‹ Charles de MarillacChapitre 83 sur 200 · De Marillac au Roi, 19 octobre (?) 1550. (/bid., p · texte numérisé non relu

De Marillac au Roi, 19 octobre (?) 1550. (/bid., p

3. De Marillacau Roi, 2 septembre 1550. (Bibl. Nat, fr. 15917, fol. 36 vo.)

Néanmoins, comme il l’exposa à notre représentant, il était en ce moment « en merveilleuse perplexité de ce qu'il pouvoit escripre au Sainct Père ». L'Empereur affirmait avoir obtenu la soumission des Protestants au concile. Mais lui, le nonce, savait à quoi s’en tenir sur le bien fondé de cette prétention. Si le Pape convoquait l'assemblée, «il prévoyoit aysément quel grant inconvénient 1l en sourdroyt ». La conciliation obtenue par l'Empereur était purement apparente et factice ; elle reposait sur des mots. Le concile une fois ouvert, les discussions devaient nécessairement renaître plus âpres que jamais. € Les Allemans qui y viendroyent maintiendroyent qu'il debvoist estre cellebré en une sorte et le Pape en une aultre, en quoy il estoit notoire qu'ilz ne seroyent point d'accord’, ... les deux partys seroyent embrouillez et néantmoings l’'Empereur les tiendroyt bridez par ce concile pour tirer de l'ung ou de l’aultre ce qui seroit propre au bien de ses affaires? ; ... partant 1l ne s’en pourroyt espérer aulcung fruyet, ains plustost diminution de l’auctorité ecclésiastique *. »

Si d'autre part le Pape refusait le concile, ce serait donner occasion à l'Empereur de « blasmer le Sainet- Siège, faisant entendre à toute la chrestienté n’avoir tenu à luy ny aux Allemans que les choses de la relligion ne succédassent bien, ains seullement au Sainet Père, qui auroyt reculé au besoing contre tant de belles offres * ».

Or, comme le cardinal de Tournon l’écrivait au connétable de Montmorency, la chose que redoutait le plus le Pape, c'était précisément que l’on püt croire € qu'il erai-

De Marillac au Roi, 30 septembre 1550. (Druffel, t. I, p. 509-510.) Du même au même, 19 octobre (?) 1550: (Zbid ICE)

Du mème au mème, 30 septembre 1550. (/bid., p. 510.)

Ibid.

He

gnit ou refusât le concile’ ». Aussi, dans une de ses conversalions avec Marillac, le nonce lui expliqua qu'il ne voyait qu'un moyen de sortir d’embarras : c'était d’accorder le concile, mais « de causer la bulle de convocation, en sorte qu'on le pust révocquer ou transférer chacune fois que les Allemans vouldroyent persister en leurs conditions? ».

Marillac crut devoir répondre à la confiance que lui témoignait Pighino, en essayant de le faire revenir sur cette décision. Avant de donner ainsi satisfaction aux volontés de l'Empereur, ne valait-1l pas mieux, lui dit-il, provoquer un débat sur les termes mêmes de la déclaration des députés de Maurice de Saxe ? N’était-1l pas préférable « d’esclaircir toutes choses avant de se résoudre que de chercher le remède aprez avoir faict résolution * » ? Un bon concile était certainement désiré de tous. Mais il était évident qu'une assemblée religieuse n’aboutirait à rien en ce moment. L'on ne pourrait donc reprocher au Pape d’en ajourner la réunion.

En même temps le roi Henry Il donnait ordre à ses ambassadeurs à Rome d’insister dans un sens identique auprès du Pape. Marillac avait transmis à la cour de F rance « l’extraict de tout ce qui s’estoit faict aux Diettes d’Augsbourg ez années 1548 et 1550 ». Cet extrait avait été aussitôt renvoyé à notre représentant à Rome, M. d'Urfé, € afin qu'il advisast d’en faire dextrement entendre le contenu à nostre Sainct Père le Pape et que R dessus il face jugement, si le faict du concile va le train que les Impériaux luy ont voulu tousjours persuader ».

1. Du cardinal de Tournon au connétable de Montmorency, 6 octobre 1550 (Druttel 41 p. .511:)

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