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qui incombait à Marillac. Quelque subordonné qu'il fût à celui de M. de Brissac, son rôle n’en exigeait pas moins un réel talent de diplomate et d’orateur et la preuve de confiance que le Roi donnait à son maître des requêtes était à tous égards infiniment honorable.
MM. de Brissac et de Marillac devaient gagner l’Allemagne par les Cantons suisses. En dehors en effet de leur mission officielle à Augsbourg, une action diplomatique commune auprès des Ligues suisses était, par instruction spéciale, confiée aux deux ambassadeurs. La Suisse, gagnée en grande partie dès ce moment au protestantisme, se séparait par là même chaque jour davantage de Charles- Quint, le champion du catholicisme en Europe. Quoique hostile aux nouvelles doctrines et bien qu'il commençât à persécuter impitoyablement les réformés dans son royaume, Henry IT avait résolu de profiter des nouvelles tendances des Cantons suisses pour les attirer plus aisément à une union avec la France. Brissac et Marillac avaient donc ordre « de faire envers les Seigneurs des Ligues office qui pust tendre à la confirmation de l'ancienne Confédération et asseurance de l’amytié que le Roy leur portoit' ». Quelques dépêches de nos deux représentants nous ayant été conservées, nous pouvons au moins apprécier avec quel succès ils surent remplir cette première partie de leur ambassade, où nous allons tout d’abord les suivre.
Ils partirent de la Cour dans les derniers jours de juillet 1547. L’instruction délivrée à Brissac est du 22. Ft € pour aultant que leur chemyn s'y adressoit il: commencèrent leurs visitations à Messieurs des Ligues », en s’arrê-
De Brissac et Marillac au Roi, de Solène. 2 août 649. (Bibl. Nat., Îre ve 0: P100)
tant à Genève. Les « Seigneurs de Genève » se réputèrent très honorés de l’ambassade, offrirent & leurs très humbles services » au roi de France et exprimèrent nettement leur peu de sympathie pour l'Empereur et le duc de Savoie leur voisin. Ils avaient du reste pourvu à la défense de leur ville de telle manière, « qu'ilz n’avoient crainte d’estre réduictz soubz la main d’aulcung prince leur ennemy », si € celluy-ci1 n’avoit point premièrement Uiré à sa dévotion ou vaincu tout le païs des Ligues et si eulx mesmes n’estoient point d’ailleurs destituez du bon ayde et secours du Roy de France ». Ils ajoutèrent qu'ils comptaient beaucoup sur leurs (€ combourgeois » de Berne et assurèrent à nos ambassadeurs qu'ils ne trouveraient pas chez ces derniers un moins bon accueil qu’à Genève”.
Brissac et Marillac furent en effet fort bien reçus à Berne. Là aussi ils garantirent aux bourgeois l’amitié du Roi leur maître. Dans la négociation dont ils étaient chargés auprès de l'Empereur, Henry IT leur avait en effet recommandé de ne pas oublier les intérêts de « Messieurs des Ligues », dont les affaires lui «estoient et seroient tousjours en mesme soin que les siennes propres ». Les & seigneurs de Berne » répondirent à € ces gracieux propoz » d'une manière tout à fait satisfaisante. Dans sept ou huit jours une diète devait avoir lieu à Berne et le roi de France, dont ils étaient « les plus affectionnez serviteurs », aurait certainement lieu d'être content des décisions qui y seraient prises. Eux aussi € estoient pretz à s’employer au service du Roy aussitost que le besoin le pourroyt requérir” ».
Ces déclarations avaient d'autant plus de valeur qu’à ce moment même nos ambassadeurs étaient avertis de la