‹ Charles de MarillacChapitre 20 sur 200 · Pierre Lizet, né à Salers en 1482, mort en · texte numérisé non relu

Pierre Lizet, né à Salers en 1482, mort en

triotes ? Nous l’ignorons. Toujours est-il qu'il dut débuter au barreau sous les auspices de son frère Gabriel de Marillac, qui, plus âgé que lui de quelques années, était compté à cette époque, nous le savons, parmi les avocats les plus occupés du Parlement.

Mais les événements devaient bientôt amener Charles de Marillac à renoncer aux études qu'il avait entreprises. À ce moment le protestantisme commençait à faire en France ses premiers adeptes et le gouvernement semblait très résolu à combattre l’hérésie par tous les moyens. Sur une simple dénonciation l’on pouvait être arrêté et souvent livré au supplice. Or nous savons qne Marillac fut soupçonné d’hérésie et sérieusement menacé’. Avait-1l embrassé les nouvelles doctrines ? La suite de sa vie ne semble pas le prouver. Il est plus vraisemblable qu'il devait être lié d’amitié avec quelques-uns des partisans de la Réforme, comme il s’en trouvait beaucoup alors parmi les savants et les lettrés. Il dut être, dans tous les cas, assez en danger, car il Jugea prudent de quitter Paris pour se soustraire à la situation difficile qui lui était faite. C’est à cette époque qu'il partit pour Constantinople. Voici à quelle occasion.

« Vers la fin du moys de décembre 1534, dit le Journal d’un bourgeois de Paris, arriva en France l'ambassade du Turcq et allérent à Chatellerault, où y estoient le Roy et la Royne, puis suivirent le Roy à Paris où il alloit. Le bruyÿct estoit qu'ils estoient venuz de par le Tureq pour prendre alliance avec le Roy par mariaige et pour soy faire bapüser luy et son fils, dont le Roy envoya vers le Turcq

1. Extrait d'un catalogue manuscrit des abbés de Saint-Père-de- Melun. (Archives municipales de Melun GG.) — Brantôme, OEuvres (éd. Lalanne), t. I, p. 82.

LES ORIGINES DE CHARLES DE MARILLAC hi |

un nommé M. de la Forest; avec ledict ambassadeur et estoient environ douze hommes. »

Ce M. de la Forest, € gentilhomme du pays de la Limagne en Auvergne, secrétaire du Chancelier Duprat ? », élait précisément le cousin de Charles de Marillac ; et le voyant désireux de quitter Paris, 1l le prit avec lui comme secrétaire *. Ils allèrent s’'embarquer à Marseille, pour se rendre d’abord à Alger, d’où Barberousse les fit conduire à Constantinople. Ils emportaient avec eux de riches présents et entre autres choses € un excellent horloge », qu'ils comptaient offrir au Grand-Seigneur.

Arrivé à Constantinople, la Forest eut assez d’habileté pour négocier rapidement avec Ibrahim-Pacha, puis avec Lofty-Pacha des conventions commerciales fort avantageuses pour la France. Et lorsque le traité fut signé en février 1536, Marillac fut chargé par son cousin d'aller le porter au roi de France et de le lui faire agréer et confirmer ‘.

Le séjour de Marillac en France fut assez court, car le 27 septembre 1536 1l était à Venise en chemin pour revenir à Constantinople. Le ?8 octobre, l’évêque de Rodez, ambassadeur à Venise, écrivait en effet au Roi: € Marilhac arriva 1cy le 26° du moys passé, qui ne partit de Lyon que le 14°, et deux jours après, nous l'avons faict embarquer sur une frégatte bonne et seure et bien armée, et espérons qu'il se conduira jusques à Raguse seurement *.»

1. Journal d’un bourgeois de Paris. Édit. Lalanne (Soc. de l'Hist. de Fr.), p. 440.

2 APibl Nat. tr 20977.

3. De Thou, Histoire universelle (trad. fr. Desfontaines, Lebcau, etc.), t. LIL, p. 563.

Page 1