‹ Charles de MarillacChapitre 37 sur 200 · LE · texte numérisé non relu

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était au courant des négociations. « Nous savons, disait l'amiral de Bryon à l'ambassadeur anglais en France William Paget, que l'Empereur a proposé à votre maître de le réconcilier avec le Pape sans porter atteinte à son honneur etque cela se fera sur la demande du Pape‘. » Mais c'était à trop exiger de l'Angleterre. Henry VIIT, malgré tout son désir de s’unir à l'Empereur, ne pouvait accepter une réconciliation avec le Saint-Père, avec celui qu'il appelait « filz de perdition, ydole et Antechrist® ». Il refusa nettement, et de même que l'affirmation de l'autorité du Pape à Ratisbonne avait décidé de l’échec des premières négociations anglo-impériales, ce fut encore une fois « la renonciation » de l'Angleterre à la suprématie pontificale qui empêcha l'entente projetée entre Henry VIIT et Charles- Quint d’être menée à bien (février 1542).

L’Angleterre parut alors reprendre entre la France et l'Empereur la situation incertaine qu'elle avait abandonnée. Et la France recommença les négociations avec le gouvernement anglais, d'autant plus activement que tout faisait prévoir à ce moment une rupture prochaine entre elle et Charles-Quint. Il importait de détacher définitivement Henry VIIT de l'Empereur.

Un moyen plus sûr que le mariage projeté entre Marie Tudor et le duc d'Orléans sembla s'offrir alors à la politique française pour amener le roi d'Angleterre à une union anti-impériale.

Au mois de novembre 1541, furent découverts les adnltères de la reine Catherine Howard qui avait succédé à Anne de Clèves. Elle fut convaincue & d’avoir eu avant

1. Paget à Henry VIII. (Burnet, Collectanea, p: 508, cité par Froude, t. IT, p. 508.)

2. De Marillac au Connétable, 6 juillet 1540. (Corr. pol., p. 198.) |

que le Roy l’espouzast plusieurs serviteurs familiers à elle »: ... «et au regard du temps où elle a esté Royne », il ÿ a, paraît-il, écrit Marillac, € de grandes et urgentes présomptions qu’elle ayt persévéré en sa lubricité' ». La reine, on le découvrit bientôt, « s’estoit accoinctée d’un jeune gentilhomme de la Chambre du Roy nommé Culpeper si familièrement », qu'à un des derniers voyages de Henry VIIT, Gil s’estoit trouvé avecques elle cinq ou six foys », et qu’un jour entre autres, à Lincoln, ils étaient demeurés € enserrez cinq ou six heures ensemble? ». Dès lors, la perte de Catherine fut décidée et l'on « prépara bientost lieu en la Tour pour la loger* ».

À ces nouvelles, la première pensée de Marillac fut de suggérer à son maître un plan qui ne manquait pas de hardiesse : c'était de faire € reprendre » à Henry VII la sœur du duc de Clèves. « Ce seroit, remarque l’ambassadeur, moyen d’aultant plus aysé de faire l'alliance que désire le Roy et davantage bonne et forte ligue contre l’'Empereur, mesmement que les Alemans y pourroyent estre compris *. » Si Henry VII rendait sa faveur à Anne, les princes luthériens ne devaient plus en effet avoir aucune rauson de tenir rigueur au souverain. Sous l'inspiration de Marillac, la diplomatie française en revenait en tous points au plan de Cromwell.

François [* entra aussitôt dans les vues de son ambassadeur. Depuis sa rupture avec Charles-Quint, 1l avait entamé, on l’a vu, de nouvelles négociations avec les Luthé-

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