Du même au mème, 26 octobre 1549. (/bid., p
k. Du même au même, ? novembre 1549. (/bid., p. 239.)
La mort du Pape qui arriva à ce moment (10 nov. 1549), l'agitation toujours croissante en Allemagne détournèrent définitivement l’attention de l'Empereur de la guerre franco-anglaise. Il se prépara à quitter Bruxelles, laissant la France et l'Angleterre aux prises et espérant bien que cette rivalité qu’il avait encouragée se prolongerait assez pour lui donner le temps de redevenir le maître de l’Allemagne.
Il se trompait. Le traité du 20 mars 1550 termina la querelle de la France et de l'Angleterre, avant même que Charles eût abandonné les Pays-Bas pour aller rétablir l’ordre dans l'Empire. La France, ayant enfin les mans libres, devait pouvoir à son tour intervenir dans les affaires impériales. Elle le fit, on va le voir, et non sans succès, grâce à l’acüf concours de Manillac”.
1. De décembre 1549 à juin 1550, il y a dans la correspondance de Marillac une interruption, qu'il nous a été impossible de combler. Cette correspondance reprend au moment de la Diète d'Augsbourg en 1550.
(Juin 1550, — Septembre 1551.)
L'intervention française en Allemagne : la Diète d'Augsbourg.
Marillac avait raison de dire à la fin de 1549 que « la Germanie menassoit d'entrer en plus grande combustion qu'elle n’avoit jamais esté ». Loin d'amener la pacification religieuse que l'Empereur en espérait, l’Intérim, nous venons de le voir, n'avait servi qu'à irriter davantage les paris. Tout était remis en question, et malgré les victoires de Charles, la situation des affaires, au commencement de l’année 1550, ne s’annonçait pas très différente de l’état de choses antérieur à la guerre de Schmalkalde’. Magdebourg et les villes maritimes étaient décidément en pleine révolte. IL était à craindre que leur soulèvement ne se propageñt. L'intervention de l'Empereur en Allemagne apparaissait comme nécessaire. Charles se décida à quitter Bruxelles et convoqua une diète à Augsbourg pour le mois de juin 1550.
La question la plus importante, qui devait être traitée dans cette assemblée, était celle du concile. Après l'échec
1. Langenn, Moritz Herzog und Churfürst zu Sachsen, &. I, p. 434.
de l’Intérim, le concile semblait être en effet « le supresme moyen de donner ordre au faict de la relligion ». — «C'est le poinct où l'Empereur tend tous les nerfz de son esperit, écrivait Marillac au mois de novembre 1549... IL est sans doubte que sans cella, il ne peult espérer pouvoir réduyre les Allemans, car oultre qu'il ne veoyt point comment faire tenir son Intérim, qui n’est ny authorisé de l'Eglise, ny receu par les Protestans, 1l considère que tost ou tard tout ce qu'il feroyt ne pourroyt estre de durée sans l’authorité de l'Eglize”. » À ce moment, il est vrai, la Papauté n'avait point encore obtenu satisfaction dans l’affaire de Plaisance. Mais Paul HIT était mort et son successeur, Jules IL, ne semblait point avoir hérité de ses griefs. Élu pape grâce à l'appui de la cour impériale, 1l ne pouvait garder vis-à-vis de Charles-Quint l'attitude hostile qu’à la fin de sa vie avait adoptée son prédécesseur *. Comme gage des nouveaux sentiments du Saint-Siège, 1l venait de consentir au rétablissement du concile à Trente*. L'Empereur devait donc s'occuper sans retard de régler avec les représentants de l'Allemagne les conditions de réouverture de l'assemblée.
Une autre question que Charles désirait voir résolue par la Diète était la Cquestion des rebelles ». Il était nécessaire d'obtenir des États contre les villes soulevées du Nord une condamnation solennelle et des subsides. Si l’on voulait en elet que le concile pût accomplir ‘son œuvre, il fallait qu’au plus tôt l'Empire fût pacilié.
Enfin l'Empereur espérait de la réunion de la Diète un
4. De Marillac au Roi, ? novembre 1549. (Bibl. Nat., fr. 3099, p. 237.)
2. Lettres de d'Urfé, ambassadeur de France à Rome, à Henry IT: des 7 et 16 novembre, du 6 décembre 1549 ; du 20 janvier, des 2 et 13 février, du 4 avril 1550. (Ribier, Lettres et mémoires d'Estat, t. II, p. 252- 267.)