‹ Charles de MarillacChapitre 67 sur 200 · Du même au même, 12 mai 1549. (/bid., p · texte numérisé non relu

Du même au même, 12 mai 1549. (/bid., p

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En Allemagne, aussi bien qu'à Rome, les succès de notre diplomatie étaient done évidents. Pourtant le but des efforts de la France, l'éloignement de l'Empereur, n’était pas atteint. Charles semblait désirer € s’esbattre encore à veoir les différendz d'Escosse ». On annonçait toujours son départ prochain, sans qu'il se réalisät jamais. À son arrivée à Bruxelles, Marillac fixait à cinq ou six mois la durée du séjour de l'Empereur dans les Flandres’. Ce temps était passé et l’on ne parlait pas du départ de la cour impériale. L'Empereur attendait, disait-on, son fils le prince d'Espagne * ;: mais le prince arrivé (avril 1549), il ne parut pas encore disposé à abandonner les Pays- Bas”:

Ces retards devenaient de Jour en jour plus inquiétants pour la politique française. À mesure en effet que se prolongeait son séjour, Charles était mieux informé des intrigues de la France; il s’en plaignait continuellement et avec tant d'âpreté que notre gouvernement envisagea bientôt avec elfroi cette redoutable hypothèse : l'Empereur, irrité des difficultés qu'on lui suscitait auprès des Allemands et du Pape, n’allait-il pas en prendre occasion pour nous déclarer brusquement la guerre ? Un mot de lui pouvait suffire à pacifier la Germanie : il n'avait qu'à lui accorder provisoirement la liberté religieuse, pour calmer aussitôt l’opposition et les révoltes qui s'y préparaient. «S'il veoyoit, Sire, écrivait Marillae, qu'il y eust de vostre part tel préparatf qu'il eust à craindre pour le regard de ses païs, de peur de mettre tous ses Estatz en hazard, s’il tournoyt ailleurs ses desseings, 1l laisseroyt les Allemans

1. Du même au même, 6 novembre 1548. (/bid., p.64) 2. Du même au même, 3 février 1549. (/bid., IE) 3. Du mème au même, 4 avril 1549, (/bid., pa2011)

vivre à leur guyse et est sans doubte qu'il serovt leur amy". »

Une lourde charge incombait à notre ambassadeur à Bruxelles. C'était lui vraiment qui soutenait tout le poids de la politique française. Pour parer au danger qui menaçait la France, Marillac devait, à chacune des plaintes de l'Empereur sur les agissements du Roi, le rassurer par des protestations d'amitié et essayer de le détromper sur la portée des intrigues françaises. Aussi avec quelle impaüence l’ambassadeur attendait-il le départ de l'Empereur de Bruxelles ! «Ce voyage d'Allemagne, écrit-l au Connétable, me donne de jour en aultre la fiebvre*?. » C'est que son rôle était écrasant. Il ne recevait de son gouvernement que des instructions générales qui, laissant le champ libre à son iniliative, rendaient d'autant plus grande sa responsabilité. Il voyait très nettement la situation. Comme il l'écrivait au Roi, Qil falloit laisser reprendre à l'Empereur le voyage d'Allemagne, sans luy donner cause de penser qu'en son absence la France fust pour attenter aulcunement contre luy, de peur que d'heure il ne veinst à changer de propoz® ». Aussi l'ambassadeur conseillait1l à son maître de céder le plus € gracieusement » possible sur toutes les questions litigieuses et sans portée immédiate *. Le comte de Mansfeld, gouverneur impérial du Luxembourg, ayant été fouillé à la frontière française et dépouillé de son argent, Marillac supplie le Roi de lui faire donner prompte satisfaction. Il importe, Sire, écrit1l, de ne point perdre cette occasion d’aflirmer vos bonnes dispositions

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