Ibid
rieures. Celles-ci disaient en réalité que la guerre se pourrait faire en Toscane ou au royaume de Naples et que les circonstances en décideraient seules au dernier moment ‘. Aucune obligation d'honneur n’engageait donc la France comme on prétendait le faire croire. La question du plan de campagne demeurait entière et il était parfaitement légitime de la discuter.
Marillac observait en second lieu que l’un des arguments invoqués par Carafa à l’appui de sa thèse pouvait aisément être retourné contre lui. L'on parlait de la possibilité d’une invasion du duc d’Albe sur le territoire pontifical, pendant le séjour de l’armée française en Toscane. Mais une éventualité identique ne se produirait-elle pas si, au lieu d'attaquer Florence, l’on envahissait le royaume de Naples? Cosme ne pourrait-il pas alors jouer le rôle que l'on redoutait de voir prendre au duc d’Albe? Ne pourraitil pas, aussi bien que le général espagnol, se jeter sur les États pontificaux et leur faire courir un aussi grand danger? Il n’y avait donc rien à retenir de la seconde allégation du Cardinal, puisque, de quelque manière qu'on agit, le péril qu'il signalait était inévitable”.
Après avoir ainsi déblayé le terrain de la controverse, Marillac put exposer les motifs qui faisaient considérer à la France l'expédition de Toscane comme « la plus aisée et celle dont on üreroit le plus de fruictz ». L'armée française, déclara notre ambassadeur, se trouvait prise entre deux adversaires: Cosme de Médicis d’une part, le « Roy de Naples » de l’autre. Il importait de mettre sans retard l’un des deux hors de combat, et la plus élémentaire
4. « Le traitté de la Ligue portoit que la guerre se feroyt en Toscane ou au Roiïaume et partant convenoit adviser ce qui seroyt le plus expédient. » ({bid.)