Zbid., p
sy en toutes choses il debvoit estre compté pour riens et que ce fust à M. de Marillac à ordonner et mesme à disposer des depesches et de ceux qui les doivent porter... À quoy ledict M. de Selve par modestie ne voulut aucune chose répondre ou réplicquer combien que ce fust une notable arrogance et une nouvelle bastonnade qui luy estoit donnée en bonne compaignie'. »
« Et voilà, termine la plainte, les parolles advenues aprez que l’ambassadeur du Roy a recueilly, honoré et bien traicté M. l’Archevesque de Vienne plus de deux mois.” »
Dans cette plainte, il faut, sans aucun doute, faire la part de l’irritation et du dépit du fonctionnaire qui se voit subitement mis dans l’ombre par un collègue le dépassant en autorité et en crédit. En fait, le rapide avancement du parvenu, que quinze ans auparavant Henry VITE trouvait & trop petit personnaige pour luy servir d’otaige », la brillante carrière du prélat, qui venait d'obtenir le siège envié de l’archevêché de Vienne, l’heureuse fortune du courlisan, pour lequel chaque jour avait jusque là marqué une faveur, avaient dû susciter à Marillac plus d’un ennemi el plus d’un envieux. Mais, malgré tout, le récit de de Selve a bien souvent un air de vérité, qui doit en laisser suspecter difficilement la bonne foi. Il nous présente en somme l'archevêque de Vienne, le conseiller au Conseil Privé comme un personnage gonflé de son importance, persuadé de sa supériorité, tout prêt à s’estimer indispensable. Et, si nous ne savions les solides amitiés qu'il inspira, nous serions vraiment tentés, 1l faut l’avouer, de faire après cela de Marillac un homme à l'esprit morose et chagrin, au caractère étroit et difficile.