LE DAUPHIN, CATHERINE
LF. DAUPHIN.
Qu’ai-je appris ?*quel dessein ? Est-il bien vrai, madame?
C ATHER INE
Ah ! je n’ai que trop lu dans le fond de leur âme.
Non loin de ce palais,' je les ai rencontrés ,
Sombres , silencieux , et les yeux égarés.
Précipitant leurs pas vers ces champs solitaires Des combats de nos preux témoins trop ordinaires.
Ils n’ont rien avoué; mais leur affreux regard ,
Leur trouble , tout parlait. Quelques montons plus tard Immolés l’un par l’autre.... Epouvantable idée!
Le ciel , le juste ciel , qui près d’eux m’a guidée,
A du moins , par ma voix , arrêté leur fureur.
Ils n’ont pu sans pitié regarder ma terreur.
Ils se sont séparés : mais de quel air farouche!
Quel adieu menaçant est sorti de leur bouche !
Les inhumains ! tout prêts à se donner la mort Ils osaient me vanter leur fraternel accord.
Moi , j’ai feint de les croire ; et tandis qu’en silence Clisson , dans ses foyers , reçoit la confidence D’un mystère important à l’état comme à lui ,
Hélas! je suis venue implorer votre appui.
Prince , vous n’avez point dédaigné mes alarmes;
Vous vous êtes rendu sur la foi de mes larmes.
Grâce à l’ordre pressant transmis à ces cruels ,
Le glaive va tomber de leurs bras criminels.
Devant vous appelé l’un et l’autre s’avance.
LF. DAUPHIN.
Restez , vous saurez tout , Madame , en leur présence. Si mon autorité ne peut agir ici ,
Du moins par mes conseils j’espère.... Les voici.