Du même au mème, 16 septembre 1550. (/bid., fol. 43 ro
en recepvroyt ». L'on cherchait aussi à « amadouer » le Comte Palatin ; &« mais luy, comme vieil renard, écrit Marillac, paye l'Empereur en mesme langaige, faisant entendre n’avoir regret en ce monde plus grand comme de ne pouvoir accomplir son commandement, à cause de son indisposition ‘ ». Au reste, aucun des trois absents n’était arrivé lorsque Marie de Hongrie entra à Augsbourg le 10 septembre 1550.
Les pourparlers commencèrent aussitôt entre elle et son frère. Marillac ne tarda pas à être informé par des indiscrétions € du fons de la besongne ». La reine fit briller aux yeux de Ferdinand tous les avantages dont on comptait payer le désistement de sa famille. Elle mit en avant le mariage d’une des filles du roi des Romains avec le prince d’Espagne, et celui de son second fils avec la fille de la reine Éléonore : « par le moyen desquelz mariaiges, il auroyt environ ung million d’or, dont il se pourroyt ayder à marier ses aultres filles et désengager tant de terres siennes qui estoient hipotecquées * ». L'Empereur, ajouta la reine, promettait à son frère de le rendre paisible possesseur du duché de Wirtemberg, dont il avait été dépouillé ; l’on devait enfin lui aider à repousser les attaques des Tures en Hongrie et à s'emparer de la Transylvanie *.
4. De Marillac au Roi, 9 septembre 1550. (/bid., fol. 40 ro.)
2. « Sire, la Royne de Hongrye doibt arriver jeudy prochain en ceste ville … qui est trois jours plus tost qu'on n’en faisoit le compte, car l’on l'attendoit seullement au quatorziesme de ce moys ; et partant se trouvera qu'elle aura faict le voyage de Bruxelles icy en seize jours combien qu'il y ayt aultant deux foys que de Paris à Lion, laquelle chose, Sire, accroist et confirme l'oppinion de tout le monde à croyre que ceste soubdaineté n'est pas sans grant mistère » (Ibid. fol. 39 vo.) — La lettre de Marillac est du mardi; la reine arriva donc un jour avant la date indiquée par l'ambassadeur. — Cf.: Lettre de Marillac au Roi, 16 septembre 1550 : « ... après l'arrivée de la Royne de Hongrye qui fut le dixiesme jour de ce moys ... » (Ibid., fol. 43 r°.)
3. De Marillac au Roi, 16 septembre 1550. (/bid., fol. 43 r°.)
Ki "Ibid., fol "48 ve.
Marillac trace dans ses dépêches un tableau très vivant de la cour impériale à ce moment. € À oyr parler les Impériaux et quelques Italiens qui discourent de ceste menée, écrit-il, il semble que l'Empereur obtiendra aisément ce qu'il désyre veus les parlÿs qu'on a mis en avant à ce Roy des Romains. » Les Espagnols s'extasiaient en effet devant ‘ les immenses avantages que l'Empereur faisait à Ferdinand. «Endebté, engagé et paouvre, avecques expectative d’avoir encores des affaires de la part de la Hongrye® », qu'avait-il de mieux à faire, € en présence de la grandeur de ces partys,.… qu'à prester son consentement en faveur du Prince son nepveu? » Mais les Allemands aflirmaient au contraire que le roi persisterait à conserver l'Empire aux siens. Étant empereur el son fils aîné roi des Romains, il assurerait aisément l'avenir de ses enfants. S'il avait droit au duché de Wirtemberg, 1l trouverait bien moyen de se le conserver, sans que l'Empereur s'en mit le moins du monde en peine. Toutes les offres qu'on lui faisait ne pouvaient en un mot € contrepoiser la valeur d’ung Empire, sur la rétention duquel se fondoient la conservation et accroissement de sa maison” ». Et du reste Ferdinand n'accorderait rien sans avoir le consentement de son fils aîné, le roi de Bohême, maintenant en Espagne. Ce prince était bien dans l'affaire le principal intéressé, puisque les projets de l'Empereur le privaient de ses droits à l'Empire. Enfin les affaires ne marchaient pas si vite que le prétendait le parti espagnol, puisqu'on avait vu la reine de Hongrie sortir de la seconde entrevue avec son frère « toute effa-
Ibid., fol. 43ro.
Ibid., fol. 43 vo.
Ibid., fol. 93 r°. (Il y a une interversion de pages dans le ms. 15917.)
be
rouchée et comme personne violente, qui ne peult bonnement dissimuler sa passion ? ».
Le bien fondé de ces bruits sembla confirmé par le brusque départ de la reine le 26 septembre 1550. € Quant à ce qu'elle estoit icy venue procurer envers le Roy des Romains, dit Marillac, l'on continue à dire qu'il n’y a riens de faict pour les conjectures qu'on en a eues et mesmement que les conseillers dudict seigneur Roy disent publicquement que leur maistre a tenu bon”. » Les Espagnols, 1l est vrai, continue l'ambassadeur, persistent bien à affirmer au contraire que l'Empereur a obtenu le consentement de son frère, et qu'il ne lui manque plus que celui des Électeurs : mais les Électeurs absents ne se hâtent pas de venir, et la France peut toujours compter sur celte opposition.
D'autres personnages, mieux informés, soutenaient que la conclusion de l'affaire avait été renvoyée à l’arrivée du roi de Bohême, que son père hésitant s'était remis sur lui de la décision à prendre et lui avait ordonné de venir le rejoindre à Augsbourg. C'était à, en effet, le parti auquel s’élait arrêté Ferdinand *.
Le jeune roi de Bohème, Maximilien, n’attendait que cet ordre. Il avait épousé l’une des filles de l'Empereur et était « gouverneur en Espagne ». Dès qu'il avait appris les projets de son oncle, 1l avait déclaré qu'il n’entendait sous aucun prétexte Qestre privé de l'espérance qu'il pouvoit avoir par le moyen de son père à la succession à l’Empire »; il avait demandé avec instance son rappel d’'Es-
i. Jbid.
2. De Marillac au Roi, 80 septembre 1550. (Bibl. Nat. fr. 15917 Mol: 98 ro.) Pour cette lettre, comme pour celle du 16 septembre, il y a une interversion de pages dans le manuscrit 15917. Le commencement de cette dépèche est au fol. 98 r° et vo, la suite aux folios 44 et 45 r° et vo.
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pagne'. Le cardinal de Trente, qui avait été en Espagne « quérir » le prince Philippe pour l’amener à Bruxelles, « mal content de ce qu'il attendoit avoir plus de rescompense et de faveur de l'Empereur, qu'il n’en avoit eue pour ce service », encouragea Maximilien dans ses réclamations”. Et, à cette époque, vers la fin de 1549, il ne fallut rien moins qu'un ordre formel de son père pour que le roi de Bohême consentit à demeurer en Espagne. Aussi fut-1il prêt à parlir au premier signal.
Une occasion de faire échec à la politique impériale se présentait en ce moment à la France. Henry IT avait toujours entretenu les meilleures relations avec le prince Maximilien. Il lavait choisi comme parrain de son troisième fils et lui avait envoyé à cette occasion un ambassadeur, M. d'Andelot, chargé des compliments les plus flatteurs*. Lorsque la cour de France apprit l'intention de Ferdinand de s’en remettre, sur l'affaire de la succession, à la décision de son fils, elle se crut donc en droit d'intervenir auprès de Maximilien, € pour l'encourager dans son obslination ». Le jeunè prince devait gagner l'Allemagne par le midi de la France et l'Italie. Henry Il donna aussitôt ses ordres pour qu'il lui fût fait le meilleur accueil dans le royaume. À son passage à Aigues-Mortes des fêtes furent organisées en son honneur, Qoù l’on se récréa bien ». On lui offrit de magnifiques présents.-Il fut ensuite rejoint par un ambassadeur du Roi, M. de Bonnivet, gentilhomme de l’armée de Piémont, qui lui présenta les vœux de bienvenue de son maître. Sous le prétexte d'aller saluer Maximilien, M. de Bonnivet avait en réalité une très importante mission. Il étaibchargé d'exprimer au prince la vive sympa-
- Du même au même, 29 septembre 1549. (Bibl. Nat., fr. 3099, p. 151.) Ibid.
- Du Roi à Marillac, 30 juin 1550. (Bibl. Nat., fr. 15917, fol. 1 ro.)
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thie du Roi à son égard : la France était instruite du mauvais vouloir de l'Empereur envers son neveu; elle était prête à appuyer secrètement la résistance du prince *.
En même temps, le connétable de Montmorency transmettait à Marillac les ordres du Roi. Aussitôt après l’arrivée du roi de Bohème à Augsbourg, notre représentant devait solliciter de lui une audience et lui confirmer dès qu'il le pourrait les intentions de la France”.
Le 16 décembre, Marillac informait son gouvernement de l’arrivée du prince. Il était entré à Augsbourg le 10 du mois, à deux heures du matin, € pour avoir commodité de conférer avecques le Roy des Romains, avant qu'il fut empesché par le prince d'Espaigne et aultres seigneurs de l'Empire, qui le viendroient visiter * ». Suivant les recommandations reçues, Marillac demanda aussitôt une audience et l’obtint très peu de jours après. Il assura le prince des bonnes dispositions du roi de France, (à quoy il respondit fort bien ». L’ambassadeur affirmait du reste qu'il emploierait toute son activité &à mener si importante négociation * ». Comme le disait en effet Henry If, le mieux que l’on pouvait faire & estoit de tenir painct et imprimé dans le cueur du Prince le tort qu'il se feroyt et recepvroyt, s’il accordoit ce qu'on luy demandoit * ».
Cependant l'Empereur ne perdait pas de vue ses projets. Mas dans l'incertitude où 1l était de voir aboutir le dernier plan qu'il avait soumis à son frère, 1l avait imaginé une nouvelle combinaison. Avait-elle plus de chances de
1. De l’évêque d'Arras à la reine Marie, 16 décembre 1550. (Druffel, t. I, p. 947.)
2. Du Connétable à Marillac, 30 janvier 1551. (Bibl. Nat., fr. 15917, fol. 113 vo.) . De Marillac au Roi, 16 décembre 1550. (/bid., fol. 82 ro.) k. Ibid., fol. 82 vo.