L’Abbruze
2. De Marillac au Connétable, 47 mai 1557. (Bibl. Nat., fr. 20460, p. 129-130, passim.)
Et quelques jours après, dans un long mémoire qu'il transmettait à la Cour, Marillac était plus affirmatif encore: 1l abordait très nettement cette fois la question de l’opportunité du retour en France du duc de Guise. Quels inconvénients peut présenter le rappel d'Italie de notre armée ? Quels avantages peutAl offrir? Telle était la double interrogation que se posait Marillac. Quant aux inconvénients, disait-1l, nul doute qu'ils ne soient sérieux. Le Roi perdra ainsi (toute espérance de s’accroistre en Italie par aultre voye que le Piedmont », il laissera le duc de Ferrare son allié € en party d’avoir tous les efforts des ennemys contre lui et son nom sera d’aultant diminué en Italie que croistra cellui du Roy Philippes' ». — Toutefois ces considérations n'en peuvent faire oublier d’autres qui imposent au contraire à nos troupes un prompt départ. En demeurant plus longtemps en Italie, le duc de Guise donne aux ennemis loisir et moyen de lui couper le chemin de France et de « pourvoir à tout ce qui peult empescher son retour ou le rendre plus difficile” ». Si encore il avait l’espérance d’être bientôt maître du royaume de Naples. Mais c'est là une perspective irréalisable. « L'armée se consomme de jour en aultre et ne pourroit estre renforcée qu'à grande difficulté et despense excessive* ». De compter sur les promesses du Pape il ne saurait être question, car l'expérience du passé montre assez quelle confiance il est permis d’avoir dans le Saint-Siège. Est-ce au moment d’ailleurs où les frontières du Royaume sont menacées que le Roi doit se priver volontairement
1. « Discours touchant l’armée de M. de Guise estant à l'entrée du Royaulme de Naples en délibération de retourner en France. » (Bibl. Nat., fs. Dupuy, vol. 7%5, fol. 203 vo.)