à cette promesse de réunir une Commission dans les lettres postérieures de Marillac.

2. Montmorency annonce au duc de Guise la mission de Marillac le 20 janvier 1557. « .. Le Roy ... envoye présentement devers nostre Sainct Père le Pape et vous Monsieur l'Archevesque de Vienne... La suffisance duquel est telle comme vous sçavez que je luy feroys tord si je vous faisoys par luy plus longue lettre. » De Montmorency au duc de Guise, 20 janvier 1557. (Michaud, op. cit., p. 266.) — Cf.: lettres de Bernado Navagero, ambassadeur de Venise à Rome, au Doge et au Sénat, des 20 et 27 février

Avant de gagner Rome, il devait s’arrêter à Reggio auprès du duc de Guise et de là rendre visite au duc de Ferrare de la part du Roi. Les pluies torrentielles qui ne discontinuèrent pas pendant tout son séjour en Suisse et les difficultés que présentait en plein hiver la traversée des Grisons lui firent perdre beaucoup de temps. ILentrait pourtant à Reggio le 14 février’.

Il trouva là réunis le duc de Guise, le duc de Ferrare et le cardinal Carafa. Ce dernier venait de Venise, où il avait inutilement sollicité l'alliance du Sénat”. Après avoir, selon les ordres de son maître, présenté au duc de Ferrare les compliments de la cour de France, l'ambassadeur exposa sommairement à la petite assemblée l’objet principal de sa mission et lui fit part des dernières résolutions du Roi touchant l'affaire de Florence. Tous furent unanimes à les approuver. Le duc de Ferrare en particulier en témoigna une entière satisfaction. En acceptant un rapprochement et en faisant taire ses ressentiments, le Roi avait à son avis pris le meilleur parti. Sans aucun doute, Cosme apprécierait à leur juste valeur les avantages qui lui étaient offerts et bientôt 1l serait tout à la dévotion de la France”.

Marillac quitta Reggio sur ce premier et heureux présage. Le duc de Guise comptait partir incessamment pour

1557. (Cal. of state papers ; Venetian ; (1556-1557), lettres nos 820 et

. Marillac au Roi, de Reggio, 15 février 1557. (Bibl. Nat., fr. 20442, fol. 184 ro.) — De Marillac au Connétable, de Reggio, 16 février 1557. (Bibl. Nat., fr. 20460, p. 125.)

2. Sur le voyage de Carafa à Venise, voir Duruy, Carlo Carafa, p. 208-214.

3. Lettre de Marillac au Roi, 15 février 1557. (Bibl. Nat., fr. 20442, fol. 184 r0-186 r°.) —De Marillac au Connétable, 16 février 1557. (Bibl. Nat., fr. 20460, p. 125.) — Baguenault de Puchesse, Négociations de Henry 11 avec le duc de Ferrare (1555-1557). (Revue des questions historiques, 1er octobre 1868, p. 512.)

o12 CHAPITRE XII

Rome, le cardinal Carafa allait y être bientôt de retour. Notre représentant jugea donc inutile de s’attarder plus longtemps à Reggio ; il en sortait le 16 février 1557".

Le Cardinal dut se mettre en route bien peu de temps après Marillac, car les deux prélats se retrouvèrent à Bologne. Ils y eurent un long entretien, qui est sans contredit un des incidents les plus significatifs de la négociaüon de Marillac.

Vraiment curieuses furent en effet les déclarations que notre ambassadeur recueillit de la bouche de Carafa. Le Cardinal commença par donner à l'archevêque de Vienne le meilleur espoir sur le succès de sa mission. Puisque le roi de France était disposé à reconnaître d'une très large manière les services de Florence, la Ligue, on pouvait l’espérer, ne tarderait point à s’augmenter d’un nouveau membre. C'était là une heureuse fortune : elle devait épargner aux alliés l'obligation, qui autrement leur eût été imposée, d'ouvrir les hostilités en Toscane, et ce premier avantage élait surtout à considérer. En effet, ajouta Carafa, — aussi naturellement du reste que si ce qu'il allait dire n’eût jamais fait l'objet du moindre désaccord entre la France et le Saint-Siège, — cette question de Florence semblait capitale et il importait qu'elle fùt réglée avant toute autre par la diplomatie ou par les armes: il fallait que Cosme donnât à la Ligue des gages certains de bonne amitié, ou qu'il ft & du tout traité en ennemi » et immédiatement attaqué en conséquence. Grâce aux bonnes dispositions, dont il venait de faire preuve, cette dernière perspective semblait devoir être écartée. Mais le Cardinal airma que, si par hasard la négociation qu'allait entreprendre le Pape échouait, il était tout à fait d'avis « que

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