‹ Charles de MarillacChapitre 59 sur 200 · Maurenbrecher, Aarl V, p · texte numérisé non relu

Maurenbrecher, Aarl V, p

mieux faire que d’en revenir à ses premiers projets. Malgré tout, elle n’abandonnait pas l'espoir de mener à bien une entente franco-impériale. Au mois de novembre 1548, Henry IT décida son oncle, le duc de Ferrare, à envoyer à Bruxelles un gentilhomme de sa cour, chargé de mettre en avant, au nom de son maître, € semblables propoz à ceulx que M. de Marillac avoit ouvertz de la part du Connestable, pour de plus en plus lyer et estraindre la bonne et parfaicte amytié du Roy et de l'Empereur! ».

La mission de ce gentilhomme était secrète. Marillac lui-même, le Roi le lui enjoignait, ne devait point paraître en être informé. C'est qu'au cours des dernières négociations qu'il avait menées, un nouveau danger était apparu à notre gouvernement: c'était la publicité que l'Empereur aurait voulu donner aux propositions de la France. Quel meilleur moyen, en effet, pouvait avoir Charles « d’advantaiger sa réputation » que de proclamer partout les avances qui lui étaient faites par Henry 11? Les Impériaux, écrit Marillac, € quoique n’ayans pas grande volunté d'entendre à nostre alliance, si ce n’est à telles conditions qu'ilz vouldroÿent, désireroyent néantmoings abreuver toute la chrestienté et mesmement l’Allemagne de ce bruict, qu’ayans le Pape en leur commandement ilz auroyent aussi le Roy de France pour faure valoir d’aultant leur grandeur? ».

Les faits étaient venus donner raison aux craintes de Marillac. La reine douairière Éléonore. veuve du feu Roi, ayant quitté la France, pour venir à Bruxelles rendre vi-

1. Du Roi à Marillac, 17 novembre 1548. (Bibl. Nat., fr. 3098, p. 85.) — C'était d'Urfé qui, s’en allant ambassadeur de France à Rome, avait transmis au duc de Ferrare le désir d'Henry IL. (De d’Urfé au Roi, 18 octobre 1548, dans Ribier, Lettres et mémoires d’Estat, t. II, p. 168-169).

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