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pagne d'Italie si délibérément acceptée, si audacieusement entreprise par la France, et, sans hésiter, avec une entière bonne foi, il essayait de prévenir les derniers et funestes résultats d'un acte auquel il avait à se reprocher d’avoir participé. Malheureusement ses avis éclairés ne furent pas immédiatement suivis. Plus de trois mois s’écoulèrent avant qu'Henry Il consentit enfin à les écouter. Encore fallut-11 le désastre de Saint-Quentin pour l'y décider. Si la voix de Marillac avait été plus tôt entendue, peut-être cet échec nous eût-il été épargné. Que l’on reproche donc à l'archevêque de Vienne l’imprudence qui l'avait poussé à se faire en 1556 « le prescheur de la guerre » ; qu'on la lui pardonne toutefois en faveur des efforts si loyalement tentés par lui l’année suivante pour épargner à son pays les malheurs qu'il prévoyait. Efforts vraiment méritoires, ajoutons-le; car en reconnaissant ainsi publiquement son erreur et en avouant tacitement l'échec de sa récente ambassade, Marillac donnait contre lui des armes à ceux qui travaillaient à le perdre dans l'esprit du Ro:ï et de ses ministres.
Les accusations portées contre M. de Marillac à son retour de Rome.
Dans une lettre datée de Reims, du 18 juin 1557, et adressée au duc François de Guise, Marillac nous instruit lui-même « des calomnies » auxquelles il se trouva en butte à son retour de Rome et « dont il fut tant enveloppé » que, suivant ses expressions, Q1l cuyda succomber sous le faiz ». — « Jamais, dit-1l, tant de choses controuvées ne furent mises à coup sur la teste d’ung pouvre homme, comme ceste foys sur moy.’ » En son absence, en effet, de puissants ennemis, jaloux sans doute de son crédit à la Cour et de sa rapide fortune, s'étaient employés à le desservir auprès du connétable de Montmorency et avaient même tenté de le perdre dans l'esprit du Roi. |
Les adversaires de l'archevêque de Vienne avaient eu beau jeu pour exciter contre lui le ressentiment de Montmorency. Entre les deux partis qui se disputaient le pouvoir à la Cour, le Connétable et les Guise, Marillac,
1. De Marillac au duc François de Guise, 18 juin 1557. (Bibl. Nat., fr. 20471, p. 14.)
nous l’avons vu, avait pris, avec éclat, position en faveur de ces derniers, au moment de la rupture de la trêve de Vaucelles. Montmorency avait dû lui garder rancune de cel abandon, car depuis lors le prélat n'avait cessé de témoigner hautement de ses nouvelles sympathies. La lettre de lui, que nous venons de citer, suflirait à nous le prouver. Il y nomme le cardinal de Guise & son bon seigneur et protecteur », se félicite des nombreuses obligaüions dont il est redevable au duc François € son bienfaiteur’ »; 1l nous apparaît en un mot comme dévoué Corps et âme à la maison de Lorraine. Et dans ces conditions, l’on peut croire que le Connétable dut très volontiers prêter l'oreille aux accusations portées contre son ancien favori et saisir avec empressement la première occasion de se venger de sa défection. Voici quelle fut cette occasion. On connaît la touchante histoire des amours de Jeanne de Piennes et de François de Montmorency, fils du Connétable. Cette histoire, récemment contée et avec quel charme ! par M. de la Ferrière”, reste présente à toutes Les mémoires. En 1553, avant de partir pour la guerre, François de Montmorency, depuis longtemps épris, promet à Jeanne son amour pour la vie. Fait prisonnier au siège de Thérouanne, il continue à envoyer pendant deux ans à sa fiancée les témoignages de son affection, et, en 1556, aussitôt libre, 1l lui renouvelle ses serments. Mais à ce moment le Connétable, ignorant les projets de son fils, dispose autrement de son avenir et obtient pour lui la main de la fille naturelle du Roi, Diane de France. Tel est le prologue de cette & piteuse » aventure. La colère du père, lorsqu'il apprend les imprudents engage-