CLISSON, PECQUIGNY
* PECQUIGNY.à pire
Le voici. Ranimons sâ haine et sa furie.
( Haut. ) .
Eh bien , ton oppresseur te quitte satisfait ,
11 croit t’avoir séduit par un honteux bienfait 5 Il attend d’un guerrier , qu’il devrait mieux connaître , Les sentimens d’un lâche et l’action d’un traître.
* CLfssoN ,
Daignes-tu m’écouter ?
PECQUIGNY./ t Toi-même, écoute-moi ,
Au nom de ton parti qui n’espère qu’en toi - ...
CLISSON
Laissons là les partis : ne voyons que la France.
PECQUIGNY
C’est ellequi te parle et demande vongeance,
De qui ?,
CUISSON
a8 CHARLES DE NAVARRE,
PECQU IG N Y.
De ses tyans ! pour ressaisir ses droits Par la force conquis , réclamés par les lois ;
Pour borner du pouvoir les excès sacrilèges ,
Pour rendre à tous les grands leurs premiers privilèges ,
Les Etats sont armés; et tu ne voudra» pas,
Lorsque tu l’as promis , leur refuser, ton bras.
CLISSON
Mais si le prince entend ce que vos cœurs demandent ,
S’il vous accorde plus que vos vœux ne prétendent. !
* PECQUIGNY
Il est trop tard.
CLISSON
Comment ? qu’oses-tu donc vouloir ?
Parle.
PECQUIGNY
Imposer dés lois et n’en plus recevoir.
CLISSON
Vous , accabler vos rois d’insolentes entraves!
Tremblez à votre tour de devenir esclaves ;
Tremblez de succomber sous un peuple jaloux • Qui , par vous soulevé , s’armera contre vous.
Jamais ses humbles mains n’oseraient les premières De la soumission renverser les barrières ;
Mais , dès qp’il en reçoit l’exemple dangereux,
Imitateur des grands , s’élançant plus loin qu’eux ,
De la rébellion il passe â tous les crimes :
Ses guides imprudens deviennent ses victimes ;
Digne prix des fureurs de ces ambitieux