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MISSION DE M. DE MARILLAC À ROME Fa a)

d'intervenir auprès du Due, le Saint-Père avait donc cru devoir attendre l’arrivée de M. de Marillac. Maintenant sans doute il était prêt à agir. Mais ne semblait-il pas que la France n’attachât à cette question de Florence beaucoup plus d'importance qu'elle n’en méritait peut-être ? Le but principal de l’expédition d'Italie était en somme la conquête du royaume de Naples : c'était à quoi il fallait surtout songer. Le Médicis n’était point et ne pouvait être un ennemi bien redoutable et & l’on seroit tousjours à tems de le chastier au cas », improbable d’aulleurs, «€ où 1l vouldroit empescher les desseings des alliez ». Certes, si tel était le désir du Roi, la cour de Rome ne refusait point d'envoyer un ambassadeur à Cosme « pour scavoir le fons de son intention ». Mais ne paraissait-il pas au moins aussi nécessaire de discuter et préparer l'attaque du royaume de Naples, afin de frapper sans retard le roi d'Espagne au cœur même de sa puissance en Italie"? Quel étonnement dut causer à Marillac & ce long et grand discours », on peut aisément se le figurer. Après avoir fait briller aux yeux d’'Henry I les plus belles espérances, voici donc que maintenant le Saint-Siège l’invitait à y renoncer. Car aucune illusion n'était possible. Malgré les mille réserves « qu'il avoit entremises en sa responce », le Saint-Père venait de manifester clairement quelle répugnance il éprouvait à tenter auprès de Florence la démarche dont il s'était d’abord si délibérément chargé. Sans se laisser décourager cependant par l'accueil qu'il recevait, Marillac voulut accomplir jusqu'au bout sa mission. Îl ne suffisait pas de dire que l'affaire de Florence était chose secondaire et qui devait s’effacer devant des préoccupations plus sérieuses. Tel n’était pas l'avis de la

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