‹ Charles de MarillacChapitre 43 sur 200 · Maurenbrecher, Op. cit., p · texte numérisé non relu

Maurenbrecher, Op. cit., p

Faveurs obtenues par Marillac pendant son séjour en Angleterre et à son retour. — Sa mission en Suisse et en Allemagne avec M. de Brissac. — Il est nommé ambassadeur ordinaire de France à la cour impériale.

Les correspondances de Marillac relatives à son ambassade en Angleterre s'arrêtent au mois de septembre 1542. Mais nous savons par d’autres documents qu'il ne rentra en France que beaucoup plus tard. Il débarquait à Calais, venant de Londres, le 1° avril 1543 °.

Si les premières négociations de notre ambassadeur dans le Levant avaient laissé pressentir ses talents de diplomate, son séjour en Angleterre était bien fait pour consacrer sa réputation. L'on a vu avec quelle maturité d'esprit, remarquable vraiment chez un jeune homme de trente ans, 1l avait su démêler les perpétuelles intrigues, expliquer les soudaines volte-faces de la politique anglaise. C'est qu'il ne se contentait pas déjà, comme beaucoup de diplomates de son temps, de rester simple spectateur des

1. State papers during the reign of Henry VII, t. IX, p. 314.

événements et d’en transmettre seulement le récit fidèle à son gouvernement. Il cherchait & à tirer des faits leur conclusion » et se préoccupait avant tout d'éclairer de ses avis le Roi et ses ministres.

Pour bien apprécier d’ailleurs le mérite de Marillac, il faut songer à la situation difficile que lui créa pendant son ambassade l'attitude variable et indécise de son gouvernement, un Jour parlisan de la paix quand même, et assumant sans hésiter le lendemain la responsabilité d’une conflagration générale. De cette double politique Marillac fut successivement le représentant et il faut reconnaître la souplesse d'esprit qu'exigèrent de lui les circonstances. Pourtant, qu'il suive la ligne de conduite que lui trace à son départ Montmorency, ou celle que lui imposent bientôt après les ennemis du Connétable, son activité et son zèle ne se trouvent jamais en défaut. Après avoir travaillé pour la paix et encouragé pendant toute une année les adversaires de Thomas Cromwell, il change sans effort de tactique, pour se faire le défenseur des projets belliqueux de la cour de France. Et il apporte dans cette nouvelle tâche la même initiative que précédemment. C'est lui qui juge en 1542 que le rapprochement d'Henry VIIT et d'Anne de Clèves est le plus sûr moyen de reconstituer une coalition anti-impériale et, si ce dessein échoue, on n'en doit pas du moins méconnaître la réelle originalité.

Il convient de dire que le roi de France sut apprécier les mérites de son ambassadeur et ne perdit pas une occasion de le lui témoigner. Lorsque Marillac revint d'Angleterre, il pouvait se considérer comme singulièrement favorisé de la fortune. Pendant son séjour à Londres il avait été véritablement comblé de faveurs. Faveurs de tout genre d’ailleurs : c’est d’abord une nomination de conseiller-clerc au Parlement de Paris, dont il est informé

dans le mois qui suit son départ (18 avril 1539) et qui nous prouve qu'à son retour de Constantinople il avait dû faire sa profession ecclésiastique" : — les registres du Parlement, quimentionnent sa nomination, n'indiquent point en effet qu'il ait été question pour lui de la dispense nécessaire en pareil cas à un laïque ; — c’est bientôt après une gratification de 3,000 écus qui, l’année suivante, lui est gracieusement renouvelée * et à laquelle succèdent d’autres dons de 900 et de 1,200 livres *. Au mois d'octobre 1540, il obtient l’abbaye du Mas, près de Verdun en Gascogne‘ ; au mois de décembre 1541, celle de Saint-Père-de-Melun *. Entre temps (octobre 1541) il est pourvu de l'office de maître des requêtes ordinaires de l'Hôtel°, poste d'autant plus enviable qu’une décision royale venait de rétablir tous les privilèges de cette juridiction.

Après son retour d'Angleterre, la vie de Marillac nous est très mal connue pendant quatre ans. Fut-il alors désigné de nouveau comme ambassadeur à Constantinople ? La chose semble bien peu probable. Une dépêche d'origine anglaise nous apprend, il est vrai, qu'au mois de janvier 1542 il fut question de le rappeler de Londres pour l'envoyer vers le Sultan ‘ et une autre de 1545 paraît signaler son passage à Venise en lui donnant le Levant comme destination. Mais il ÿ eut, croyons-nous, confusion. Le représentant de Henry VIIT à la cour impériale parle, au mois de mai 1545, de l’arrivée à Venise d'un certain

- Du Roï à Marillac, 18 avril 1539. (Corr. pol., p. 94.) . Bibl. Nat., fs. Clairambault, vol. 1215, fol. 79. s 1bid. Lol:

. De Marillac au Connétable, 21 octobre 1540. (Corr. pol., p. 270 . Du même au même, 10 décembre 1541. (/bid., p. 359.) 6. Du Roi à Marillac, 7 octobre 1541. ({bid., p. 346.) — Cf.: Blanchard, Histoire des maitres des requêtes de l'Hôtel, p. 276-277. 7. State papers during the reign of Henry VII, 1. NI, P- 649.

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