Ibid.,t. X, p
3. Bibl. Nat., Cabinet des Titres ; Dossiers bleus, dossier MariLLac.
rendu finalement à la cour impériale, el, au mois de juillet 1547, la France pouvait craindre de le voir bientôt réussir dans ses projets. Après la guerre de Schmalkalde, l'Empereur venait de convoquer une diète à Augsbourg, et le bruit courait que Charles IT avait obtenu de lui re risation de présenter à l'assemblée ses griefs et ses réclamations contre Henry IT, injuste détenteur de ses États. La perspective de voir sa conduite solennellement désapprouvée par l'Allemagne était, on le comprend, singulièrement inquiélante pour notre gouvernement, et c'était dans le but de parer à cette grave éventualité que le roi de France dépêchait à Augsbourg MM. de Brissac et de Marillac !
Nos deux ambassadeurs reçurent chacun une instruction spéciale. Celle de Brissac nous a seule été conservée. Elle nous fournit du moins des détails suffisants sur la charge de Marillac. Voici en quoi consistait la mission de l’un et de l’autre des deux envoyés. Effrayé de la résolution de Charles LIT d'en appeler à l'Allemagne assemblée, Henry II s’élait décidé à terminer par une conciliation « le vieux différend de Savoye », et, comme témoignage de ses nouveaux sentiments, il chargeait M. de Brissac d'aller «moienner » à Augsbourg un arrangement amiable entre le duc et la France. Brissac était autorisé à « mettre en avant » le mariage d’'Emmanuel-Philibert, prince de Piémont et fils de Charles II, avec la sœur du roi de France, Marguerite de Valois. A la suite de cette union, le prince ne rentrerait point, il est vrai, en possession du Piémont, mais en revanche il devait recevoir en France une Importante compensation, et Cy acquérir Sy honneste estat qu al
1. Sur cetle mission de Brissac et de Marillac, cf.: Ch. Marchand, Charles de Cossé-Brissac, p.83 et seq.
auroyt tout lieu de s’en contenter ». Le Roi pouvait-l montrer plus de condescendance et « s'approcher plus près de termes d'accord! » ?
C'était au cas où € ces moyens de doulceur et ces honnestes propoz et persuasions » n'empêcheraient point le duc de Savoie de donner suite à ses desseins, que Marillac devait entrer en scène. Malgré les offres si avantageuses de Henry Il, Charles IT persisterait peut-être à faire juges de sa cause les États d'Allemagne. Marillac devait alors être présenté à l'Empereur par M. de Brissac : orateur attitré du Roi, il était spécialement désigné pour défendre devant la Diète les droits que Louise de Savoie avait transmis sur le Piémont à la Couronne de France. « Si M. de Brissac, dit l'instruction de ce dernier, voyt que, pour induyre le Sainct Empire à prendre ledict affaire de Piedmont à la Diette, l’on praticquast de faire plaindre le Duc de Savoye à ladicte Diette, il fera entendre à l'Empereur que le Roy a depesché M. de Marillac, Maistre des Requêtes de son hostel, pour faire remonstrance de ses droictz devant sa Majesté impériale et Estatz dudict Sainct Empire”. » M. de Brissac € présentera à ceste fin » son collègue à l'Empereur et le priera & qu'il soyt sur ce oY aflin qu'il soyt congneu et entendu d’ung chascung que c’est avecques juste occasion .… que le Roy de France a recherché par les armes ce qui luy appartenoit, assavoir le Piedmont, aprez avoir essayé à plusieurs foys d'en avoir la raison par la voye amyable * ».
On se rend compte aisément de l'importance de la tâche
4. « Instruction à M. de Brissac, chevalier de l'ordre du Roy, de ce qu'il aura à faire entendre à l'Empereur de la part dudict seigneur Roy. » (Bibl. Nat., fr. 20449, p. 59 et 60.)