De Marillac au Roi, 18 décembre 1548. (/bid., p
site à son frère Charles-Quint, les Impériaux firent aussitôt courir le bruit qu'elle était chargée par Henry IT d’une mission diplomatique et qu’elle devait à Bruxelles € parler du mariaige de la sœur du Roy Madame Marguerite’ ». L'Empereur voulait ainsi € faire son prouffict parmi les estrangiers de l'allée par devers luy de ceste Royne, affin de persuader à tout le monde que le Roy et luy estoient en quelque praticque de plus estroicte amytié et de cella s’ayder pour accoustrer ses affaires” ». Aisément d’ailleurs le roi de France réduisit à néant ces insinuations : il avait en effet à dessein omis de rendre visite à la reine avant son départ « redoutant que l'Empereur s’en pust prévaloir? ».
Le secret de la mission de l’envoyé de Ferrare procédait des mêmes craintes. Marillac suivit strictement à ce sujet les instructions qui lui avaient été données. Après l’audience qu'obünt l'ambassadeur italien, il se garda de rien demander, pour qu'on ne découvrit pas que le roi de France s'intéressait à la négociation. Mais il apprit bientôt indirectement @qu’on avoit tenu propoz à cest ambassadeur qu'il convenoyt rendre le Piedmont », avant de songer à une Q restriction d'amyüé », et que l'Empereur et ses nunistres s'étaient montrés à ce sujet tout aussi affrmatifs que précédemment. La seconde tentative de la France de se rapprocher de l'Empereur avait donc échoué.
De nouveaux événements contribuèrent à ne pas enlever toute confiance à la politique française: ce furent les
1. De Marillac au Connétable, 21 décembre 1548. (/bid., p. 108.) — Du même au même, 23 février 1549. (Zbid., p. 163-16%.)
2. Du Connétable à Marillac, 1er janvier 1549. (Zbid., p. 114-115.) 1014 p A5:
. De Marillac au Connétable, 18 décembre 1548. (/bid., p. 103.)
difficultés, que la politique impériale rencontrait à ce moment à Rome et en Allemagne. La toute-puissance de Charles, qui après la Diète d’Augsbourg paraissait si assurée, n’obtenait ni auprès du Pape, niauprès des Allemands ce que ses victoires lui avaient donné le droit d'espérer.
Auprès du Pape tout d'abord. Nous avons vu, qu'après avoir promulgué sans l'approbation du Saint-Siège l’ordonnance religieuse désignée sous le nom d’Intérim d’Augsbourg, l'Empereur avait souhaité obtenir pour les concessions faites par cet acte aux Luthériens la sanction de la cour de Rome. À ce moment le Pape, dépouillé de Plaisance par Charles-Quint, avait cru pouvoir négocier avec lui une restitution. Chacun des deux partis avait un avantage à demander à l’autre, mais en revanche une concession à lui faire. Îl paraissait possible qu'ils arrivassent dans ces conditions à une entente.
Mais dès le début des négociations le Pape seul avait été de bonne foi. Il était prêt, semble-t-1l, à accorder immédiatement les (facultés », — c’est-à-dire les permissions qui devaient rendre valables les concessions religieuses faites par l'Empereur dans son Intérim, — pourvu que ce dernier consentit à lui remettre Plaisance.
L'Empereur, au contraire, — ce fait ressort avec évidence, — comptait bien obtenir l'autorisation du Pape, mais 1l n’entendait nullement se dessaisir de Plaisance. Il considérait cette acquisition comme de la plus grande importance pour le maintien de la puissance impériale dans la haute Italie. Sa politique était donc de faire au Pape les plus belles promesses et les plus sûres en apparence, mais de remettre toujours à plus tard leur exécution et finalement de n’accorder rien.