Sommaire de la légation. (Jbid., p
Ne considérerait-on d’abord que les troubles religieux qui la divisent, qu’on aurait déjà là une raison suffisante d’avoir confiance. « Ces troubles sont en effet pour croistre plustost que pour diminuer. » Les catholiques veulent recouvrer les territoires enlevés à leurs pasteurs par les protestants et ceux-ci non seulement sont résolus à ne rien restituer, mais bien au contraire prétendent « s’agrandir encore aux despenz des ecclésiastiques ». Et il ne faut point compter que l’empereur Ferdinand mette un terme à ces querelles. « L'Empereur Charles, qui estoit grant et heureux, n’en put jamais venir à bout, par où l’on doïbt estimer que cestuy-cy, qui est pouvre de bien et foible de jugement et d’allieurs malheureux, fera encores moings”. » Réussirait-il du reste à amener une entente « sur le faict de la relligion », l'Empire serait encore bien loin d’être pacifié. Aux différends religieux viennent s’ajouter en effet d’autres divisions, des divisions politiques et des haines profondes entre les princes, qui vivent en perpétuelle défiance les uns des autres, si bien qu'au cas où l'Allemagne déclarerait la guerre à la France, « les Estatz seroient empeschez de s’accorder mesme d’un capitaine? ».
Et les embarras extérieurs ne le cèdent en rien à ceux du dedans. Sans parler du danger, ancien déjà mais toujours imminent, que les Turcs font courir à la Germanie, sans parler des continuelles usurpations des Vénitiens, un nouveau et sérieux péril menace l'Empire: « cellui du Moscovite ». «L'on parle fort en Allemagne de Ja descente du Moscovite dans le païs de Livonie, qui est de l’Empire, où 1l a faict un grant progrez avecques apparence de s'étendre sur la mer Baltique. » Le Tsar mène là « une guerre cruelle et barbare jusques à faire désenterrer les