‹ Charles de Navarre, tragedie en cinq actes;Chapitre 42 sur 65 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

Il s’applaudit du meurtre et de la trahison.

Il croit un jour perdu s’il le passe sans crime.

Qui devient son complice est bientôt sa victime.

Le suivre c’est chercher l’opprobre et le trépas. Eet-ce à toi , Pecquigny , de marcher sur ses pas ?

• PECQUIGNY

A mieux payer ses soins l’équité te convie.

Songe que tu lui dois la liberté , la vie.

' CLISSON

Je les dois au Dauphin.

PECQUIÇNY.

Lui ! qu’a-t-il fait pour toi ?

CUISSON

Il ne m’a point prescrit de violer ma foi ,

De parler bassement contre ma conscience ,

De noircir l’amitié , l’honneur et l’innocence.

Il chérit les vertus , il* sait les inspirer ,

Et son rival n’apprend qu’à se déshonorer.

Renonce au Navarrois qui t’a rendu perfide. '

PECQUIGNY

Ah ! c’est trop m’outrager et ce mot me décide .

Je voulais t’épargner.

CLISSON

Toi m’épargner , cruel !

Ne m’as-tu pas porté le coup le plus mortel ?

Si tu n’avais du moins attenté qu’à ma vie ,

Je t'aurais pardonné cette coupable envie ; :t

Mais , pour prix de ma foi me tromper , me trahir , Mais me faire éprouver l’horreur de te haïr ,

De toutes mes douleurs reconnais les plus vives. Dis-moi qui me rendra l’ami dont tu me prives ?

A qui dans l’univers me fier désormais ?

Sur quel cœur m’appuyer si l’ingrat que j’aimais.... Que dis-je? qui toujours remplissait ma pensée ,

Et dont l’image encor n’en est point effacée.

Ah ! je dois te punir d’avoir pu m’abuser ,

Et tu dois me punir d’oser te mépriser.

PECQUI GNY.

Viens donc laver ma honte ou venger ton offense.

Au combat !

CLISSON

Tu le veux?

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