‹ Charles de Navarre, tragedie en cinq actes;Chapitre 41 sur 65 · C LIS S,0 N · texte numérisé non relu

C LIS S,0 N

Tu m’as trahi , te dis-je j Ma valeur s’en indigne , et mon cœur s’en afflige.

Il cède à sa faiblesse , il veut te pardonne# 1 5 Mais , connais à quel prix....

PECQUIGNY

Qu’oses- tu m’ordonner ?

CLISSSON.

D’ètre , si tu le peux , franc et loyal encore» Dis-moi qui te conseille et qui te déshonore.

Clisson !

PECQUIGNY

CLISSON

Point de fureur : je suis calme , tu voia. Un méchant te corrompt et te perd à la fois.

Ce n’est pas toi , c’est lui que ma douleur accuse. Je te connais : jamais le mensonge et la ruse N’auraient souillé ton cœur par la vertu conduit. Dans l’art des trahisons c’est lui seul qui t'instruit.

Laisse-moi sur lui seul punir ta calomnie.

Laisse-moi t’arracher à son affreux génie :

L’honneur , mon amitié , pour toi tout est perdu ! Fuis-le : reviens à toi : tout te sera rendu.

PECQUIGNY

Tu me dictes ces lois ?

CUSSON

J’en ai le droit peut-être.

Ton sort fut dans mes mains ; j’en suis encor le maître. Si je disais un mot , que serais-tu ?

PECQUIGNY

* ! Je sais

Tout ce que je te dois ; j’en rougis.

cl iss o N.

Sois Français :

Ne rougis que d’aimer , d’écouter et de croire Un perlide étranger qui veut flétrir ta gloire.

De qui me parles-tu ?

CLISSON

De l’ennemi commun.

PECQUIGNY

Je vois trop d’ennemis.

CUISSON

Pour moi je n’en vois qu’un.

Ne reconnais-tu pas aux plus sinistres marques Ce roi , l’horreur , la honte et l’effroi des monarques ? Combattant ses rivaux par le fer, le poison ,

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