‹ Charles de MarillacChapitre 185 sur 200 · bid · texte numérisé non relu

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attentif fut Marillac. Ce n’est point du reste chose isolée dans son œuvre que ces appréciations originales sur telles ou telles personnalités historiques. De tous les princes qu’il a approchés, il nous a tracé le portrait, marqué les goûts et l'humeur. À côté de Charles-Quint ambiüeux et hypocrite, voici Henry VILLE, &avare et convoiteux au point que toutes les richesses de ce monde ne seroient suffisantes pour le contenter », & défiant et craintüf car congnoissant quelle tragédie et scandale 1l a excitez, 1l ne se fie à ung seul homme pensant les avoir tous offensez », € légier et inconstant, troisiesme et dernière peste qui procède des deux premières". » — L'on se souvient du tableau très observé et très vivant, que Marillac nous à laissé de la cour de Rome, et où la figure de Carafa est si fortement mise en relief. — Il faut aussi rappeler son jugement sur Maurice de Saxe, € prince inquiet, subtil, d'esprit soubçonneux, de nature variable en oppinion, qui n'entre jamais si avant en pari, qu'il ne tasche avoir porte ouverte pour s’encheminer en ung aultre » *; etaussi ses réflexions sur le type curieux d’aventurier que fut Albert de Brandebourg.

Des peuples aussi bien que des individus Marillac a noté les mœurs et le caractère. Il semble d’ailleurs n'avoir eu une idée bien haute d'aucune des nations avec lesquelles il a négocié. Les Allemands sont grossiers, brutaux, ivrognes, vantards. Bien loin d’être reconnaissants à la France de l'appui qu’elle leur prête contre Charles-Quint, «ils estiment que nostre seurelté deppend entièrement d’eulx et que sans leur support nostre Roy ne peult con-

1. De Marillac au Roi, 6 août 1540. (Corr. pol. d'Angleterre, p. 211- 212.)

2. De Marillae au Roi, 3 juillet 1553. (Mémoires-jourraux du duc de Guise, p. p. Michaud et Poujoulat, t. NL 191)

server son estat ' ». Ce qui leur manque surtout, c’est la décision. A les entendre, ils sont continuellement sur le point de secouer le joug impérial; mais ces belles résolutions ne s’exécutent jamais, car aussitôt € qu'ilz sentent leur maistre prez d’eulx », leur « pusillanimité » reprend le dessus et les fait se soumettre la plupart du temps. sans résistance. Les populations & des cartiers de Saxes » seraient, il est vrai, plus belliqueuses et montreraient une plus grande obstination. » Îl ne faudrait pas néanmoins compter beaucoup sur leur € pertinacité”?, » En général en effet, « les Allemans, comme il est dict dez deux mil ans en çà, oblyent voluntiers les biens et les maux qu’on leur faict * ».

Les Anglais sont plus antipathiques encore à Marillac. « Comme la vie du prince est le blanc où tous les subjectz mirent et l'exemple auquel 1lz se composent, tel est le maistre, telz sont les ministres et tél est le peuple. » Sous l'influence néfaste de Henry VII « les droictz les plus sacrez de relligion, de mariaige, de foy et promesse sont pervertiz en Angleterre“ ». C’est de plus une nation avare et rapace, € qui treuve aysément mille moyens pour attirer et prendre à soy, mais n’en admect pas ung seul pour lascher et bailler* ». Ajoutez à ces vices une mauvaise foi incroyable qui rend impossible toute négociation suivie avec les Anglais. [ls s'avancent, se retirent, vous accordent un point pour vous le contester le lendemain,

1. Sommaire de l'ambassade d'Allemagne. (Ranke, op. cit., t. VI, p- 490.) 2. De Marillac au Roi, 14 mars 1549. (Bibl. Nat., fr. 3098, fol. 35 12) 3. Sommaire de la négociation d'Allemagne (1559). (Bibl. Nat., fr. 3101, fol. 254% vo.) k. De Marillac au Roi, 6 août 1540. (Corr. pol. d'Angleterre, p. 212- 213.) :

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