‹ Charles de MarillacChapitre 157 sur 200 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

SU1d. ol 2076r°:

conseil sur la situation si grave où la mauvaise foi pontificale venait d'amener les affaires. Tous furent unanimes à flétrir l’odieuse attitude du Cardinal. Néanmoins ils reconnurent que refuser d'accéder à ses exigences, serait exposer l'armée française à de très grands dangers. L'entreprise de Naples pouvait assurément avoir pour la France des suites funestes. Mais une rupture avec le Saint-Siège n’en aurait-elle pas de pires? Irrité de la résistance qui lui serait faite, le Cardinal ne se jetterait-1l pas dans les bras du duc de Florence et de l'Espagne pour nous chasser d'Italie? En somme entre deux maux il fallait choisir le moindre, et donnant saüsfaction à Carafa, diriger au plus tôt l’armée vers le royaume de Naples. Ce très dur sacrifice nous était imposé par les circonstances'.

Le duc de Guise se rendit à la sagesse de ces conseils el le lendemain les ministres pontificaux apprirent que cette question du plan de campagne, si ardemment discutée depuis plus de cinq mois, se trouvait enfin réglée suivant leurs désirs. Certes c'était un beau triomphe que remportait à la diplomatie pontificale. Mais au prix de quelles déloyales manœuvres lachetait-elle ! Comme Marillac l’écrivait au roi de France, notre défaite était plus honorable qu’un pareil succès.

Cependant « l’entreprinse de Naples estant conclue » et le plan des prochaines hostilités décidément arrêté, 1l importait de € pourvoir à ce que l’on a tousjours estimé estre le nerf de la guerre, c'est-à-dire au faict des deniers” ». C'était d’ailleurs, l’on peut s’en souvenir, le second point que le duc de Guise et MM. de Marillac et de Selve avaient résolu de régler en assemblée contradictoire avec les

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