Ibid., p
MISSION EN SUISSE ET EN ALLEMAGNE Li
entre les ambassadeurs de France et les conseillers de l'Empereur. Et comme personne n'était disposé à céder quoi que ce fût de ses prétentions, l’on se sépara sans qu'un seul pas eût été fait vers cette entente amiable qu'avait espérée le roi de France‘.
La mission de Brissac se trouvait par là même terminée. Selon ses instructions premières, il lui restait, il est vrai, à présenter à l'Empereur son collègue, M. de Marillac, comme l’orateur choisi par Henry Il pour affirmer à la Diète les légitimes prétentions de la couronne de France sur le Piémont. Mais une lettre spéciale lui donna au dernier moment ordre de n’en rien faire. C'est que, comme l'avait très prudemment observé le Roi, 1l n’était point encore certain que la question de Savoie fût présentée à la Diète. Ni Brissac, ni Marillac n'en avaient entendu parler depuis leur arrivée à Augsbourg : d’alleurs, l’importance et le nombre des affaires, qui allaient se traiter dans l’assemblée, augmentait tous les jours et il était possible qu’au dernier moment les États négligeassent de s'occuper des réclamations du duc de Savoie. Mais si le roi de France accréditait un ambassadeur dans le but officiel et avoué de s'opposer à ces réclamations, si par à même il semblait juger certaine une éventualité encore douteuse, cela ne risquait-il pas d'attirer l'attention sur un point qui autrement eût passé inaperçu au milieu des mille intérêts qui allaient se trouver en jeu dans la Diète*? N'était-1l pas