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(Août 1548 — novembre 1549.)
Les derniers résultats de l’alliance anglo-impériale de 1543.
Disons-le tout de suite, l'incident que la France redoutait si fort de voir soulevé à la Diète, ne s’y produisit heureusement pas. Le duc Charles ne trouva pas l’occasion de faire valoir ses réclamations devant les États, et Marillac n'eut point à plaider la cause de la cour de France. Des questions plus absorbantes que celle de Savoie occupèrent pendant l’année 1547-1548 les délibérations de cette assemblée d’Augsbourg, qui marque une date mémorable dans l’histoire d'Allemagne.
C'est après la célèbre campagne de Schmalkalde, que l'Empereur convoqua une Diète à Augsbourg. S'étant assuré, comme on l’a vu, l'alliance de l'Angleterre, ayant séparé les Luthériens d'Allemagne de la France et imposé à celle-ci le traité de Crespy, Charles s'était trouvé libre de porter un coup terrible à l'hérésie. L'écrasement des Réflormés à Mühlberg avait couronné ses desseins. A Augsbourg il prétendait maintenant dicter ses volontés à
la & Germanie asservie ». Marillac arrivait en Allemagne pour assister au fatal dénoùment de la guerre de Schmalkalde et au triomphe solennel de la fortune impériale. La Diète s’ouvrit au mois de septembre 1547 et se termina au mois de mai 1548. Pendant cette année, notre ambassadeur fut à même d'apprécier la puissance exorbitante que les récents succès de Charles-Quint semblaient devoir pour longtemps lui assurer.
Très malheureusement les correspondances de Marillac sont perdues pour l'année 1547-1548. Nous sommes ainsi privés de renseignements sur l’un des événements les plus considérables auxquels 1l ait été mêlé pendant sa longue carrière diplomatique.
IL est difficile d'imaginer en effet un spectacle aussi extraordinaire que celui qui s'offrit alors à l'Europe. Maître politique de l'Allemagne, Charles-Quint ne craignit pas d'en devenir le souverain religieux. Empiétant délibérément sur les droits de la Papauté, lui, le Roi Catholique, 1l osa s’ériger à Augsbourg en € pontfe de la doctrine et des mœurs », et entreprit de remédier seul au schisme qui divisait la chrétienté.
Dès avant la guerre de Schmalkalde, l'Empereur avait obtenu du pape Paul HT la réunion à Trente d’un concile, qui devait dicter ses conditions aux Luthériens vaincus". Mais l'accord entre les deux souverains du monde chrétien n'avait pas été de longue durée. Quoique très décidé à ce moment à réduire l’hérésie par la force, Charles ne se faisait point complète illusion sur ses desseins. Et, malgré les victoires prochaines qu'il espérait, l'entière soumission | des Luthériens ne lui semblait possible qu'au prx de
1. Druffel, Karl V und die rümische Curie (1544-1546). (Abhandlungen der Kün. Akad. der Wissenchaften ; historische elasse, tome 13.)
quelques concessions. [Il avait invité les Pères du concile à entrer dans ces vues. Il leur avait demandé de faciliter de leur côté une entente en n’effrayant pas dès l’abord les protestants par des déclarations dogmatiques trop rigoureuses, mais en paraissant disposés plutôt à donner sur certains points satisfaction aux Réformés. Le concile, sur l’ordre du Pape, adopta une ligne de conduite toute différente. Ses premières proclamations furent en quelque sorte une condamnation solennelle de l’hérésie !; et bientôt pour mettre l'assemblée hors de l'influence de Charles-Quint et la mieux diriger dans le sens qu'il désirait, Paul II la transférait de Trente à Bologne”.
Pendant ce temps l'Empereur avait triomphé de l’Allemagne. Mais, même après ses succès, pouvait-l espérer faire accepter jamais aux Luthériens les décisions intransigeantes des théologiens de Bologne ? Il ne le crut pas et c'est alors qu'il renonça provisoirement à résoudre la question religieuse au moyen d’un concile. Si l’on voulait en effet profiter des victoires de la guerre de Schmalkalde, 1l fallait aller vite en besogne dans le règlement des affaires de la chrétienté. Or, combien de temps aurait-il fallu pour obtenir du Saint-Siège la reconstitution et le transfert du concile, et combien de temps pour discuter les conditions et préparer la réouverture de l'assemblée! Et, y eût-on réussi, avait-on quelque chance d'arriver par là à un heureux résultat, étant données l'agitation et l’exaspération qu'avaient fait naître en Allemagne les déclarations si formelles des Pères de Bologne ‘?
Le temps manquait donc et les circonstances étaient