‹ Charles de MarillacChapitre 148 sur 200 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. Avant d'arriver à Rome, Marillac s'était arrêté à Casteldurante, aujourd'hui Urbania (Émilie), « pour communiquer le faict de sa charge à M. le Cardinal de Tournon selon que son instruction portoit, .... lequel en substance, dit l'ambassadeur, je trouvay conforme à ceste opinion que l'entreprinse de Naples seroit par trop difficile et hazardeuse, sans qu'on feust asseuré du Duc de Florence, pour les moyens qu'il avoit d'y donner empeschement et autres considérations qui sont notoires, en cas qu’il advint quelque

rendit aussitôt au domicile de M. de Selve, l'ambassadeur ordinaire du Roi, et s’entendit avec Lui pour obtenir audience du Saint-Père. Le 25, nos deux représentants étaient admis en présence du Pape.

« Remettant à plus tart de se déclarer sur aulcunes aultres particularitez de sa mission», l'archevêque de Vienne résolut « de pourveoir d’abord au plus important », et il vint sans hésiter & au faict de Florence ». Il exposa de nouveau au Pontife les instructions qu'il avait reçues à ce sujet : pour obéir aux conseils du Pape et ne point compromettre les succès de la Ligue, le Roi consentait à oublier les injures du Médicis : il acceptait son admission au rang des alliés et donnait plein pouvoir à la politique pontificale pour la négocier. Etait-1l besoin d’ailleurs d’insister plus longuement ? Le Sant-Père devait être suffisamment édifié à ce sujet par le message que son neveu lui avait envoyé de Reggio, et peut-être était-1l entré déjà en pourparlers avec la cour de Toscane"?

Si habitué que püt être Marillac aux brusques volte-faces de la politique, jamais pourtant il n’eût imaginé l'étrange palinodie dont il fut alors le spectateur. Aux déclarations si nettes et si franches de notre ambassadeur, le Pape répondit en effet par un discours évasif, plein de réticences et vraiment inexplicable. Il commença par affirmer n’avoir reçu de son neveu aucun message particulier. Le Cardinal avait bien expédié un courrier à Rome, mais ce courrier n'avait parlé n1 de la négociation avec les Médicis, ni du désir du roi Henry IT de la voir au plus tôt entamée. Avant

désastre en ceste armée ou quelque mutation au Papat. » (/bid., p. 333.) — C'est le 23 février que Marillac arriva à Rome et le 25 qu'il eut audience. Il y a une erreur de lecture dans la lettre publiée par Michaud dans les Mémoires-journaux du duc de Guise, (t. VI, p, 333.) Cf.: Bibl. Nat., fr. 3128, fol. 14 vo : or.)

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