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CHAPITRE II

L’Acadie et les premiers explorateurs. — Le marquis de la Roche. — M. de Monts. Ses compagnons : M. de Champlain, Lescarbot, de Poutrincourt. — Les côtes d’Acadie, décrites par Champlain : la Hève, le Port-au-Mouton, le Cap Nègre, la Baie de Sable, le Port Fourchu, le Port-Royal. — La rivière Saint- Jean. — L’île Sainte-Croix.

De longues années avant les premières tentatives de colonisation en la Nouvelle-France, des Normands, des Basques et des Bretons, venaient sur les Bancs de Terre-Neuve et sur les côtes d’Acadie y faire la chasse et la pêche. Ces aventuriers travaillaient pour leur propre compte et ne laissèrent après eux rien de durable. Les récits de leurs longs et périlleux voyages et les richesses qu’ils en rapportaient contribuèrent à faire connaître le pays acadien lequel, à l’origine, renfermait toutes les côtes de la Baie Française depuis le Cap Sainte-Marie jusqu’au Cap Canseau, et plus tard toutes les terres de la péninsule.

Le 12 janvier 1598, Henri IV accordait au marquis de la Roche (1) des lettres patentes l’établissant lieutenant-général aux pays de Canada, Hochelaga, Terreneuve, découverts par Jacques Cartier en 1534. M. de la Roche s’embarqua avec cinquante repris de justice et fit voile vers l’Amérique, mais les vents contraires le forcèrent à débarquer son monde sur une île déserte appelée l’île de Sable. Dénués de tout, exposés à un climat rigoureux, de ces malheureux, une douzaine survécurent.

Rapatriés en France, le roi leur accorda la liberté qu’ils avaient sans doute bien gagnée. Cet échec n’arrêta pas le mouvement colonisateur. Un autre gentilhomme français, Pierre du Gua ou du Guast, sieur de Monts, sollicita du roi la faveur de se dévouer

(1) Il avait pour noms : Troillus du Mesgoüets ; il était chevalier et marquis de Cottenmeal, baron de Las, vicomte de Carentan, de Saint-Lo, en Normandie, Gommard et Quermoalec, de Gornac, Bontéguigno, Liscuit. Lescarbot :

Histoire de la Nouvelle-France, II, p. 398.

à la cause française non plus avec son épée, mais en travaillant par delà les mers à étendre le domaine de la France et son influence bienfaisante. M. de Monts avait bien mérité de son roi ; dans les guerres de la Ligue, il avait combattu pour lui avec un zèle admirable, aussi vit-il sa requête exaucée. Le 8 septembre 1603, il reçut des lettres patentes qui l’établissaient “ Lieutenantgénéral ès côtes, terres et confins de La Cadie, Canada, et autres endroits en la Nouvelle-France, pour habiter les dites terres, et par ce moyen amener à la connaissance de Dieu les peuples y estans, et là établir l’autorité du roi de France (1).”

Le 18 décembre de la même année, le roi dans une ordonnance défend “ à tous ses sujets autres que le sieur de Monts et ses associés de trafiquer des pelleteries et autres choses avec les Sauvages... Nous avons ordonné, commis et établi le sieur de Monts, Gentilhomme ordinaire de notre chambre, notre lieutenant général, pour peupler et habiter les terres, côtes et païs de La Cadie, et autres circonvoisins, en l’étendue du quarantième degré jusques au quarante-sixième, en sorte que nos sujets désormais puissent estre reçus, et y hanter, et trafiquer avec les Sauvages (2) .”

Le 8 février 1605, M. de Monts voyait ses pouvoirs confirmés par une déclaration royale donnée à Paris (3). Défricher les terres nouvelles et y introduire des colons, tel était le dessein de cet homme entreprenant. Afin de lui permettre de subvenir aux frais de cette œuvre louable et éminemment patriotique, le roi lui accordait le droit exclusif de la troque avec les sauvages, durant dix ans, et encore celui de saisir les navires de ceux qui tenteraient de s’y livrer sans une permission spéciale.

Fort de ces pouvoirs, M. de Monts fait équiper deux navires et les remplit de munitions de toutes sortes. Des ouvriers nombreux et des artisans s’engagent à le suivre. Plusieurs gentilshommes, parmi lesquels M. de Champlain, le futur fondateur de Québec (4), MM. de Champdoré, d’Orville, Jean de Biencourt, baron de Poutrincourt, et un prêtre parisien, l’abbé Aubry, prennent passage sur le navire en partance, ainsi qu’un ministre de la reli-

(1) Marc Lescarbot : Histoire de la Nouvelle-France, IL page 408 Paris

Edition Edwin Tross, 1866. ’

(2) Le même, p. 415 ; Collection de doc. et ms, I, P- 46.

(3) Le même, p. 422.

(4) Né à Brouage, en Saintonge, en 1567.

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gion prétendue réformée. Tous n’ont qu’un désir : traverser les mers afin de travailler à la conquête des terres de l’Amérique. Marc Lescarbot, le premier historien de la Nouvelle-France, avocat au Parlement de Paris, raconte les circonstances qui ont accompagné ce premier embarquement. M. de Poutrincourt, dit-il, voulant continuer l’œuvre de M. de Monts “ était désireux de voir les terres de la Nouvelle-France pour y choisir un lieu propre et s’y retirer avec sa famille, femme et enfants . . . Pour n’estre des derniers qui courront et participeront à la gloire d’une si belle et généreuse entreprise, il prit envie d’y aller. . . (1).”

Le premier navire, sous le commandement du capitaine Timothée, partit le 7 mars 1604, du Havre-de-Grâce ; le second, sous les ordres du capitaine Morel, le 10 mars. D’après Ghamplain qui fut du voyage, un troisième se dirigea vers Tadoussac. La traversée fut des plus heureuses. Tandis que le vaisseau du sieur du Pont Gravé, lieutenant de M. de Monts, cinglait vers Canseau et le long de la côte de l’île du Cap Breton, celui de M. de Monts “ prit sa route plus à val, vers les costes de l’Acadie (2) .”

Après deux mois de navigation les voyageurs parvenaient au Cap de la Iiève. Ce fut le 6 mai 1604 qu’ils entrèrent dans les eaux acadiennes. Grande fut leur surprise quand ils rencontrèrent, dans ces lieux déserts, un Français faisant le trafic avec les sauvages. M. de Monts le fit prisonnier et confisqua son navire, ainsi qu’il en avait le pouvoir en vertu de sa commission. L’endroit où cette prise eut lieu porta, depuis, le nom du malheureux trafiquant et fut appelé le Port-Rossignol.

M. de Champlain dans la description fort exacte qu’il a faite des côtes d’Acadie commence à la Hève où, un quart de siècle plus tard, seront jetées les bases d’une colonie qui aura ses jours de prospérité. “ La Hève, dit-il, est un lieu où il y a une grande Baye, où sont plusieurs isles couvertes de sapins, et la grande terre de chênes, ormeaux et bouleaux. Il est à la côte d’Acadie .... et distant à l’est, nord-est, du Cap Breton de soixante-quinze lieues. .”

(1) Aux Archives Nationales de Paris nous avons trouvé le contrat de mariage de Marc Lescarbot, en date du 2 août 1619. Il est dit avocat au Parlement de Paris et demeurant rue de la vieille Haranguerie en la paroisse Saint- Germain l’i1 2 uxerrois. Sa femme, Françoise Valpergues, est dite veuve de Jacques Lallemand. Registres des Insinuations, Y, p. 160.

(2) Les voyages de Champlain, II, pp. 55 et suivantes.

“ A sept lieues de celui-cy s’en trouve un autre appelé le Portau-Mouton (1), où sont deux petites rivières dont le terroir est fort pierreux, rempli de taillis et de bruyère ; il y a quantité de lapins et bon nombre de gibier à cause des étangs qui y sont.”

“ Allant le long de la coste, se voit aussi un port très bon pour les vaisseaux, et au fonds, une petite rivière qui entre assez avant dans les terres, que je nommai le Cap Nègre, à cause d’un rocher qui, de loin, en a la semblance, lequel est élevé sur l’eau proche d’un cap où nous passâmes le même jour (le 19 mai 1604), qui en est à quatre lieues et à dix du Port-au-Mouton. Ce cap est fort dangereux à cause des rochers.” Les côtes “ sont basses, couvertes d’un bois pareil à celui de la Hève, et les isles toutes remplies de gibier,” écrit M. de Champlain. D’après le même auteur, les voyageurs allèrent passer la nuit à la Baie de Sable “ où les vaisseaux peuvent mouiller l’ancre sans aucune crainte de danger.” Là se joueront plus tard les destinées de la puissance française sur le sol acadien. Cette baie, appelée de nos jours Baie de Barrington, est à 54 milles de Yarmouth et à 114 milles environ de Bridgewater, autrefois la Hève, où s’établit de Bazilly.

Dans la Baie de Sable se trouve une île qui forme un cap “ fort dangereux à cause des rochers et des battures,” c’est le Cap de Sable. M. de Champlain mentionne l’île-aux-Cormorans, située à une lieue plus loin, ainsi appelée à cause du nombre infini de ces oiseaux. Nous remplîmes, dit-il, une barrique de leurs œufs. Et de cette île, faisant l’ouest, environ six lieues, traversant une baye, (la baie Courante) qui suit au nord deux ou trois lieues, l’on rencontre plusieurs isles (les îles Tousquet) qui jettent deux ou trois lieues à la mer. “ Ces îles ont une, deux, même trois lieues d’étendue. Elles sont dangereuses à aborder aux grands vaisseaux à cause des grandes marées et des rochers qui sont à fleur d’eau. Elles sont remplies de pins, de sapins, de bouleaux et de trembles.”

Plus loin, M. de Champlain remarqua quatre îles. “ En l’une, dit-il, il y a si grande quantité d’oiseaux appelés tangueux qu’on les peut tuer aisément à coups de bâton. En une autre, il y a une telle abondance d’oiseaux de différentes espèces qu’on ne pourrait

(1) Ce port fut appelé ainsi pour rappeler qu’un mouton tomba à l’eau et s’y noya. Lescarbot : Histoire de la Nouvelle-France, II, p. 424.

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se l’imaginer : comme cormorans, canards de trois sortes, oies, marmettes, outardes, perroquets de mer, bécassines, plongeons, vautours, hérons, goëllans, pies de mer. . Je les nommai îles aux loups marins. Elles sont distantes de la terre ferme ou Cap Sable, de quatre à cinq lieues (1).” Telles sont les îles Tousquet. Denys qui avait une connaissance très sûre de ces pays, à son tour, écrit : “ Traversant la baie de Tousquet, l’on va trouver le Cap de Sable, qui est une île qui fait une pointe qui avance en la mer, et entre la grande terre et l’île, il y a passage pour des barques, mais audelà de l’eau, il y a des roches et des battures qui avancent une bonne lieue en la mer, les ayant passées environ deux lieues, l’on entre en la Baie de Sable qui est fort grande. Là les navires y peuvent mouiller en toute sûreté. En ce même lieu M. de la Tour a eu une habitation où il était pendant le siège de la Rochelle (2).” Denys, dans son remarquable ouvrage, l'appelle ici la noble résistance de Charles de la Tour contre les Anglais et dont il sera question plus loin,

44 Du Cap de Sable, écrit Champlain, l’on va à un cap que j’appelai le port Fourchu, d’autant que sa figure est ainsi, distant des isles aux loups marins cinq à six lieues. Ce port est fort bon pour les vaisseaux en son entrée, mais au fonds il assèche presque tout de basse mer, fors le cours d’une petite rivière, toute environnée de prairies qui rendent ce lieu assez agréable (3). Champlain remarque que, sur une distance de dix à douze lieues, on ne rencontre aucun port important, mais “ quantité d’ances dont les terres semblent être propres à la culture.” Les bois y sont très beaux ; il y a peu de pins et de sapins. La côte est fort saine, il n’y a ni rochers ni îles, les vaisseaux peuvent y aller en assurance. A un quart de lieue de la côte, Champlain mentionne l’île Longue 44 laquelle fait passage pour aller dans la grande baie Française, ainsi nommée par le sieur de Monts.”

(1) Les voyages de Champlain, II, p. 56.

(2) Denys : Description des Costes de l’Amérique Septentrionale, chap. III,

pp. 68, 69. .

(3) C’est aujourd’hui le port de Yarmouth. La petite ville de ce nom, 5,000 habitants est fort jolie. La traversée de Boston à ce port est intéressante. De loin, on aperçoit tout d’abord les îles Tousquet ; on en compte environ 5o0. Vient ensuite le Cap Fourchu qui a mérité son nom à cause de sa forme singulière. Entre le Cap de Sable et le Cap Fourchu s’étend la baronnie de Pobomcoup, engee en 1653 par Charles de Saint-Etienne de La Tour. C’est la patrie du Sieur Philippe d’Entremont, premier baron du lieu et de ses nombreux descendants.

Cette île a dix lieues de long et, en quelques endroits, près d’une lieue de large. Elle est remplie de quantité de bois : pins et bouleaux. Toute la côte est bordée de rochers fort dangereux, il n’y a point de lieu propre pour les vaisseaux. Au bout de l’île se trouvent quelques petites retraites pour des chaloupes et trois ou quatre islets de rochers où les sauvages “ prennent force loups marins. . . Du passage de l’île Longue (dans la baie Sainte-Marie) il y a une ance où les vaisseaux peuvent ancrer en sûreté, elle a un quart de lieue environ de tour. La terre qui l’environne est toute bordée de rochers assez hauts. D’après Champlain, il s’y trouvait une mine d’argent et, à quelques lieues plus loin, plusieurs mines de fer.” Le terroir d’alentour est rouge comme sang. Quelques lieues plus avant il y a une rivière . . . qui va proche de Port-Royal. “ Les terres sises au fond de cette baie sont propres a la culture et “ remplies de quantité de beaux arbres de toutes les sortes...” Cette baie peut avoir depuis l’île Longue jusqu’au fonds environ six lieues. Toute la côte des mines est élevée “ découpée par caps, qui paraissent ronds avançant un peu à la mer.” De l’autre côté de la baie au sud-est, les terres sont basses et bonnes. Il y a un bon port, et à son entrée, un banc par où il faut passer. . . c’est le port Sainte-Marguerite. Toute cette côte du sud-est est beaucoup plus basse que celle des mines. Un peu plus loin est la baie Sainte-Marie (1).

En remontant cette baie, M. de Champlain rencontre sur la rive droite deux rivières, dont l’une assez importante, fut appelée rivière Hébert en souvenir de Louis Hébert. C’est aujourd’hui Bear River (2), puis il entra dans un port vaste et commode. Il l’appela le Port-Royal. Du passage de l’île Longue, dit-il, “ en mettant le cap au nord-est six lieues, il y a une ance (la fosse de Gulliver) où les vaisseaux peuvent mouiller l’ancre à quatre, cinq, six, sept brasses d’eau. Le fonds est sable. Ce lieu n’est que comme une rade. Continuant au même vent deux lieues, l’on

(1) Sur cette baie, à Church Point, est une paroisse importante où les Pères Eudistes dirigent un collège classique de premier ordre. Les petits acadiens y reçoivent une éducation supérieure. Ce collège a formé des prêtres distingués et des hommes éminents, capables d’aider la cause acadienne.

(2) Cette rivière coule entre deux chaînes de montagnes qui offrent aux voyageurs des panoramas splendides sur la baie. A son embouchure surtout, le paysage est merveilleusement beau. Espérons qu’un jour les géographes lui restitueront son nom primitif en mémoire du premier colon acadien et canadien, Louis Hébert.

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entre en l’un des plus beaux ports qui soit en toutes ces côtes. . . L'entrée est large de 800 pas, et sa profondeur de vingt-cinq brasses d’eau. Il a deux lieues de long, une lieue de large. Trois rivières y descendent, dont une assez grande tirant à l’est, appelée rivière de l’Esquille (1). Cette rivière a près d’un quart de lieue de large en son entrée où il y a une île, laquelle peut contenir une demi-lieue de circuit, remplie de bois ainsi que tout le reste du terroir (2), comme pins, sapins, pruches, bouleaux, trembles et quelques chênes. . . II y a deux entrées en la dite rivière, l’une du côté du nord, l’autre au sud de l’île. Celle du nord est la meilleure. Les vaisseaux peuvent y mouiller l’ancre à l’abri de l’île...

“.Je fus, dit Champlain, quatorze ou quinze lieues où la mer monte ne va pas beaucoup plus avant dans les terres pour porter les bateaux. En ce lieu elle contient 60 pas de large ... Le terroir de cette rivière est rempli de chênes, de frênes et autres bois. De l’entrée de la rivière jusque-là, on y rencontre de nombreuses prairies ; elles sont inondées par les grandes marées où on y trouve plusieurs petits ruisseaux qui les traversent d’une part et d’autre ...”

La Baie de Port-Royal est située à environ cinquante milles de l’embouchure de la rivière de Port-Royal, nommée aujourd’hui rivière d’Annapolis. Dans le port se trouvent deux îles : la plus grande fut appelée l’île Hébert, l’autre porta le nom de l’île aux Chèvres. C’est du côté nord du bassin, vis-à-vis cette dernière, que sera bâti le premier fort de Port-Royal.

M. de Champlain et ses compagnons explorèrent tout le littoral de la Baie Française. Il fit la découverte de plusieurs mines de cuivre et de fer. “ Le pays que j’ai vu, dit-il, depuis le passage de l’île Longue, rangeant la côte, ne sont que rochers où il n’y a aucun endroit où les vaisseaux se puissent mettre en sûreté, sinon le Port-Royal. Enfin, il arriva “ à l’embouchure d’une des plus grandes et profondes rivières ” qu’il ait vues ”. Il la nomma la rivière Saint-Jean, ne l’honneur du saint dont on célébrait la fête ce jour-là. Cette rivière est dangereuse, dit Champlain, si on ne connaît certaines pointes et rochers qui sont des deux côtés. Elle

(1) Les voyages de Champlain, II, p. 61.

(2) Le même, d. 62.

est étroite à son entrée, puis vient à s’élargir. Ayant doublé une pointe, elle rétrécit de nouveau et “ fait comme un sault entre deux grands rochers, où l’eau y court d’une si grande vitesse, qu’en y mettant du bois il enfonce en bas et on ne le voit plus : mais attendant la pleine mer, l’on peut passer fort aisément ce détroit et lors elle s’élargit environ une lieue par aucuns endroits où il y a trois îles sur lesquelles se trouve une grande quantité de prairies et de beaux bois comme le chêne, le hêtre, le noyer et des vignes sauvages.” Champlain savait déjà que les sauvages utilisaient ce cours d’eau pour atteindre Tadoussac, distant de soixantecinq lieues de l’embouchure de la rivière Saint-Jean. A son entrée, se trouvait alors une mine de fer. Champlain remarque que les chaloupes ne peuvent naviguer que sur une distance de quinze lieues à cause des chutes et des rapides qui s’y rencontrent.

Ayant ainsi parcouru le pays, les explorateurs atteignirent l’île Sainte-Croix où ils décidèrent de jeter les bases de la première colonie canadienne.

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