Ibid., p
brusquer les choses avec l'Angleterre. S'il exigea le rappel de l’ambassadeur d'Henry VIII qui lui avait tenu un langage très violent à l’occasion d’une difficulté maritime entre les deux pays, il le fit dans les termes les plus modérés. « Telles faultes et erreurs, disait-il, sont inexcusables à l'observation et entretenement de l’amitié, confédération et alliance qui est entre nos deux princes, laquelle je veoys ordinairement du costé du Roy aussy bonne et aussyÿ entière qu'elle fust oncques”. »
Ces paroles ne répondaient pas d’ailleurs à un changement de politique ; elles étaient inspirées au Connétable par l'extrême prudence dont il ne se départit jamais. Le tort de la cour de Londres fut de s’y laisser tromper, lorsque vers le milieu de février 1540 le duc de Norfolk fut chargé d'aller présenter des propositions formelles d'alliance à François [*?. 11 devait exposer au roi de France le peu de confiance que méritaient les promesses de l'Empereur. Charles avait-il réellement l'intention de se dessaisir du Milanais ? Ses belles paroles ne tendaient-elles pas à séparer le roi de France de ses amis et notamment « de son bon frère » le roi d'Angleterre ? L'alliance de . François I‘ et d'Henry VII devait déjouer ces calculs. Le duc de Clèves se Joindrait à eux el son amitié assurerait à la Ligue l'appui du duc de Saxe, du landgrave de Hesse, du duc de Bavière, du margrave de Brandebourg. « L'Empereur, disait l'instruction de Norfolk, sera ainsi pris au piège et les confédérés pourront espérer le faire prisonmer et l’avoir à leur discrétion”. »