Ibid
multiplicité des juridictions, € car la calamité des guerres a admené création d’une infinité d'officiers, » ‘et la multiplicité des édits et ordonnances, «€ source de toute confusion. » Et sur ce dernier point, constatons une fois de plus l'entière conformité des vues de Marillac avec celles de L’Hospital, qui souhaitait, comme le dit Hotman, «de réduire toute la législation en un ou deux beaux volumes de langage vulgaire et intelligible * », pour couper court à la chicane et simplifier la procédure. Mais ce qu'il importe avant tout de réprimer, continue Marillac, c'est la vénalité des magistrats. Ceux-ci pour acheter leurs charges « ont souvent vendu la pluspart de leur bien et 1lz s’en veulent rembourser par la justice *». Aussi Ç avant qu’un paouvre homme ayt passé par les mains du notaire, du tabellion, du procureur, de l’advocat, du juge et aultres semblables, il se trouve bien plumé* ».
À ces abus, voici les remèdes qu'il convient d'apporter. L'on commencera d’abord par diminuer le nombre des « ministres », des conseillers au Parlement, des procureurs (qui ne servent qu'à nourryr procez », des avocats € qui pour la pluspart sont solliciteurs ». L'on veillera ensuite à ce que tous ces gens-là € ne puissent plus exiger des parties que ce que la loi leur permet® ». « L’on ostera notamment aux procureurs le privilège par lequel pour dix livres ilz font venir de cent lieues ung paouvre laboureur, ung orphelin, une vesve, qui sont destruictz dez qu'ilz tombent entre leurs mains° ». Quant aux magistrats, on