‹ Charles de MarillacChapitre 62 sur 200 · De Marillac au Roi, 6 décembre 1548. (/bid., p · texte numérisé non relu

De Marillac au Roi, 6 décembre 1548. (/bid., p

rale avec les cités maritimes de Brême, Lunebourg, Hambourg, « pour se maintenir toutes en leur religion ». En même temps les ducs de Mecklembourg, de Poméranie, d'Ostfrise, Jean, marquis de Brandebourg, le duc de Prusse ont fait déclarer à l'Empereur «qu'ilzn'avoientaulcunement délibéré d'accepter la réformation de l’Intérim, contre lequel ledict seigneur Marquis de Brandebourg osa bien protester" ».

« Tout le monde, conclut Marillac, s’esbahyt icy de ces nouvelles » et surtout l’évêque de Fano, nonce du Pape à Bruxelles, € qui, se trouvant plus loing de son compte qu'il fust oncques, escript à Rome et dit que la Reformation, dont veullent user ces seigneurs et villes, est plus confirmation de la pure doctrine de Luther que espérance de la réduction de ces gens à l’obéissance de l'Eglize * ».

Ces nouvelles de Rome et d'Allemagne comblaient d’aise le gouvernement français. Elles l’amenèrent à modifier sa politique. Les propositions d'alliance, qu'il avait fates à l'Empereur, avaient été repoussées. Et cependant 1l fallait à tout prix délivrer la France du danger permanent auquel l’exposait le voisinage de Charles-Quint. En effet, sans vouloir s'engager davantage que précédemment dans la guerre anglo-écossaise, l'Empereur faisait toujours ses efforts pour l’entretenir par d’habiles manœuvres. Il conünuait à soutenir indirectement l'Angleterre, en autorisant ses levées de troupes en Allemagne et ne perdait pas une occasion d’envenimer les hostilités.

Et lorsque la France eut compris que le Pape n’était point aussi lié qu'elle l’avait pu croire à la politique impé-

1. Du même au même, 3 février 1549. (/bid., p. 134.) DT OTAPMESE

riale, lorsqu'elle vit que malgré tout l'opposition s’organisait en Allemagne, elle crut pouvoir inaugurer une taclique nouvelle. Notre gouvernement, n'ayant pu se rendre favorable le redoutable voisin qui était à ses portes, résolut d'augmenter € soubz main » à Rome et en Allemagne les difficultés qu'y rencontrait la politique impériale et de forcer ainsi l'Empereur à s'éloigner de Bruxelles, pour aller au plus tôt mettre ordre à ses affaires.

Si la France pouvait décider le Pape à n’accorder à aucun prix les @ facultés » à l'Empereur, si l'Allemagne encouragée par nous à la résistance refusait absolument de recevoir l’Intérim, l'intervention personnelle de l'Empereur en Allemagne deviendrait nécessaire et la France ne tarderait pas à être délivrée de son voisinage.

Déjà au mois d'octobre 1548, Marillac, lorsqu'il entama des négociations d'alliance franco-impériale, avait prévu leur échec, et avait tracé la ligne de conduite politique que la France se préparait maintenant à tenir. € Si l'on veoit, écrivait-il alors au connétable de Montmorency, que dans ce renouveau ceste praticque d'alliance né prenne fin et qu'on nous veuille tenir en longueur, l’on devra recourir aux aultres moyens du deuxiesme party que j'ay indiqué, qui est de tenir soubz main les affaires d’Allemagne en la plus grande difficulté qu'on pourra, en confortant ceulx de Strasbourg et donnant quelque ayde à ceulx de Constance’. » La cour de France estima que le moment était venu de « recourir aux moyens de ce deuxiesme party ». Rien ne parut changé dans les rapports des cours de Paris et de Bruxelles. Notre gouvernement conlinua à aflirmer ses bonnes dispositions à l'égard de

1. De Marillac au Connétable, 13 octobre 1548. (Bibl. Nat., fr. 3098,

l'Empereur. Mais dès lors il ne perdit pas une occasion d'intervenir à Rome et en Allemagne, € pour y tenir l’'Empereur le plus occupé et enveloppé d’affaires’ » qu'il lui fût possible.

À Rome, les ministres du roi, MM. du Bellay et d'Urté, s’efforcèrent aussitôt de renouer avec le pontife les relations, qu'avait interrompues le dernier rapprochement de l'Empereur et du Saint-Siège. Ils avaient pour mission de rendre évidente au Saint-Père la mauvaise foi de Charles-Quint et d'empêcher Paul IT de céder à ses prétentions.

Dès le mois de janvier 1549, le cardinal du Bellay essayail, pour commencer, de mettre obstacle au départ de Giulio Orsino, ce gentilhomme romain, qui était chargé d'apporter à l'Empereur les résolutions du Saint-Siège. L'on craignait en effet que ce personnage ne fût gagné très facilement au parti impérial. € Je diz au Saint-Père, qui m'avoit tiré à part, écrit du Bellay, la mauvaise volunté dudict Julio envers luy, ainsy que je luy monstray par tesmoignaige si évident et si cler que quant il l’eust entendu, il s’en trouva bien fasché”. » Le pontife en fut d'autant plus désespéré qu'il jugeait les affaires trop avancées à ce moment pour retirer ses pouvoirs à .son ambassadeur. Il se répandit ensuite Çen parolles plaines de grandes braveries contre l'Empereur * » et les yeux pleins de larmes remercia le cardinal de ses bons avis et de son amitié.

Orsino arriva à Bruxelles au commencement de février 1549, et Marillac informa bientôt la cour de France des

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