Ibid., fol. 205 vo
prudence conseillait de se tourner d’abord contre celui dont on avait le plus de chance de triompher. Or, malgré les affirmations du Cardinal, les ministres de France persistaient à croire «€ que l’on viendroit plus tost à bout d’un Duc de Florence que d’un Roy de Naples’ ». Et d’abord l'on avait déjà un pied en Toscane. Le roi de France occupat une partie du Siennois et l’armée devait avoir là une excellente base d'opérations’. Au contraire dans Île royaume de Naples les alliés ne possédaient aucun point d'appui, aucune secrète intelligence, € comme il estoit du tems de Louis d'Anjou, du Roy René de Cicille et du Duc Jehan de Calabre ». Le Royaume & bien uni maintenant soubz un prince puissant », peuplé en beaucoup d’endroits d'importantes colonies d'Espagnols, opposerait, l’on n’en pouvait douter, une très vive résistance, la résistance de gens qui défendent leurs maisons et leurs biens *.
Une autre circonstance devait d’ailleurs faciliter la victoire des alliés en Toscane. Les États pontificaux regorgeaient de bannis florentins, qui n’aspiraient qu'à se venger du Duc qui les avait proscrits. Leur nombre viendrait heureusement grossir les rangs des troupes franco-papales. Ils offraient en ce moment d’armer 2,000 d’entre eux et de mettre sur pied 3,000 chevaux. Il semblait probable, qu'au prix de quelques instances, on obüendrait mieux encore, et une pareille considération devait entrer sérieusement en ligne de compte, si on l’opposait surtout à l'indifférence ou à l'hostilité de la population du royaume de Naples‘.
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2. C'était Monluc qui occupait le Siennois, une partie du moins, puisque Sienne n'était pas à nous. Cf.: Monluc, Commentaires, liv. IV. (t. I de l'éd. de la Soc. de l’Hist. de Fr.)