‹ Charles de MarillacChapitre 99 sur 200 · Maurenbrecher, p · texte numérisé non relu

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royait continuellement hors de ses petits États de Franconie, et tout l'Empire connaissait son écharpe blanche. Des instincts de pillard, soutenus par une réelle valeur militaire, un courage à toute épreuve, assez peu de conviclions pour servir indifféremment toute cause, une activité toujours en éveil, telle était la nature d'Albert. € Sur le champ de bataille, disait un contemporain, tonnerre, éclairs et feu dévorant ne peuvent être plus terribles que lui”. » Il avait simplifié à son usage la question religieuse, et on le soupçonnait fort de ne croire à rien. «Je veux, avaitil coutume de dire, faire de mon âme l'enjeu d’un combat entre Dieu et le diable: le plus fort l'aura”. » Il goûtait beaucoup, du reste, la plaisanterie grossière et triviale. Et cependant 1l n’était pas dépourvu de dons naturels : sa parole était facile et entraînante, et s’il n’estimait guère les savants, du moins n’était-1l pas sans posséder quelque culture *. Quoiqu'il eût combattu avec Maurice de Saxe et qu'il eût été un des négociateurs de l'alliance française, le traité de Passau lui avait été tout aussi désagréable qu'à l'Empereur lui-même‘. Que désirait-l en effet, sinon la continuation de la guerre? Il avait profité des troubles d'Allemagne pour piller le territoire de Nüremberg et les possessions des évêques de Bamberg et de Würzbourg, et il leur avait imposé de si énormes contributions que l’'Empereur avait cru devoir casser les traités ainsi arrachés par la violence. La paix conclue, Albert avait néanmoins con-

1. J. Voigt, Markgraf Albrecht Alcibiades von Brandenburg-Kulm- Dachat ele;

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