‹ Charles de Navarre, tragedie en cinq actes;Chapitre 43 sur 65 · LE DAUPHIN, CATHERINE · texte numérisé non relu

LE DAUPHIN, CATHERINE

LF. DAUPHIN.

Qu’ai-je appris ?*quel dessein ? Est-il bien vrai, madame?

C ATHER INE

Ah ! je n’ai que trop lu dans le fond de leur âme.

Non loin de ce palais,' je les ai rencontrés ,

Sombres , silencieux , et les yeux égarés.

Précipitant leurs pas vers ces champs solitaires Des combats de nos preux témoins trop ordinaires.

Ils n’ont rien avoué; mais leur affreux regard ,

Leur trouble , tout parlait. Quelques montons plus tard Immolés l’un par l’autre.... Epouvantable idée!

Le ciel , le juste ciel , qui près d’eux m’a guidée,

A du moins , par ma voix , arrêté leur fureur.

Ils n’ont pu sans pitié regarder ma terreur.

Ils se sont séparés : mais de quel air farouche!

Quel adieu menaçant est sorti de leur bouche !

Les inhumains ! tout prêts à se donner la mort Ils osaient me vanter leur fraternel accord.

Moi , j’ai feint de les croire ; et tandis qu’en silence Clisson , dans ses foyers , reçoit la confidence D’un mystère important à l’état comme à lui ,

Hélas! je suis venue implorer votre appui.

Prince , vous n’avez point dédaigné mes alarmes;

Vous vous êtes rendu sur la foi de mes larmes.

Grâce à l’ordre pressant transmis à ces cruels ,

Le glaive va tomber de leurs bras criminels.

Devant vous appelé l’un et l’autre s’avance.

LF. DAUPHIN.

Restez , vous saurez tout , Madame , en leur présence. Si mon autorité ne peut agir ici ,

Du moins par mes conseils j’espère.... Les voici.

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