Ibid., p
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cerveau l’oppinion qu'il est prince relligieux, juste et d’honneur et qu'on se fiast à luy plus aysément' ». Et Marillac passant en revue différents actes de Charles-Quint conclut à la vérité de sa thèse. « S'il eust le zèle pour la relligion qu'il montra, dit-il, pourquoy n'ostoit-il les prescheurs des Protestans, quant il fut victorieux en Allemaigne, dont son confesseur mesme fut si scandalisé, qu'il ne le voulut point absoudre, ains print congié de luy et s’en alla? Pourquoy, quant les villes se rendoient à luy, ne leur proposoit-il qu'elles eussent à se réduyre à l'Églize Romaine, dont il ne parla jamais ? Pourquoy n’a4-l fact restituer les ecclésiastics spoliez par les Protestans, comme il avoit promis? Et cependant il s’y est porté si froidement, que s’apercevant les catoliques de ceste dissimulation, 11z se sont peu à peu rengez avec les Protestans, pour la conservation de Ja liberté de leur patrie ? Et mesmement que les trois Ellecteurs ecclésiastiques ont congneu que au lieu de les asseurer, il estoit le premier qui les spolioit. N’a-t-on pas veu aussy la prinse de Romme et du pape Clément, où en effet il montra qu'il pouvoit plus que les luthériens, car au lieu qu'ilz ne pensent qu'à dire mal du Pape, luy sceut très bien le prendre et lui faire paier rançon aprez avoir faict piller et saccager Romme et commettre sur les Cardinaux et aultres ecclésiastics tous les exemples de dérision, cruauté et inhumanité, de sorte qu'il n’y a barbare au monde qui en sceust faire davantage * ».
Quelque opinion que l’on ait sur ce curieux essai de psychologie de Charles-Quint, il est difficile cependant d'en nier l'intérêt, si l’on songe surtout que son auteur avait vécu pendant quatre années à la cour impériale. Il y a là au moins de quoi nous prouver quel observateur