Ibid., p
impérial à la cour d'Angleterre. Il sait même indirectement que ce dernier laisse percer l'espérance de voir bientôt son maître € espouzer Madame Marie et se restraindre si avant en ligue qu’il fust oncques avecques le Roy d'Angleterre‘ ». Le bruit commun est d’ailleurs que les Anglais feront tout leur possible pour que l'Empereur « reprenne sa force et sa vigueur ». Une seule chose sera peutêtre capable de les arrêter d'après Marillac : l'Empereur réclamera certainement de Henry VII « bonne somme d’angelotz ainsi que despuys la fortune d'Alger son am-
bassadeur le procure” » ; or les Anglais € s’ilz treuvent aysément mille moyens pour attyrer et prendre à soy, n’en admettent pas ung seul pour lascher et bailler* ».
Un moûf d’un ordre plus élevé devait faire échouer encore une fois ces tentatives d'union anglo-impériale. Ce fut la raison religieuse. IT faut se rappeler en effet que le roi d'Angleterre était alors publiquement excommunié et hors de l'Église. Après la mort de Cromwell on avait bien « rapproché » le plus possible l’Angleterre de l’orthodoxie, « exception faicte toutesfoys de l'obéissance au Saint- Siège ». Mais cette dernière restriction devait avoir une importance capitale aux yeux de Charles-Quint. € A la chute de Cromwell, dit M. Froude, Charles avait pu abandonner son attitude hostile à l'égard de l'Angleterre, mais il hésitait toujours à conclure avec elle une alliance positive, qui pouvait compromettre son orthodoxie et lui faire encourir les censures papales*. » Une entente avec Henry VIII n'était possible à son avis qu'autant que ce dernier se rapprocherait du Pape. Il lui demanda de le faire. La France
De Marillac à l'amiral Chabot, 17 janvier 1542. (/bid, p. 384-385.) Ibid, p. 385.
De Marillac au Connétable, 6 août 1540. (Zbid., p. 212.)
Froude, Æistory of England... t. LI, p. 500.