‹ Charles de Saint-Étienne de La TourChapitre 4 sur 70 · CHAPITRE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRÉLIMINAIRE

Un chapitre d’histoire de France. — La famille de Saint-Etienne. — Ses origines. — Ses alliés : les de Lespinasse et leurs alliances. — Les La Tour d’Auvergne et de Boulogne. — Hugues de Lespinasse. — Philibert dit Cormoran. — Jean de Lespinasse et Blanche Dauphine d’Auvergne. — Béraud Dauphin. — Antoinette de Chazeron et Antoinette de Polignac. — Un mot des d’Entremont. — Etienne de Lespinasse. — Son alliance avec Marguerite de Balsac. — Les d’ALbon. — Mariage d’Anne de Saint-Etienne et de Jean de Lespinasse. — Leurs enfants et descendants. — Claude de Saint-Etienne, seigneur d’Esnon, de Turgy. — Son mariage avec Jeanne de Lespinasse. — Louis de Lespinasse et Jeanne Dauphine. — Leurs alliances avec les Regnaud de Langeac, de Vichy, d’Apchier, de Lévis, de Bourbon. — Les Raguier. — Les de Chabannes. — d’Amboise. — de 1a Rochefoucauld. — Poncet de Lespinasse et ses descendants : les de Béthune. — de Torcy. — de Melun. — de Luxembourg. — Stuart. — Alexandre. — Etienne de Lespinasse et Jeanne de la Brosse. — Ses services militaires. Ses nombreuses seigneuries. — Démembrement de ces terres entre Poncet de Lespinasse, seigneur 'd’Esnon et de La Tour, et Claude de Saint-Etienne. Difficultés au sujet de ces partages. — Enfants de Claude de Saint-Etienne et de Jeanne de Lespinasse. — Leurs alliés et descendants : de Fontaines. — de Ménisson. — de Verneuil. — de Brouillan.— du Moulin. — du Boucher. — de Verduisant. — de Chappuis.— -Edme de Saint-Etienne, maréchal des camps et armées du roi. — Ses services militaires. — Ses alliances. — Marguerite du Moustier. — Jacqueline de Chaumont. — Le fief de La Tour à Romilly-sur-Seine. Paula de Saint-Etienne et Johanna de Saint-Etienne, abbesses de l’ordre de Citeaux. — Mariage de Claude de Saint-Etienne et de Madeleine le Roy. — Leurs enfants. — Les Saint-Etienne Despence. — Jean de Saint-Etienne. — Son mariage avec Mathurine de Railly. — Les seigneurs de l’Isle, du Tronchey, de Turgy, de la Loge-Pontblin. — Leurs armoiries. — Claude de Saint-Etienne, seigneur de La Tour et de Vuarre, fondateur de cette famille acadienne. — Charles de Saint-Etienne de La Tour, seigneur de Baigneux et de Saint- Deniscourt.

Charles de Saint-Etienne de La Tour qui joua, sur la terre d’Acadie, un rôle important, durant plus d’un demi-siècle, était originaire de la belle province de Champagne et descendait d une famille qui avait eu ses jours de splendeur. De la Champagne sont venus aussi les de Poutrincourt, de Chomedey de Maisonneuve, de Chavigny, et plusieurs autres personnages distingués qui ont rendu des services signalés dans la Nouvelle-France. C’est M. de Poutrincourt qui, dans son voyage de 1609-1610, conduisit Charles de Saint-Etienne de La Tour en Acadie, avec son père, Claude de Saint-Etienne. Le nom de Saint-Etienne est connu, en France, depuis le Xlle siècle. Dès cette époque, des représentants de cette famille se rencontrent dans les villes de Caën, de Reims,

de Rouen, de Toul, de Toulouse, de Montpellier et de Tours. Les archives des provinces d’Alsace, de Normandie, du Languedoc, de la Champagne, placent les Saint-Etienne parmi les chevaliers et font remonter ce nom à la plus haute antiquité. M. le vicomte de Lescure, dans son bel Armorial du Gévaudan, écrit: “ Saint-Etienne, ancienne chevalerie, paraît originaire de Saint-Etienne Vallée Française.

S. de Saint-Etienne fut témoin de la donation de l’église de Fruitgères à Gap-Francès, par l’évêque Aldebert, en 1187.

En 1219, Guillaume de Saint-Etienne est cité dans le mémoire sur le Commun de paix.

En 1307, Aldebert et Guillaume de Saint-Etienne sont cités dans les Feuda Gabalorum.

Jean de Saint-Etienne fut gardien du couvent des Frères Mineurs de Marvejols.

Bernard de Saint-Etienne, parent du pape Urbain V, en fut Chambrier, secrétaire, chapelain et vicaire général. Il fut aussi prieur de Sala, sacriste de Rodez, enfin évêque d’Uzès. Il joua un grand rôle dans le StudÀum de Saint-Germain de Calberte, fondé par Urbain V (1).” Le même auteur affirme que cette famille disparaît du Gévaudan vers l’an 1307. Déjà quelques-uns de ses membres étaient passés dans les environs de Saint-Thierry. Ainsi, dès 1192, les archives de cet endroit, célèbre par son abbaye, mentionnent que Jean de Porciens de Saint-Etienne et Richer, son frère, tous deux chevaliers de l’ordre du roi, ainsi que leurs femmes Hodierne et Isabelle et leurs enfants, vendent à l’abbaye toutes les terres qu’ils possèdent à Thierry (2) . Au mois de mars 1235, Messire Philippe de Saint-Etienne fait assignat de cinq septiers de Med de rente annuelle qu’il déclare devoir à la Maison- Dieu du Chesne (3).

Mais c’est dans cette partie de la province de Champagne formée, de nos jours, par les départements de l’Aube et de l’Yonne

(1) M. le vicomte de Lescure : Armorial du Gévaudan 1929, p. 750. Chail-

lan : Le Studium de Saint-Germain, etc. Notes de M. le chanoine Rernize. Arch. Loz, G. 29, 81, 757. , , ,

(2) Bibliothèque Nationale : Manuscrits français, No. 31,963, Trésor généa¬

logique de Dora Vieilleville, tome 80, fol. 75 : Cartulaire de l’Abbaye de Saint- Thierry, fol. 96, verso. , . , .

(3) Le même, fol. 75 : Archives de l’Abbaye de Saint-Remi, a Reims.

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que les Saint-Etienne furent les plus nombreux. A cette branche se rattachent Claude de Saint-Etienne et Charles de Saint-Etienne, son fils, fondateurs de la famille de ce nom au pays acadien.

Que la province de Champagne ait été le berceau de leur famille, c’est un fait incontestable ; un document authentique l’atteste. Dans un mémoire de 1735, du Vivier, petit-fils de Charles de Saint-Etienne, affirme que Claude de Saint-Etienne “ passa en Acadie avec un nombre considérable d’habitants destinés à cultiver la terre, et qu’il vendit des domaines importants qu’il possédait en Champagne (1).”

Courcelles dit que la famille de Saint-Etienne “ est d’ancienne noblesse et originaire de la Champagne (2).” De son côté, le grand-vicaire d’Auxerre, en parlant de deux demoiselles de Saint- Etienne, Paula et Johanna, abbesses des Isles (1595-1603) -(1604- 1622), affirmait “ qu’elles étaient issues de noble et illustre sang”, reconnaissant par là que les Saint-Etienne avaient contracté des alliances avec les grandes familles du royaume et que le sang des princes coulait dans leurs veines (3).”

Cette famille a fourni à la France des hommes distingués et a possédé de riches et vastes domaines. Ses membres ont contracté des alliances avec les grandes familles du royaume assurant ainsi à leurs descendants la protection des personnages les plus influents de la Cour. D’Hozier nous apprend que Pierre ou Perrossans de Saint-Etienne est le premier dont l’histoire fasse mention. Au XI Ve siècle, il était seigneur de Turny, de Turgy et de Dannemoine. Il avait épousé Jeanne de Garchy ou Guerchy (4), fille de noble Jean de Garchy, seigneur de la Chasseigne, et de dame Marie de la Grange. Le nom de Simon de Garchy ou Guerchy, seigneur d’Esnon, figure dans un aveu et dénombrement, au comte de Joigny, de l’année 1389. Anne de Garchy, sa veuve,

(1) Archives des Affaires Etrangères : Mémoires et documents sur l’Amérique, VIII, 1735-1748. ,

(2) Courcelles : Histoire généalogique et héraldique des Pairs de r rance.

(3) Bibliothèque Nationale : Cabinet d’Hozier, I : Dossier 3372, folio 131 : Mémoire pour servi à la généalogie de Messieurs de Sainct-Etienne.

(4) Un Thomas Garchy ou Guerche, originaire, dit-on, du Limousin, taisait

partie de la noblesse de Salins, en 1384. On a sa filiation depuis Othonin Guerche, écuyer, de Salins, en 1403, seigneur de Buffard et de Liesle. Il portait : De

gueules, à la fasce d’argent, accompagnée de 3 cygnes de meme alias de 3 cygnes sans cuisse”. Alliances : de Nozeray, de Falletan, de la Tour, Montfort, Mouchet, de Vy. Honneurs : Un chevalier de Saint-Georges. Dunot.— -l’abbe Guillaume.— La Chesnaye-Desbois. — R. de Lurin : Nobiliaire de Franche-Comté, p. 281.

était seigneuresse d’Esnon en 1410, 1415 et 1429. Edmé ou Aymé de Garchy, chevalier, sire d’Esnon et d’Arbloy, fit 4’aveu et dénombrement de la seigneurie d’Esnon, le 7 avril 1429 (1). Ces de Garchy étaient-ils alliés aux de Saint-Etienne ? Il y a tout heu de le croire.

Pierre de Saint-Etienne et Jeanne de Garchy laissèrent trois enfants : Anne, Claude qui, en son temps, fut seigneur d’Esnon, et Jean.

Les deux premiers nous intéressent plus particulièrement. Anne et Claude de Saint-Etienne entrèrent dans la famille des sires de Lespinasse, alliés aux maisons les plus illustres du royaume. Disons d’abord ce que furent les de Lespinasse et leurs alliés et nous jugerons par là du rang qu’occupaient les de Saint-Etienne parmi les grandes familles françaises.

La famille de Lespinasse, écrit Courcelles, vers le milieu du XVe siècle, a pris le nom et les armes des comtes Dauphins d’Auvergne. Elle tient son nom de la terre de Lespinasse, troisième baronnie au bailliage de Sémur, en Brionnais. Ses nombreuses possessions, ses illustrations militaires, l’ont constamment soutenue au rang des plus puissantes maisons de chevalerie de la Bourgogne et du Forez. Plusieurs familles considérables, entre autres celles d’Albon en Forez, et de Langeac, en Auvergne, ont été substituées aux noms et armes de Lespinasse, en épousant les héritières de quelques-unes des branches de cette maison . . . (2) . “ On la voit

admise, dès la plus haute antiquité, dans l’ordre souverain de Saint-Jean de Jérusalem, et dans les insignes chapitres de Lyon, de Mâcon et de Brioude. L’on remarque vingt-deux chanoinescomtes de ce dernier chapitre de ce nom depuis Hugues, Pons, et Louis de Lespinasse, de l’an 1200 jusqu’à 1773”.

De son côte, de Sdint-A.Ha/is (3) dit que cette noble maison : joint à une ancienneté de plus de 600 ans des possessions nombreuses, des services militaires distingués, et des alliances illustres

(1) M. Charles Dubois : Notice sur le village d’Esnon : Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne, année 1902, p. 30

(2) Courcelles : Histoire généalogique et héraldique des Pairs de France II

(3) De Saint-Allais : Nobiliaire Universel de France, XII, pp. 97 à 125 ’

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qui sont les titres qui marquent son rang entre les plus considérables du royaume. Elle a pris son nom d’une terre située en Bourgogne aux frontières du Forez, d’où elle s’est répandue successivement dans les provinces d’Auvergne, du Nivernais, du Bourbonnais et de la Champagne ; elle était partagée dès le commencement du Xlle siècle en diverses branches, dont une connue sous le nom des seigneurs de Saint-André s’est éteinte vers l’année 1402, avec substitution de son nom dans l’illustre et ancienne maison d’Albon, après avoir donné des chanoines à l’église de Lyon.”

Eustache, seigneur de Lespinasse, chevalier, chef de la branche aînée, eut deux fils. Le puîné forma un rameau sous le nom de seigneurs de la Clayette, dont le dernier, Philibert de Lespinasse, fut Conseiller secret du roi Jean, de Charles V et de Charles VI, et servit dans leurs armées, et fut l’un des douze seigneurs chargés de l’administration du royaume en 1357 ; par acte de 1364, il fut constitué par Guy de Bourbon, son procureur, pour rendre au Roi la foi et hommage du château de Montpensier ; il lui associa Robert Dauphin, Géraud de Bourbon, Hugues Dauphin, Guillaume et Jean de Bourbon, pour rendre conjointement cet hommage. En 1371, il fut témoin au contrat de mariage de Louis, duc de Bourbon, avec Anne, fille de Béraud Dauphin, il mourut en 1395, laissant trois hiles mariées : l’aînée, à Jean de Lespinasse, son parent de la branche aînée (1), chevalier et chambellan du Roi, mort ambassadeur en Hongrie en 1399 ; la seconde, à Jean de Mello, chambellan du Roi (2), la troisième, à Jean de Chantemerle, chevalier. Celle-ci, devenue veuve, épousa en 1364 Bertrand, seigneur de Senectère.”

Le sire de la Clayette, en 1380, épousa, en secondes noces, Constance de la Tour d’Auvergne, arrière-grand’tante de Madeleine de la Tour d’Auvergne, femme de Laurent de Médicis, duc d’Urbin,

(1) Odette.

(2) Marguerite, en premières noces, avait épousé Jean de Châtillon, seigneur de la Palice. Jean de Mello, seigneur de Saint-Parise, était né de Renaud de Mello, fils puîné de l’illustre maison de Néelle, issue des comtes de Clermont, en Beauvaisis.

neveu du Pape Léon X, et mère de Catherine de Médicis, mariée à Henri, duc d’Orléans, fils de François 1er, roi de France, sous le nom d’Henri II, mort en 1589 (1).

Dalmas, fils aîné d’Eustache, continua la branche aînée de cette maison ; il mourut en 1275. Un de ses petits-fils, Dalmas Illème du nom, hérita de la seigneurie de Baigneux, de Hugues de Foudres, seigneur du même heu, après 1297. Il était qualifié “ de haut et puissant seigneur, Monseigneur, titre réservé alors à la haute noblesse, et à ceux qui étaient décorés de la chevalerie ”. Il avait épousé Marguerite de Saint-Bury.

Hugues 1er du nom, chevalier, sire de Lespinasse, son fils, fut un des seigneurs du duché de Bourgogne, qui s’obligèrent, en 1359, à payer 200,000 deniers d’or au mouton , au roi d’Angleterre (2). Il servit en Castille sous le connétable Duguesclin, lequel combattit pour Henri de Transtamare, et le plaça sur le trône de Castille, en 1368, après en avoir chassé Pierre le Cruel. Hugues de Lespinasse, seigneur de Champellement, d’Igornay et de Saxibourdon, avait épousé Marguerite de Thianges, fille de Guy de Thianges et de Marguerite de Fontenay. Il mourut avant le 7 septembre 1374 ; Marguerite de Thianges, décédée le 31 décembre 1413, fut inhumée à côté de son mari dans l’église monacale de Saint-Reverin. Ils laissèrent cinq enfants (3), parmi lesquels Erard, qui continua la lignée.

(1) Elle fut mère de François II, roi de France et d’Ecosse, de Louis, duc d’Orléans, de Charles IX, roi de France, de Henri III, roi de France et de Boulogne, comte d’Auvergne, de François, duc d’Anjou et d’Alençon, d’Elisabeth, reine d’Espagne, de Claude, duchesse de Lorraine, de Marguerite, reine de France, duchesse de Valois, comtesse d’Auvergne, femme de Henri IV.

(2) Histoire de Bourgogne, II, p. 230 ; De Saint-Allais, XII, p. 104.

(3) Les autres sont Jean, Louise, Oudard, Catherine. Jean, sire de Lespinasse, chevalier-bachelier, servit sous le duc de Bourgogne. Il mourut en Hongrie, en 1396. De sa femme Odette de Lespinasse, fille de Philibert, sa cousine, il n’eut pas d’enfant. Louise de Lespinasse fut la femme de Jousserand de Sercy, écuyer, bailli d’Autun et de Montcenis. Oudard de Lespinasse fut seigneur de Champellement, d’Igornay, de Barnay, de Garchisy, de Pougues et de Saint-Léger. Il fut échanson du duc de Bourgogne en 1407, conseiller du roi en 1426, chambellan et gouverneur des enfants de ce prince. Il épousa Marguerite, petite-fille de Guy, baron de Fontenay, seigneur de La Tour de Vesvre, de Neuvy, et de Dame Jeanne d’Auxerre. Catherine de Lespinasse, sa sœur, dame de Saxibourdon, épousa Gérard de Bourdon, seigneur de la Boulaye, écuver d’écurie du duc de Bourgogne et bailli de Châlons.

ET SON TEMPS

Erard de Lespinasse, fils de Hugues et de Marguerite de Thianges, fut chevalier, seigneur de Changy en Charolais, de Moléron et de Boischevenoux, en Brionnais. En 1358, il était capitaine des Montagnes d’Auvergne. Il fut le père de Philibert de Lespinasse, surnommé Cormoran et de huit autres enfants (1).

Philibert de Lespinasse dit Cormoran, chevalier, seigneur de Changy, de Maulevrier et, après la mort de son frère, de la terre de Lespinasse, fut présent à un hommage rendu par Béraud Dauphin d’Auvergne, à l’abbé de Cluny, en 1394. Il fut constitué, par acte du 8 novembre 1424, procureur de Marie de Berry, duchesse de Bourbon, fille du Boi, pour traiter du mariage de Louis de Bourbon, son fils, avec Jeanne Dauphine, sa cousine, fille de Béraud Dauphin d’Auvergne (2). Il eut six enfants (3). Jean de Lespinasse et Louis, son frère, entrèrent dans la famille des Dauphins d’Auvergne, préparant ainsi à leurs descendants la gloire d’avoir des parentés avec une branche de la maison royale de France. Jean de Lespinasse épousa Blanche Dauphine d’Auvergne, et Louis de Lespinasse, son frère, Jeanne Dauphine, descendantes directes des comtes de Clermont, dont l’histoire remonte à la plus haute antiquité (4).

(1) .Jean de Lespinasse fonda la branche des seigneurs de Thory. Il épousa, en 1410, Guicharde, dame de Thory, fille du chevalier Guy de Thory ; Philippe de Lespinasse fut balli de Beaujolais. Nous savons peu de choses sur Girard, Vincent et Marie de Lespinasse. Catherine, dame de Boschevenoux, mariée à Jean de Pasquières, chevalier, seigneur de Bellabre, était veuve le 11 septembre 1424 ; Agnès, sa sœur, femme de Humbert de Vineil, obtint de son père la maison de la Cave, en la ville de Changy.

(2) Baluze : Histoire de la maison d’Auvergne, p. 415.

(3) Les enfants de Philibert de Lespinasse outre Jean et Louis, sont : Etienne, prieur de Vaudeuvre, en 1423, défmiteur de l’Ordre de Cluny ;

Jeanne, mariée le 27 décembre 1427, à son cousin Philibert de Lespinasse, fils de Jean et de Guicharde de Thory ;

Claude, femme de Guillaume de Montfaucon, seigneur de Verderes, de Taisy

et de Massy. . . ,

Catherine, mariée vers Tan 1428 à Louis de Lavieu, seigneur de Poncins,

de Brosse, d’Arcy et de Saint-Christophe. A ,,T ,

(4) Ce fut Bobert IV, fils de Bobert III, comte de Clermont et dlsabeau de Chàtillon qui commença la branche des seigneurs de la maison d’Auvergne. Il épousa Almodie d’Apchon, fille d’Etienne, seigneur de Combronde. Bobert Dauphin I fut seigneur de Saint-Ilpise, de Jaligny et de Tréteaux. Il eut un fils, Robert Dauphin II, qui épousa Catherine de Boissière. Robert Dauphin III, issu de ce mariage, s’allia à Françoise d’Arouze ; il eut Béraud Dauphin I, qui prit pour femme Isabeau d’Apchon. Béraud Dauphin II, né de cette alliance, épousa Philippie de Veauce ou de Veausse.

Blanche Dauphine d’Auvergne, femme de Jean de Lespinasse, était la fille de Béraud Dauphin II et de Philippie de Veauce. Cette dernière était issue du mariage de Pierre de Veauce, sieur le Borgne, chevalier, seigneur de Chastelard, de Baigneux, et de Marie de Varigny (1). Les de Veauce s’allièrent aux de Bourbon, de Culant, d’Autry, de la Trémoille (2) et de Sully (3). Philippie de Veauce, femme de Bérard Dauphin II, était veuve de Guillaume de Vendat (4), et elle avait trois sœurs, Catherine, Isabelle et Jeanne.

Catherine de Veauce fut la femme de Godefroy de Sully, seigneur de Beaujeu. Leur tille, Philippie de Sully, épousa Simon de Bochechouart, fils de Jean, vicomte de Bochechouart, conseiller et chambellan du roi et du duc de Berry, et de dame Aenor de Matheselon (5). Isabelle de Veauce épousa Châtard de la Roche d’Agoux, et Jeanne, sa sœur, Brunet du Puy.

Béraud Dauphin II d’Auvergne et Philippie de Veauce eurent une fille, Blanche Dauphine, et un fils Béraud Dauphin. Ce dernier n’avait que quatre à cinq ans, lorsque son père fut tué

(1) La famille de Veauce, originaire du Nivernais, posséda les seigneuries de Noison, de Baigneux, des Bordes, de Fontenay, de Chamond, de Montoison et de Monceaux-le-Comte. Une branche de cette famille vivait au XVIe siècle dans le Bourbonnais. Elle portait : “ De gueules, semé de fleurs de lys d’argent ou d’argent, semé de fleurs de lys d’azur.” M. de Soultrait : Inventaire des titres de Nevers : Armorial du Nivernais, p. 239.

(2) Marguerite de Veauce, parente de Philippie de Veauce, fut la femme

de Louis d’Autry, seigneur de Courcelles. Leur fille, Luce d’Autry, veuve d’Antoine d’Ancienneville, seigneur de Villiers, épousa, en secondes noces, Jean de la Trémoille II, seigneur de la Brèche et de Sully. Il transigea, en 1556, avec Claude d’Autry, son beau-frère. Ce Jean de la Trémoille était fils de Jean de la Trémoille et de Charlotte d’Autry, et petit-fils de Louis de la Trémoille et de Marguerite d’Amboise, descendant de Georges de la Trémoille, comte de Guines de Boulogne et d’Auvergne, baron de Sully et de Craon. Une des filles de ce’ dernier, Marguerite de la Trémoille, mariée à Sully, le 31 octobre 1441, à Jean de Salazar, chevalier, fut l’aïeule de Jean de Biencourt, baron de Pout’rincourt fondateur de Port-Royal en Acadie. ’

(3) Marie de Sully, issue de cette illustre maison, s’allia en premières noces, à Charles de Berry, comte de Montpensier, prince du sang, en secondes noces, à Guy, sire de la Trémoille, enfin à sire d’Albret, comte de Dreux, autre prince du sang.

(4) Alix de Vendat, sa fille, épousa Agnes de la Tour, seigneur d’Oliergues et de Bouillon, fils d’Agnes de la Tour et de Béatrice de Châlençon, Tune des plus illustres familles de France. Cette dernière était fille de Guillaume de Châlençon et de Valpergue de Polignac. Alix de Vendat épousa, en secondes noces, Louis de Montboissier, en troisièmes noces, Henri de Langeac, seigneur de Cusset.

(5) Simon de Rochechouart et Philippie de Sully eurent deux filles : Philippie et Belleasses. Philippie devint la femme de Jean du Mesnil-Simon. Elle épousa successivement Louis de Rohan, Georges Haliburton et Jeannot Douglass, chevalier écossais, chambellan du roi, et Grand-Maître de France. P. Anselme : Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France,

ET SON TEMPS

à la bataille d’Azincourt, en 1415, ainsi que son frère et son oncle. Avec Béraud Dauphin, mort sans enfant, s’éteignit la lignée des seigneurs de Saint-Ilpise et de Combronde, issue de la maison des Dauphins d’Auvergne. Jeanne Dauphine, femme de Louis de Bourbon, comte de Montpensier, hérita des biens de la branche aînée de la maison d’Auvergne (1).

Béraud Dauphin III étant décédé sans postérité, sa sœur, Blanche Dauphine, appelée Jeanne, en plusieurs arrêts du Parlement (2), fut mariée à Jean de Lespinasse, seigneur de Changy et de Maulevrier. “Elle eut, entre autres enfants, un fils, appelé Béraud, qui fut, à cause d’elle, seigneur de Saint-Ilpise et de Combronde, et prit le nom de Dauphin ; elle testa en l’année 1154 et ordonna qu’on l’enterrât à Saint-Ilpise (3).”

Erard, fils de Béraud Dauphin III, hérita du nom, des armes et des biens de sa mère qui avait eu onze enfants de son union avec Jean de Lespinasse (4). Béraud de Lespinasse, chevalier, conseiller et chambellan du roi Louis XI, prit le nom de Dauphin ; il devint seigneur de Saint-Ilpise et de Combronde, fut général de l’armée que le Boi envoya contre le duc de Bourgogne en 1475. 11 gagna, sur les troupes de ce prince, une bataille près de Château-Chinon, et mourut en 1482, bailli du Velay. Il est dit dans un arrêt du parlement de Paris, du 16

(1) Baluze : Histoire de la maison d’Auvergne, I, p. 230. — De Saint-Allais : Nobiliaire universel de France, XII, p. 105.

(2) Baluze : Histoire de la maison d’Auvergne, I, pp. 230, 233.

(3) Les Dauphins d’Auvergne portaient : “ D’or au dauphin pâmé d’azur, à

la cotice de gueules brochante sur le tout.” .... t

(4) Catherine, sœur de Béraud IV d’Auvergne, devint la femme de Philibert de la Roche-Châteauneuf, chevalier, seigneur de Saint-Priest. En faveur de ce mariage, Jean de Lespinasse et Blanche Dauphine, sa femme, firent le don du château de Mainsac-le-Châtel et de 3000 écus d’or. Une fille, appelée Dauphine, née de ce mariage, épousa Guillaume de Gibertès, chevalier, seigneur de Cronce, Anvers. Il eut à soutenir un procès contre Béraud Dauphin, seigneur de Combronde, et Etienne de Lespinasse, seigneur de Maulevrier, fils de Louis et de Jeanne Dauphine, et père de Jeanne de Lespinasse, femme de Claude de Saint- Etienne. Armand, vicomte de Polignac, était le tuteur de Françoise Dauphine. L’affaire fut portée au parlement de Paris. Ils furent condamnes à payer chacun

62o ecu|an de Gibertès flls de Guillaume de Gibertès et de Dauphine de la Roche, épousa Louise de Braque, fille de Philibert de Braque. Anne de la Tour, comtesse de Boulogne et d’Auvergne, femme de Jean Stuart, duc d Alhany, lui paya 300 écus à elfe légués par sa sœur, Madeleine de la Tour, mariee a Laurent de Medicis, duc d’Urbin neveu du Pape Léon X et par Alphonsine des Ursms, belle-mère de Catherine de Médicis. Louise de Braque donna quittance a cette dernière, devenue, en 1533, la femme de Henri, duc d’Orléans ; elle fut, comme on le sait, sacrée reine de France en 1547.

janvier 1448, “ que son père était du plus grant parenté d’Auvergne, et sa mère des Dauphins qui est bien grande et ancienne lignée.” Dans sa jeunesse, il servit en Guienne, sous le Comte de Foix, avec les Francs- Archers et les volontaires de Saint-Ilpise et de Combronde, qu’il conduisit par ordre de son père (1). En 1470, il accompagna Guillaume Cousmot, le comte Dauphin d’Auvergne, son parent, comte de Comminges, dans la guerre contre Charles, duc de Bourgogne. Louis XI lui donna sa confiance en Auvergne, le fit son conseiller, chambellan et général de l’armée qu’il envoya contre Antoine de Luxembourg, comte de Roucy, son maréchal et capitaine général de son armée ; il avait sous ses ordres le ban d’Auvergne, celui des terres du duc de Bourbon, celui de Beaujolais, et des Francs-Archers et volontaires de Geoffroy de Chabannes. Il se conduisit avec toute la prudence d’un grand général, et battit l’armée du maréchal de Bourgogne, le 21 juin à Château-Chinon, près la rivière d’Yonne, en Nivernais. Le comte de Roucy fut prisonnier du Dauphin; ses héritiers plaidèrent pour se faire payer la part de la rançon du dit comte de Roucy, qui leur appartenait ; il y eut arrêt en leur faveur. Le 24 février 1499, les deux maisons se réunirent par l’alliance d’Antoinette d’Amboise, petite-fille du Dauphin, avec le prince Louis de Luxembourg, comte de Roucy (2). Béraud Dauphin avait épousé, en premières noces, Antoinette de Chazeron, fille de Jean, seigneur de Chazeron (3),

(1) La Thaumassière : Histoire du Berri, p. 710.

(2) Dans une lettre du 24 mai 1475, Charles de Chaumont d’Amboise mande à Béraud Dauphin (de Lespinasse), seigneur de Combronde, qu’il a sçu que depuis dix à douze jours il est sur la Loire, sans aller en avant ou en arrière, qu’il peut penser, veu l’affaire qui est par de-ça quand le roi le scaurait, s’il en serait content, et le prie, sur tous les services qu’il veut faire au roi, qu’il vienne à lui jour et nuit sans bagage, car il veut mettre le siège à Verdun, et que s’ils doivent être combattus, ce sera là. De Sainte-Marie la Blanche.

Signé, le tout : Votre cousin d’Amboise.

De Saint-Allais : Nobiliaire Universel de France, XII, p. 107.

(3) La maison de Chazeron, établie en Auvergne, remonte à Haultier de Villemontée. Il épousa, vers 1169, Béatrix de Brienne. Cette maison a été appelée plusieurs fois à de vraies souverainetés. Géraud, sire de Villemontée, de Châtelguyon, de Chazeron passa en Angleterre. Vers 1375, il vendit ses terres à Jean, comte d’Auvergne et de Boulogne, qui, en 1376, en fit don à Oudart et Robert Haultier de Chazeron, ses petits-fils. L’aîné, marié à Simonne de Montmorin, eut la terre de Chazeron. Guillaume épousa Alix de Fay ; Edouard, son arrière-petit-fils, seigneur de Chazeron, sénéchal et chambellan des rois Charles V et Charles VI, épousa Marguerite de Bellefaye, dame de Valore et de Montgu erle, fille de Pierre, seigneur de Bellefaye et de Marguerite de Thiers. Cette dernière était veuve en premières noces de Béraud Dauphin, seigneur de Rochefort, fils d’Amé Dauphin et d’Isabeau de la Tour d’Auvergne et d’Anne de Poitiers.

Jean de Chazeyon, père d’Antoinette, femme de Béraud Dauphin, avait

ET SON TEMPS

de Valore, de Montguerle, de la Roche-d’Agoux, et de Catherine d’Apchier (1). Elle était la petite-fille de Marguerite de Bellefaye, nièce du pape Clément VI et cousine germaine du pape Grégoire

Béraud Dauphin, par cette alliance, resserrait les liens de parenté qui Punissaient aux familles de La Tour et de Bourbon. Devenu veuf, il convola en secondes noces avec Antoinette de Polignac, fille de Guillaume dit Armand de Polignac et de Amédée de Saluces, dame de Caramangne, en Piémont, fille de Mainfroi de Saluces, comte de Cordé, Maréchal de Savoie, et de Françoise de Montmajour. Elle était veme de Claude de Montbel, comte d’Entremont, seigneur de Pimorin (2), allié à la maison ducale de Savoie.

Antoinette de Polignac (3), en troisièmes noces, épousa Hugues de la Palu, comte de Varax.

Du premier lit, Béraud Dauphin eut deux enfants : Béraud, mort en bas âge, et Louise Dauphine, qui devint la femme de Jacques de Miolans, gouverneur du Dauphiné.

Du second lit, il eut Françoise Dauphine, qui épousa, le 18 novembre 1481, Guy d’Amboise, seigneur de Ravel, neveu du célèbre cardinal de ce nom et mère 1° de Catherine d’Amboise, femme de François de la Tour, vicomte de Turenne ; 2° d’Antoinette d’Amboise, mariée 1° à Charles d’Amboise, seigneur de Bussy, son cousin ; 2e à Antoine de la Rochefoucault, seigneur de Barbezieux, gouverneur de Paris ; 3° à Louis de Luxembourg, comte de Roucy.

Etienne de Lespinasse, fils de Jean et de Blanche Dauphine, seigneur de Changy, de Maulevrier et d’Artaix, épousa, en 1470,

épousé, en premières noces, Antoinette du Puis, fille de Jean du Puis, seigneur de Vateau et de Jeanne de Bellenave, veuve de Louis de Vissac. Jacques de Chazeron, frère d’Antoinette, fut seigneur de Chazeron, de Valore, et Maître d’Hôtel du roi ; il épousa Jeanne d’Apchon ; en secondes noces, le 13 juin 1473, Anne d’Amboise, fille de Pierre d’Amboise, seigneur de Chaumont et d’Anne de Bueil ; elle était la sœur de Georges d’Amboise, cardinal et archevêque de Rouen; d’Emery d’Amboise, Grand-Maître de Rhodes ; de Jean d’Amboise, évêque de Langres ; de Louis d’Amboise, évêque d’Alby ; de Pierre d’Amboise, évêque de Poitiers et de Jacques d’Amboise, évêque de Clermont.

(1) Fille de Bernard, seigneur d’Apchier et veuve de Louis de Montlaur.

(2) Courcelles. — Guichenon : Histoire de Bresse et de Bugey.

(3) Les mêmes.

CHARLES DE SAINT-ETTENtNE DE LA TOUR

Marguerite de Balsac (1) fille de Roffec de Balsac, seigneur de Glisenove, de Bensac, de Saint-Amand, et de Jeanne d’Albon. Cette dernière était la descendante de Mathilde de Flandre (2). Roffec de Balsac était le fils de Jean de Balsac et d’Agnès de Chabannes. Il fut capitaine de cent hommes d’armes et de quatre mille archers, gouverneur du Pont-Saint-Esprit, sénéchal de Nîmes et de Beaucaire. Le 16 février 1453, il épousa Jeanne d’Albon (3) , fille d’Antoine d’Albon, seigneur de Châtillon, d’Oziergues, de Baignols, qui le rendit père de Marguerite, femme d’Etienne de Lespinasse. Marguerite de Balsac donna à son mari cinq enfants, parmi lesquels fut Antoine, baron de Lespinasse, qui épousa Catherine le Clerc, fille de Pierre le Clerc, chevalier, baron de la Forêt-le-Roy, seigneur de Saint-Sauveur-en-Puisaye, de Magny, de Charost, de Givry et de Chaumont, et de Claude Pisseleu ; elle était soeur de François le Clerc, chambellan du roi François Ier, et de Jean le Clerc, chancelier de France. En secondes noces, Catherine le Clerc épousa Nicolas de Boucé, seigneur de Poncenat, dont elle eut un fils qui porta le nom de Marc ou Emard et le titre de baron de Lespinasse. Il fut chevalier seigneur de Changy et de Maulevrier. En 1514, il était encore sous la tutelle du Dauphin d’Augerolles, chevalier, seigneur de Saint-Polgue, de la Roche-la-Mohère et de Montarboux. Le 15 mai 1539, il fit donation de ses terres à Anne de Pisseleu, duchesse d’Estampes, sa cousine. Il embrassa l’état ecclésiastique. Il fut abbé de Saint-Rigaud, et mourut avant le 8 mars 1557.

(1) Balsac, petite ville située en Auvergne, à deux lieues de Brioude. La maison de Balsac remonte à Odo, vivant en 814. Elle s’est alliée aux de Joyeuse, Mallet de Graville, de Clerm,ont, de Castelneau, de Rohan, Crévant d’Humières, Stuart, Bon de Meuillon.

(2) Mathilde de Flandre, fille de Beaudoin, comte de Lille et comte de Flandre, devint la femme de Guillaume le Conquérant, roi d’Angleterre ; elle eut Guillaume II qui succéda à son père. Elle épousa, en secondes noces, Guigues VII d’Albon, mais elle conserva son titre de reine.

(3) La famille d’Albon a pris son nom du château d’Albon, sis sur la rive

gauche du Rhône, à une lieue et demie au nord-est de Saint-Vallier, à quatre

lieues et demie au nord-ouest de Roanne, à onze lieues et quart à Best de Lyon. Elle remonte à Guigues vivant en 879. Guigues V le Vieux, premier comte de Grésivaudan, avait épousé Adélaïs de Suze, tante de Berthe de Suze, femme de l’empereur Henri IV. Son petit-fils, Guigues VII, épousa Mathilde de Flandre, en l’an 1088, et, en secondes noces, Agnès de Barcelone. Il eut Guigues VIII, qui s’allia à Marguerite de Bourgogne, et Mathilde d’Albon, qui devint la femme du comte Amée III de Savoie. De ces derniers naquirent Mathilde de Savoie,

femme de Alphonse-Henriguez, premier roi du Portugal, Alix de^ Savoie, épouse

de Humbert, comte de Beaujeu. Aymon, comte de Savoie, ancêtre de Jeanne Mottin, femme de Charles d’Aulnay de Charnizay, et, en secondes noces, de Charles de Saint-Etienne de La Tour, descendait de cette puissante famille.

Courcelles : Histoire généalogique et héraldique des Pairs de France. — M. Chérin : Histoire abrégée du Dauphiné, I, p. 185.

ET SON TEMPS

vin

Hugues, fils puîné de Jean de Lespinasse et de Blanche Dauphine fut seigneur du Mas et coseigneur de Lespinasse et de Langeac (1). Il en fit hommage à Béraud Dauphin en 1473. Il ne vivait plus en 1493.

Son fils, Jean de Lespinasse est rappelé dans le testament de Béraud Dauphin, son oncle. Il devint seigneur de Turny (2) , par son mariage contracté le 28 avril 1493 avec Anne de Saint-Etienne “ d’une ancienne noblesse de Champagne ”, écrit de Courcelles ; elle était fille de Pierre de Saint-Etienne, écuyer, seigneur de Turny. En faveur de ce mariage, Marguerite de Balsae fit à son neveu un don de quatre cents livres tournois. C’est ainsi que la famille de Saint-Etienne contracta une première alliance avec l’une des plus grandes familles du royaume de France.

En 1496, Jean de Lespinasse servait dans la compagnie d’ordonnance du chevalier de la Boche-Aymon, seigneur de Chabannes, gouverneur du Languedoc, en qualité d’hommes d’armes commis à la garde du château de Beaucaire (3).

De Jean de Lespinasse et d’Anne de Saint-Etienne sont nés Antoine et Pierre. Le premier fut coseigneur de Lespinasse et de Langeac, seigneur de Turny. Il fit ses premières armes dans la compagnie d’ordonnance de Charles de Bourbon, duc de Vendôme. En 1542, il servait dans la compagnie du sieur de Torcy, lieutenant-

(1) Langeac baronnie considérable et chef-lieu d’un petit pays nommé Langeadais, limitrophe du Gévaudan et de l’Auvergne. La seule ville de Langeac renfermait 412 feux. Elle a donné son nom à l’une des plus illustres maisons d’Auvergne, connue depuis Guillaume de Langeac, vivant en 1105. Par l’alliance de Jean de Lespinasse et de Blanche Dauphine, la maison de Lespinasse acquit des droits sur cette baronnie. Ces droits passèrent à Hugues de Lespinasse et à ses descendants.

(2) Turny, en Champagne, élection de Joigny, sis à une petite lieue de Saint-Florentin : 248 feux ; Courcelles : Hist. généalogique.

(3) Vers la même époque, on rencontre, à Beaucaire, Jean de Saint-Etienne, dont il sera question plus loin.

générai au gouvernement de Picardie. Il mourut, laissant de Jeanne de Chevillard de Montigny deux enfants que nous retrouvons plus loin (1).

Pierre de Lespinasse, frère d’Antoine, fut chevalier, coseigneur de Lespinasse, et grand fauconnier de Charles, fils du roi de France, duc d’Orléans. Dans une quittance signée de ce prince, “ il est qualifié son cher et bien âmé ”.

François de Lespinasse, fils d’Antoine, fut seigneur de Turny et en partie de Langeac. En 1553, il servait dans les armées du roi Henri II, sous la charge du duc de Guise. Il mourut le 15 janvier 1572. Marié à Hélionne de Boullengers, fille d’Edme de Boullengers, seigneur de Villeneuve-Buchain, et de Catherine de Carendeffez (2), il eut un fils appelé François, qui fut seigneur de Langeac. Au mois de novembre 1581, il était homme d’armes de la compagnie d’ordonnance de M. de Sautour. Il mourut en 1591, laissant de Gabrielle de Faillons, qu’il avait épousée, le 5 octobre 1576 (3), cinq enfants, parmi lesquels fut Jean, qui continua la lignée (4).

Jean de Lespinasse, écuyer, seigneur de Langeac, né le 15 avril 1579, épousa Marie de Clérins, écuyer, sieur de Beauregard, et de Jacqueline de Looze. Le 5 juin 1595, avec ses sœurs Louise et Charlotte, il vendit 68 “ cordes ” de terres. Il eut trois enfants: François, Jean et Jacques.

(1) Fille d’Etienne de Chevillard de Montigny et de Jeanne Le Fèvre. Les Chevillard portaient : “ D’azur, à la gerbe d’or.”

(2) Hélionue de Boullengers, en secondes noces, épousa, le 25 mars 1562, Hubert des Marets, écuyer, seigneur de Charry.

(3) Fille de Charles de Faillons, écuyer, et de Françoise de Vérac, en secondes noces, elle épousa Claude Robin de la Porte.

(4) François de Lespinasse et Gabrielle de Faillons eurent deux filles, Louise et Charlotte. La première fut mariée, le 8 avril 1595, à Nicolas du Monceau, fils de Georges, seigneur du Monceau, et de Jeanne du Verger de Saint-Cyr. Elle testa en 1637.

Charlotte épousa Antoine de Morant, écuyer, seigneur de la Traverse. Jean de Lespinasse, son frère, lui céda une partie de ses droits et Antoine de Morant, le 11 mars 1611, les transporta à Claude de Boullengers, seigneur de la Mothesous-Buchain.

ET SON TEMPS

François de Lespinasse, né le 16 août 1603, fut seigneur du Monceau et de Langeac, et officier du régiment de Chapelaines. Il épousa Marie du Monceau, fille de Georges du Monceau, écuyer, et de Catherine de Louvoys, en la paroisse de Soubsmaintrain (1). En secondes noces (2), le 16 juin 1658, il épousa Charlotte de Thierry, fille de Claude de Thierry et de Françoise de Paucollot. Il eut Edme- Joseph, né le 20 juillet 1664 ; il fut cadet gentilhomme dans le régiment de Brisack, en 1686, lieutenant au régiment du Plessis de Merinville, et capitaine en celui de Gesvre. Il était chevalier et mourut en 1740. Il épousa, le 27 janvier 1724, Marie de Saucières de Tenance, issue d’une maison alliée à celle d’Orléans, aux maisons de Prie, de Chastenay, de Luxe, de Royes, de Champignolles, Dampierre. Marie Saucières était fille de Edme de Saucières, baron de Tenance, et de dame Elisabeth Fauvelet du Tocq, petite-fille d’Anne de Choiseul-Traves, grand’tante du duc de Choiseul.

Jean de Lespinasse, fils de Jean et de Marie de Clérins, fut seigneur de Langeac. Il épousa, le 15 mai 1639, Radegonde Jacquemer ; elle lui donna quatre enfants (3).

Jacques de Lespinasse, coseigneur de Langeac, épousa Catherine de Mergy.

La descendance de Jean de Lespinasse et d’Anne de Saint- Etienne a fourni, durant plusieurs siècles, des officiers distingués.

(1) Il eut Louis-Armand, qui épousa Antoinette de Marguenat, fille de Philippe, seigneur de Saint-Parre, et d'Antoinette de la Chapelle de la Noue.

(2) Le contrat fut passé devant Davion au bailliage de Neuvy et Tronchey.

(3) Ce sont Jean, Louis-Armand, Marie-Thérèse, Françoise. Jean de Lespinasse fut coseigneur du Monceau. Il assista au ban de la noblesse. Il épousa, le 4 juin 1669, Cécile de Butor, fille de Daniel de Butor, chevalier, seigneur de Montigny, de Cours, de Serrigny, conseiller du roi, capitaine d’une compagnie de chevaux-légers, el d’Anne de Berbisy de la Houssaye.

Louis-Armand, seigneur de Langeac, coseigneur de Montfey, né en 1647, épousa Barbe de la Rue, veuve de Claude du Bourg, écuyer, seigneur de la Mothe, fille de Pierre de la Rue, écuyer seigneur de Montfey, et en partie de la Brosse, et de Marguerite Forget. . , „

Marie-Thérèse fut la femme d’Edme Moreau, ecuyer, seigneur de Cizelles et

de Montigny.

Françoise épousa

Georges le Pault, seigneur de Villemoiron et de Montbis.

Louis de Lespinasse était fils de Philibert de Lespinasse, surnommé Cormoran ; il fut chevalier des ordres du roi, seigneur de Lespinasse-les-Saint-Beauzire, en Auvergne, de la Charmée, d’Arbloy, et de Paray, en Bourgogne. Il épousa Jeanne Dauphine d’Auvergne. M. Lainé l’appelle Blanche Dauphine (1). Il eut deux fils : Etienne, qui devint le père de Jeanne de Lespinasse, femme de Claude de Saint-Etienne, dont nous parlons plus loin, et Jean, qui suit.

Jean de Lespinasse fut chevalier de l’ordre du roi, seigneur de Lespinasse, de la Charmée, d’Arbloy et autres fieux. Il épousa Jeanne de Fricambault. Des quatre enfants, issus de ce mariage, Poncet de Lespinasse nous intéresse particulièrement puisqu’il fut chargé des intérêts des enfants de Claude de Saint-Etienne. Il fut chevalier et, comme ses ancêtres, seigneur de Lespinasse, d’Esnon, de La Tour, de Bouy-le-Petit, de Bouy-le-Grand, de Bussy-en-Othe, de Brion, de Looze (2) , de Sailleney, de Migennes, et de Monthelon, en partie. Il eut ces terres par suite de la transaction passée le 22 octobre 1482, confirmée par arrêt du 28 janvier 1483, au sujet du partage fait entre lui et Jeanne de Lespinasse, sa cousine, femme de Bernard Baoulet, et, en secondes noces, de Claude de Saint-Etienne. Il rendit foi et hommage le 20 août 1485, à Antoine de Châlons, comte de Joigny. Il fut maître d’Hôtel du roi. Il porte cette qualification dans un ordre qu’il reçut, le 8 août 1493, des Maréchaux de France, pour faire la revue des gens de guerre sous la conduite du duc de Bourbon. Il mourut le 15 mai 1508. Il avait épousé, vers 1470, Marguerite, fille de Jean Crévant, che-

(1) Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, I, p. 17.

(2) En 1298, le fief de Looze appartenait à Gérard de Looze, chevalier, seigneur de Pons, d’Estay et de La Tour. Ce dernier iief était vraisemblablement situé à Romilly-sur-Seine. Gérard de Looze eut pour femme Marguerite de Châtillon. Une Blanche de Gamacbe, veuve de Jean de Châtillon, vendit le fief de La Tour à l’évêque de Troyes, Louis Raguier, et à son neveu, Dreux Raguier. Françoise Raguier, femme de Marc de Langeac-Lespinasse, hérita d’une partie de ce fief et de celui de Migennes. Ces deux fiefs entrèrent dans l’héritage de Poncet de Lespinasse et de Jeanne de Lespinasse, femme de Claude de Saint- Etienne. M. Louis Le Clert : De quelques fiefs ayant existé à Romilly : Annuaire de l’Aube, 1898, pp. 90 et suivantes.

ET SON TEMPS

valier , seigneur de Beauvais, de Berbery, de Louvières, de Danville, et de dame Brachat de Pérusse d’Escars. Cette dernière était la fille de Jacques Brachat de Pérusse d’Escars et de Marie de Sully, morte en 1449 (1).

Jacques de Crevant, beau-frère de Poucet de Lespinasse, fut marquis d’Humières, et l’auteur de la branche des ducs de ce nom. Il épousa, le 12 janvier 1484, Isabeau de Salignac, fille de Pons de Salignac, seigneur de Cinge, et de Françoise de Sully, dont la famille fut alliée aux comtes de Clermont, de Veauce, Dauphins d’Auvergne, de Balsac, d’Amboise, de la Trémoille. Nous savons, en effet, que Louise de Crévant d’Humières, fille de Jean, devint la femme de Guillaume de Balsac, dont la fille, Catherine de Balsac, épousa Edme Stuart, comte de Lennox, seigneur d’Aubigny, d’où sont issus les ducs de Lennox et les seigneurs d’Aubigny. Après la mort de son mari, Catherine de Balsac, sur l’invitation de son parent, le roi Jacques 1er d’Angleterre, envoya ses enfants à la Cour pour les y établir (2).

Poncet de Lespinasse eut deux filles de son union avec Marguerite d’Humières : Claude et Antoinette. La première épousa le chevalier Regnaud de Langeac, fils de Tristan de Langeac, chevalier, et d’Anne Allègre, issue de l’illustre famille de ce nom originaire de la province d’Auvergne, alliée aux de Vichy, d’Apchier, de Brachet, La Roche Châteauneuf, de Lévis, de Cousan, et à la maison de Bourbon (3).

Au contrat de mariage conclu entre Regnaud de Langeac et Claude de Lespinasse, il fut stipulé que le fils aîné porterait le nom de Langeac et les puînés celui des Lespinasse. Le fief Mercy relevant de Champlost, au bailliage de Saint-Florentin, était sous la dépendance des deux époux.

De cette union sont nés : François, qui fut seigneur de Langeac et bailli des montagnes d’Auvergne ; et Marc, qui continua

fl) P. Anselme : Histoire généalogique et chronologique, V. pp. 764, 767, et I, p. 2S0

(2) Charlotte de Crévant, fille de Jean de Crévant d’Humières et de Françoise de Contay, épousa François de Montmorency, seigneur de Rochepot, Bernon, de Châteauneuf, le 13 avril 1524. P. Anselme, II, p. 603.

(3) Marguerite d’Allègrc fut la femme de Pierre de Bourbon, baron de Busset ; Catherine d’Allègre épousa, en troisièmes noces, Charles de Bourbon, seigneur de Carency.

la lignée. Il fut seigneur d’Esnon ; il eut pour femme Françoise Raguier, fille de Dreux Raguier et de Martine Hennequin (1). Nous pensons que ce fut à la suite de cette alliance que le fief de La Tour, sis à Romilly-sur-Seine, passa à la famille de Lespinasse.

De l’union de Marc de Lespinasse et de Françoise Raguier naquit Jean de Lespinasse, baron de Langeac, seigneur d’Esnon et de La Tour. Le 25 février 1567, il épousa Marie de Chabannes dont les ancêtres furent alliés aux de Clermont, La Tour d’Auvergne et de Boulogne ; elle s’unit, en secondes noces, à Louis d’Amboise, comte d’Aubijoux.

Françoise, fille de Jean de Lespinasse et de Marie de Chabannes, appelée dame de Langeac, devint la femme de Jacques de la Rochefoucauld, seigneur de Chaumont-sur-Loire, de Brassac et de Langeac, fils d’Antoine de la Rochefoucauld et de Cécile de Montmirail et petit-fils d’Antoine de la Rochefoucauld et de Marie-

(1) La famille Raguier eut pour auteur Hémon, trésorier des guerres et argentier de la reine Isabeau de Bavière. De sa femme, Gillette de la Fontaine, il eut Louis Raguier qui fut évêque de Troyes. Par Guillemette de Vitry, sa seconde femme, veuve de Pierre Blanchet, il devint seigneur de Mesnil-les-Pars et de Romilly-sur-Seine. Dreux Raguier, son fils, fut seigneur de Thionville et de Romilly, de Migennes, baron de Poussey. Marié à Hilaire de Marie, fille de Armand, seigneur de Versigny, et de Mathurine Boucher, il eut Antoine Raguier, que nous trouvons plus loin. Jean, son frère, abbé de Saint-Jacques, en Provins, Jeanne dame de Thionville, femme de Robert Thiboult, seigneur de Bailly.

En secondes noces, Dreux Raguier épousa Martine, fille de Pierre 'Hennequin, seigneur de Matliaux, conseiller au trésor, et de Marguerite de Marie, sa parente. De ce mariage, il eut, entre autres enfants : François, seigneur de Migennes et de Mongeon. Il épousa Sidonie du Plessis, fille de Pierre, seigneur de Périgny. A sa mort, en 1558, sa veuve tenait la terre de Migennes (mouvante du comté de Joigny) et un quart de la terre de Romilly. Hilaire, fille de Dreux, mariée à François de la Roëre, seigneur de Chamoy, Sommeval, Vaucemain, Pommeroy, Chamblain ; Françoise Raguier, sa sœur, épousa Louis Romain, seigneur de Betz et Fontaine-Saint-Georges ; Louis se maria à Adrien La Rivière, seigneur de Champlemy.

Antoine, fils aîné de Dreux Raguier, baron de Poussey, seigneur de Thionville, de Migennes, de Romilly (La Tour), épousa Jeanne de Louvières, qui se remaria à Jean de Toulongeon. Il eut Jacques et Hilaire. Celle-ci, dite dame de Champlost et de Linant, fut mariée à Antoine de Piedefer ; en secondes noces à Jean de La Boissière, seigneur de Montigny. Jacques l’ainé, baron de Poussey et seigneur de Romilly ou fief La Tour, épousa Charlotte, fille de Guy de Longuejoue et d’Antoinette de Montmirail. Il eut Charles, marié en 1565 à Jeanne Dauvet, fille de Jean, seigneur Desmarais et de Jeanne de Longuejoue ; Edmée femme de Guillaume Dauvet, seigneur d’Ereinnes, conseiller au Parlement ; Marie, épouse de François du Monceau. En 1579, Guy et Jean du Monceau fournissent aveu et dénombrement pour la moitié du fief de La Tour.

ET SON TEMPS

Antoinette d’Amboise (1). Courcelles nous apprend que le roi Henri III “ fhonorait de son amitié et qu’il favorisa ce mariage de tout son pouvoir

Antoinette, fille de Poncet de Lespinasse eut une descendance non moins célèbre. Elle s’allia à Julien de Langeac, seigneur de Cusset ; en secondes noces, à Antoine de Montagu, seigneur de la Tour-Menessier, de Vindey et de la Couture ; en troisième noces, à Jean de Torcy, chevalier, seigneur de Descends, de Launay. Ils eurent Gabriel de Torcy qui, le 19 décembre 1546 (2), épousa Jeanne, fille de Jean de Béthune et d’Anne de Melun. Celle-ci était la fille de Hugues de Melun, vicomte de Gand, chevalier de la Toison d’or, et de Jeanne de Hornes.

Le petit-fils de Poncet de Lespinasse, apparenté aux de Saint- Etienne, entrait ainsi dans une maison (3) qui a contracté des alliances avec la plupart des maisons souveraines de l’Europe, notamment la maison royale de France, les empereurs d’Allemagne et de Constantinople, les rois de Jérusalem, d’Ecosse, d’Angleterre, de Castille, de Léon, les comtes de Flandre, de Hainaut,

(1) Marie-Antoinette d’Amboise, femme d’Antoine de la Rochefoucault, gouverneur de Pau, hérita des seigneuries de Chaumont, de Meillan, de Charenton, de Preuilly, après la mort du cardinal et de Catherine d’Amboise, sa tante. En troisièmes noces, elle épousa Louis de Luxembourg, comte de Roucy. Catherine d’Amboise, sa soeur, s’allia à François de la Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne, né le 5 juillet 1467. En faveur de ce mariage, Antoine de la Tour de Turenne et sa femme, Antoinette de Pons, donnèrent à leur fils, le vicomté de Turenne et la baronnie d’Oliergues. En secondes noces, il épousa Anne de la Tour de Boulogne, dame de Montgascon, veuve de Charles de Bourbon, comte de Roussillon. Celle-ci était alors veuve de Jean de Montmorency, et fille de Godefroy de la Tour de Boulogne et d’Antoinette de Polignac. Christophe Justel : Histoire de la maison d’Auvergne, p. 127.

(2) André du Chesne : Histoire généalogique de la maison de Béthune.

(3) La maison de Béthune tire son nom de la ville et de la seigneurie de Béthune. La seigneurie de Carency qui a donné son nom à une branche cadette est située dans l’Artois. On retrace la généalogie de cette maison, depuis l’an 970, avec Robert, seigneur de Béthune, de Richebourg et de Carency. A la cinquième génération se rencontre Guillaume de Béthune, marié à Clémence d’Oisy, petite-fille de Aue de Hainaut, sœur de Beaudoin, empereur de Constantinople. Robert de Béthune, son fils, marié à Adélaïde, petite-fille du comte de Saint-Pol, eut Beaudoin ou Etienne, comte d’Aumale, qui devint l’auteur de la branche d’Ecosse, connue sous les noms de Béton, de Balfour et de Creich. Elle a donné un régent à ce royaume, s’est alliée à la maison royale du pays, et à la famille royale d’Angleterre. A cette branche appartenait Jacques de Béthune, archevêque de Glasgow, qui vint à Paris en qualité d’ambassadeur de Marie Stuart et qui mourut en 1603, à quatre-vingt-dix ans ; Jean, son frère fut évêque de Cambrai ; Conon prit le titre de roi d’Andrinople. Robert de Béthune, IVe baron de Creich, suivit en France Marie Stuart qui, par son mariage avec François II, devint reine de France. Etant retournée en Ecosse, en 1661, Robert de Béthune qui l’avait toujours servie, l’accompagna. Il fut Maître d’Hôtel de son palais de Falhlan et Sénéchal de la province de Fife. Sa femme, Jeanne de Rainville, lui donna une fille, Marie, qui fut du nombre des quatre Marie, filles d’honneur de Marie Stuart. André du Chesne : Histoire de la maison de Béthune IV, p. 503.

les archiducs d’Autriche, les ducs de Lorraine, les maisons de Courtenay, de Châtillon, de Montmorency, de Hornes, de Melun, d’Ailly, d’Allègre, de Barbançon, de Beauvilliers, de Bourbourg, de Gaumont, de Choiseul, de Coucy, de Créquy, de Dampierre, de Dauvet, de Durford, d’Estouteville, d’Isore, de Lévis, de Luxembourg ; par celle de Melun, la puissante maison de Béthune “ est alliée à dix princes du sang royal de France et à presque tous les souverains de l’Europe. Elle a donné un chef à la quatrième Croisade, régent de l’Empire latin, souverain d’Andrinople. Son fils se qualifia roi. Elle fournit encore un régent au royaume d’Ecosse, un maréchal de France, des ambassadeurs, un cardinal”. Jeanne de Béthune, femme de Gabriel de Torcy, était la petite-fille du célèbre chevalier Alpin de Béthune, seigneur de Mareuil, de Toulon, de Châtillon, de Bomantières, de Champeaubert, qui rendit des services signalés à l’Etat pendant les guerres contre l’Empereur Charles-Quint, comme le témoigne dans ses lettres Charles, duc de Vendôme, IVe aïeul de Louis XV, qui le qualifie “ son cousin ”, comme il l’était par la maison de Luxembourg, Jeanne de Béthune ayant épousé Jean de Luxembourg. Alpin servit encore la roi François Ier dans les guerres contre l’Espagne, sous Charles de Bourbon, comte de Vendôme, et il mourut avant le 16 septembre 1646 (1).

Les de Béthune furent intimement liés aux Stuart, de Balsac et de Lespinasse. Ce fut un de Béthune qui négocia le mariage de Marie Stuart avec François II, roi de France. Isabelle de

(1) Alpin de Béthune était fils de Jean de Béthune, chevalier, seigneur de Mareuil, et de Jeanne d’Anglure, fille de Simon d’Anglure, conseiller, chambellan, de René d’Anjou, roi de Sicile et de Jérusalem, et de Jeanne de Neufchatel. Marguerite, sœur d’Alpin, épousa, en 1510, Jean de la Tour, au Limousin. Alpin de Béthune, le 25 juin 1509, contracta mariage avec Jeanne des Ursins. Son fils, Jean, marié à Anne de Melun, fut dépouillé de ses biens. Cette dernière était la troisième fille de Hugues, vicomte de Gand, chevalier de la Toison d’or, et de Jeanne de viornes. De ce mariage naquirent Marie de Béthune qui épousa Jean Raguier, seigneur d’Esternay et de Lamothe, écuyer tranchant du roi fils de Louis Raguier et de Charlotte de Dinteville ; Jeanne de Béthune devint la femme de Gabriel de Torcy ; François de Béthune, chevalier, baron de Rosny, suivit le parti de Louis de Bourbon, prince de Condé. Il fut fait prisonnier à la bataille de Jarnac et mourut en 1575. Il avait épousé, le 13 janvier 1557, Charlotte Dauvet, fille de Robert Dauvet, président de la Chambre des Comptes, et d’Anne Briçonnet, nièce du cardinal de ce nom, archevêque de Narbonne. Les Dauvet étaient alliés aux de Raguier. Jacqueline de Béthune fille de François, épousa, en 1584, Hélie de Gontaut, fils d’Armand et de Jeanne de Foix ; Philippe de Béthune fut l’auteur des comtes de Selles. Il fut gouverneur de Rennes, conseiller et gouverneur de la personne de Gaston duc d’Orléans Il fut ambassadeur auprès de Jacques VI, roi d’Ecosse. Il mourut en son château de Selles eu Berry, en 1649, à 88 ans. Il se maria à Catherine le Bouteiller de Senlis, fille de Philippe, seigneur de Mony ; en secondes noces à Marie d’Allègre

ET SON TEMPS

Béthune devint la femme de Robert d’Anstrude, gentilhomme de la Garde Ecossaise du roi. Leur fds, Robert de Béthune, s’allia à Claude de Mussy, tille de Nicolas de Mussy, seigneur de l’Islesur-Seine. dont une autre tille, Collette de Mussy, épousa Jean Stuart, en 1540. Ce dernier fut seigneur de Vézines, au comté de Tonnerre, et lieutenant de la compagnie des gentilshommes des Gardes Ecossaises que commandait Robert Stuart, seigneur d’Aubigny, maréchal de France. Il eut deux fds : Robert et David. Le premier, seigneur de Rosney et du Tronchey, au comté de Tonnerre, en Bourgogne, s’allia à Jeanne de Cléry, veuve d’Edme de Gutteri, seigneur du Tronchey. David d’Anstrude, capitaine, épousa Eléonore de l’Escluse, fille du seigneur Edme de l’Escluse et de Charlotte de Lantages. De cette famille descendait Jean de Béthune qui épousa, en 1340, Catherine Stuart, fille de Milord Innermoth, princesse de sang royal. De ce mariage vint un Jean de Béthune, second baron de Balfour, marié à N. . . Stuart, fille du Baron Rosyth, princesse de sang royal. Archibald de Béthune st vit honoré par Murdoch, duc d’Albany, gouverneur d’Ecosse, cousin du roi Jacques Ier, par une charte intitulée: “ Dilecto nostro consanguineo Archibaldo de Bethune — parce qu’allié à la maison royale par sa grand’mère et sa mère. . .” Il eut Jean de Béthune, Vie baron de Balfour, qui épousa Catherine Sterling, fille du baron Ileir (1), et son fils, Jean, devint l’époux de Christine Stuart, fille du Baron de Rosyth, princesse de sang royal. Archibald de Béthune, seigneur d’Aubigny, s’allia à Catherine de Balsac dont la mère fut Louise de Crévant d’Humières. C’est dans cette dernière famille que Poncet de Lespinasse, cousin de Claude de Saint- Etienne et de Jeanne de Lespinasse, avait choisi son épouse, Marguerite de Crévant d’Humières. On voit, dès lors, quelles furent les relations qui existèrent entre ces familles, les de Lespinasse et les Saint-Etienne qui, vers le milieu du XVe siècle héritèrent des seigneuries de Turgy, de Lignières, comme aussi des fiefs de l’Isle-sur-Seine et du Tronchey qui avaient appartenu aux Stuart.

(1) C’est de cette famille que descendait Sir Guillaume Alexandre, qui joua un rôle important en Acadie. Il fut créé comte de Sterling.

Etienne de Lespinasse (1), fils de Louis de Lespinasse et de Jeanne Dauphine d’Auvergne, chevalier de l’ordre du roi, fut écuyer de “Monseigneur le Dauphin de France ayant la charge des gens d’armes sous le roi Charles Vil Le 4 juillet 1447, il donne une quittance de la somme de douze cents livres tournois pour les appointements de sa compagnie qu’il s’engage à conduire de Lorraine en Guyenne. Il fit, avec la plus grande distinction, toutes les campagnes dans l’armée du comte de Foix. Il mourut avant 1472. Il avait épousé Jeanne de la Brosse, issue d’une des grandes familles de France. Elle se remaria à Jean d’Audenave.

Etienne de Lespinasse, lors de ses campagnes militaires, ayant remarqué les domaines arrosés par les rivières d’Yonne et d’Armançon, en acheta une partie de Marie de Garchisy, femme de Simon de Corbon. Dès 1447, il était seigneur de La Tour (2), d'Esnon (3), de Bouy-le-Grand (4), de Bouy-le-Petit (5), de Bussyen-Othe (6), de Brion (7), de Looze (8), de Saillenay (9), de Migennes (10), de Monthelon (11), de Bligny (12), de Paray (13), d’Arbloy (14), et de Beauregard (15).

Etienne de Lespinasse laissa une fille, Jeanne de Lespinasse, dame d’Esnon et de La Tour. Vers 1470, elle épousa Bernard Raoulet ; elle eut quatre enfants : Emoin, Antoine, Jean, Claudine. Etant devenue veuve, elle conserva l’administration de ses

(1) Lespinasse situé à une lieue et demie de Courtepierre comprenait 113 feux avec le hameau d’Aubusson.

(2) La Tour, probablement le fief de ce nom situé près de Romilly-sur- Seine, aux environs de Troyes.

(3) Esnon, 93 feux, sur la rive droite de l’Armançon, sis à une demi-lieue de Brinon. Le château qui fut rebâti après les guerres est aujourd’hui la propriété de M. Grand d’Esnon.

(4) Bouy-le-Grand sur le Vesle, à cinq lieues de Reims : 91 feux.

(5) Bouy-le-Petit, à deux lieues au nord-est de Troyes : 54 feux.

(6) Bussy-en-Othe à une lieue et demie est-nord-est de Joigny : 199 feux.

(7) Brion à une lieue à l’est de Joigny : 146 feux.

(8j De Looze à trois-quarts de lieue de Joigny.

(9) De Saillenay.

(10) De Migennes à une lieue et demie de Joigny : 90 feux.

(11) De Monthelon à une lieue à l’ouest d’Autun : 57 feux.

(12) Bligny à une lieue et un quart de Joigny.

(13) Paray à deux lieues nord-est de Joigny.

(14) Arbloy. . . , , . .

(15) De Beauregard, châtellenie de la principauté de Dombes, sise sur la rive gauche de la Saône, à une lieue et demie de Trévoux.

ET SON TEMPS

domaines : Arbloy, Monthelon, la Bruyère, Bellefontaine, Brion, Esnon et La Tour. Arnaulton de Lespinasse (1) eut la tutelle des enfants mineurs.

En secondes noces, Jeanne de Lespinasse, dame d’Esnon, épousa Claude de Saint-Etienne, seigneur de Turny, de Terray et de Dannemoine. Le 5 juillet 1479, ce dernier rendit la foy et hommage à Jean Raulin, comte de Joigny, pour la baronnie d Esnon . Il est dit seigneur d’Esnon à cause de demoiselle Jeanne de Lespinasse, sa femme, auparavant femme de Bernard Raoulet, écuyer, dame d’Esnon, Monthelon, Looze et de Brion (2).”

D après une enquête dont on trouve les procès-verbaux au château d’Esnon, Claude de Saint-Etienne est déclaré seigneur d’Esnon. Il succéda à Bernard Raoulet (Roulet) (3). Un témoin dépose qu’Aymé ou Emé de Guerchy, Simon de Corbon, Etienne de Lespinasse, ont été successivement seigneurs d’Esnon avant 1489 (4).

(1) Arnaulton de Lespinasse, fis naturel de Jean de Lespinasse, et cousin de Jeanne de Lespinasse, fut seigneur de Brion et Gruyer du comté de Joigny. Il épousa Nicole Portier et mourut avant le 20 octobre 1518. Son fils, Jean de Lespinasse, épousa Marguerite Malhortie qui lui donna Claude, Gabrielle, Françoise, Edmée. Claude fut seigneur en partie de Brion. Il eut Catherine et Hector; Catherine devint la femme de Jean du Freschay ; Hector épousa Anne de Brion. Il en eut Jacques, qui épousa Esther, fille de Jacques de Briquemault, chevalier, seigneur de Dannemarie et de Milleron, maréchal des camps et armées du roi, chambellan de Sa Majesté, et de Françoise de Langeac de Lespinasse ; Barbe fut la femme de François d’Avaugardre, écuyer, seigneur de Bréviandes, fils de Nicolas d’Avaugardre, seigneur d’Orsinges, gentilhomme de la vennerie du roi, et de Catherine de la Coste. Gabrielle, fille d’Arnaulton de Lespinasse, épousa Gui de Lespinasse, son cousin, et Françoise, sa sœur, épousa Louis-François de Lespinasse ; Edmée s’allia à Jean Davier.

(2) Turny en Champagne, élection de Joigny, à une petite lieue de Saint- Florentin : 248 feux.

(3) Archives du Château d’Esnon : faveur de M. le comte Grand d’Esnon.

(4) La baronnie d’Esnon était mouvante du comté de Joigny, elle comptait autrefois 22 fiefs et arrière-fiefs : Vorsigny, Prémartin, Bussy-en-Othe, le fief de Looze, le fief de Brion, le fief de Montelon, les grand et petit Bouy, ceux de Paray, Bellechaume, Bligny, Saint-Sidoine, Mailly, Luxon, la Bupelle, de Leschères, LaMothe, sis à Migennes.

Outre les de Saint-Etienne qui furent seigneurs d’Esnon, nous connaissons les personnages dont les noms suivent : Bochard, seigneur de Seignelay, Hervé d’Esnon, Guy d’Esnon, Anne de Garchy, Guillaume, sire d’Esnon, Simon de Garchy, Etienne de Lespinasse, Marc de Lespinasse, Régnault de Langeac, Marc de Langeac, marié à Françoise Raguier, François de Langeac, époux de Catherine de Polignac, Marie de Chabannes, veuve de Jean de Langeac, remariée à Louis d’Amboise, comte d’Aubijoux, Jacques de la Rochefoucauld, seigneur de Chaumont. Par son épouse, Françoise de Langeac, fille et héritière de Jean de Langeac, et Jacques de la Rochefoucauld, en 1601, jouissaient d’une partie de la seigneurie d’Esnon. Coïncidence étrange, les frères de la Rochefoucauld vendirent leurs droits à Pierre de Villegagnon, descendant du célèbre Nicolas Durand de Villegagnon, dont parle Lescarbot dans son Histoire de la Nouvelle-France qui a laissé un nom célèbre parmi les premiers explorateurs de l’Amérique. Un siècle plus tard

Le 22 octobre 1482, il y eut partage des domaines laissés par Etienne de Lespinasse entre les enfants des deux lits. Ce partage fut confirmé par un arrêt du 28 janvier 1483. Poncet de Lespinasse et Arnaulton de Lespinasse furent nommés tuteurs et curateurs au nom des héritiers. Les enfants du premier lit eurent Arbloy, Monthelon, Bellefontaine, la Bruyère. Poncet de Lespinasse eut les fiefs de La Tour, de Migennes, de Bouy-le-Grand, de Bouy-le-Petit, Bussy-en-Othe, Brion, Looze, Saillenay (1).

Claude de Saint-Etienne et Jeanne de Lespinasse étant décédés, leurs terres furent divisées entre leurs enfants et leurs cousins Poncet et Arnaulton de Lespinasse. Ce fut la cause de plusieurs procès. On sait que le fief de Mercy ou de Mailly dépendait de la baronnie d’Esnon. Arnaulton l’acheta du sieur d’Averly et Claude de Saint-Etienne lui fit don des droits de quint, par acte en date du 14 août 1480. A la mort de ce dernier, Esnon passa à Regnaud de Langeac, à cause de son épouse Claude de .Lespinasse et Arnaulton voulut porter la foi et hommage au château. Poncet de Lespinasse, le 1 juin 1501, fit saisir “ le fief de Mailly, ses appartenances et dépendances, situés tant aux lieux de Luxon, Saint- Sidoine, Espineau ” mais il s’engageait à rembourser à Arnaul¬

ton le prix de son acquisition. Celui-ci ne voulut pas se laisser dépouiller de son domaine. Un long procès s’ensuivit. Poncet de Lespinasse mourut sans en voir la fin. Regnaud de Langeac et Claude de Lespinasse, son épouse, en continuèrent la poursuite. Cependant Arnaulton obtint une sentence royale lui permettant de faire enregistrer ses contrats pour se garantir contre toute réclamation. Il alla plus loin : il refusa de reconnaître la juridiction du tribunal de Troyes ; il prétendit que son domaine relevait de celui de Joigny. Le jugement fut contre lui. A sa mort, Nicole Portière, sa veuve, poursuivit la cause au nom de son fils Jean de Lespinasse. Elle fit comparaître le comte de Joigny, Marguerite de Saint-Etienne, veuve de Jean de Saint-Julien, Antoine de Laines, et Briet Milon, tuteurs et curateurs de Jean et d’Antoine de Saint-Etienne, enfants mineurs de Claude de Saint-

deux descendants des seigneurs d’Esnon, Claude et Charles de Saint-Etienne devaient également travailler à la colonisation des terres de la Nouvelle-France.

Bulletin de la Société des Sciences naturelles de l’Yonne, année 1902, 56e vol. p. 22. M. Charles Dubois : Notice sur le village d’Esnon.

(1) Bibliothèque Nationale, P. O., Vol. 1696 : Dossiers 39,510 : Lespinasse, No. 129, et Dossiers 32,112, p. 144.

ET SON TEMPS

Etienne et de Jeanne de Lespinasse. Il fut déclaré qu’Arnaulton de Lespinasse “ après avoir acquis le fief de Mailly, en fit la foi et hommage, et paya les droits à feu Claude de Saint-Etienne, seigneur d’Esnon

Le 20 février 1518, le jugement donna gain de cause aux héritiers de Arnaulton de Lespinasse et Regnaud de Langeac fut débouté de sa prétention (1). “En 1481, noble Guyon des Chesnays ou Deschenêts, conseiller du roi, seigneur de Longueron, donne une reconnaissance à noble Claude de Saint-Etienne, seigneur de Turgy, de Dannemoine, de Lignières, et à demoiselle Jeanne de Lespinasse, sa femme, pour la faculté de rachat d’une rente de cinquante livres qu’ils lui doivent (2).”

Au mois de juillet 1192, Claude de Saint-Etienne échangea les fiefs de Racines, d’Auxon et de Chamblain, contre une partie de la seigneurie de Lignières, possédée alors par Philippe de Rourbon, sieur de Montperroux, son parent (3).

En 1558, Anne de Montmorency, pair et connétable de France, seigneur de Torcy-Beton, possédait une partie de la seigneurie de Lignières, dont les Saint-Etienne furent les seigneurs.

Claude de Saint-Etienne (4) laissa cinq enfants de son union avec Jeanne de Lespinasse. Ce sont :

Marguerite, qui épousa Jean de Saint-Julien, Antoine, Artus, Claude et Jean. Antoine paraît être décédé en bas âge.

Artus de Saint-Etienne succéda à son père Claude de Saint- Etienne ; il fut seigneur de Turgy et de Lignières. Il épousa Marie de Fontaines, dame de la Brosse, fille de messire Claude de Fontaines, écuyer, seigneur de la Brosse et de Montfey, et de Renée de Brouillard, dame de Saint-Cyr, en Auxerrois, des Granges et de Chemilly, en Chabliois.

Une de ses sœurs, Edmée de Fontaines, dame de la Brosse et de Sennevoy, en Champagne, et de Pondrois, en Valois, se maria

(1) Bibliothèque Nationale, Vol. 1696 : Dossier 39,510 : Lespinasse, No.

129 et 32,112, p. 114. , T „ , . . . .

(2) Archives de l’Yonne, E. 378, minutes de Jean Masles, notaire a Auxerre.

(3) Bibliothèque Nationale, Cabinet d’Ilozier, 131, Dossier 3372 : Mémoire pour servir à la généalogie de MM. de Sainct-Etienne.

(4) Parmi les seigneurs de Turgy, apparentes aux Samt-btienne, il y eut Jean de Lantages, marié à Jeanne de Foligny. Leur fils Guillaume de Lantages, seigneur de Foligny, de Ricey et d’Avire-le-Bois, le 28 janvier l lo6, épousa Charlotte de Chandonnet, fille de Jean de Chandonnet, seigneur de turgy, et de Jeanne de Garchy ou Guerchy. Bibliothèque Nationale, fr. no. 32,291, Caumartin : Nobiliaire de Champagne, II, p. 245.

par contrat passé devant Séguier et Thomas Langrogne, en la prévôté d’Ervy, le 8 juin 1550, à Philibert de Damas, sieur de Morande et de Courcelles, écuyer de la duchesse douairière de Guise, et plus tard pannetier de la reine d’Ecosse, Marie Stuart, douairière de France (1).

Edmée de Fontaines eut en dot cent livres tournois de rente affectée sur la châtellenie de Saint-Cyr et une autre somme de cinq cents livres tournois (2).

Au mois de janvier 1517, Artus de Saint-Etienne et sa femme vendent à Jean d’Ancienneville, chevalier, et à Madeleine de Laigne, sa femme, une partie de la seigneurie de Vanlay.

Du mariage d’ Artus de Saint-Etienne et de Marie de Fontaines, nous connaissons Madeleine, Gilles, Antoine et Jean. Madeleine devint la femme de Jean d’ Avarie, et Gilles de Saint-Etienne épousa Gabriel de Verduisant.

Antoine de Saint-Etienne, en 1558, fut seigneur de Turgy, de Lignières, et archer dans la compagnie du seigneur d’Eschenay ou Deschenêts, dans l’armée du duc de Guise. On doit remarquer que les seigneuries de Turgy, de Lignières et de la Loge-Pontblin appartiennent à Antoine et à Jean de Saint-Etienne. Tous deux sont également désignés comme hommes d’armes du duc de Guise. Les Saint-Etienne comptent encore, parmi leurs alliés, dans les mêmes troupes, Jean d’ Avarie ou d’Accarie et Gabriel de Verduisant, leurs beaux-frères.

(1) Philibert de Damas était fils de Pierre Damas, écuyer, sieur de Morande et de Courcelles-sous-Grignon, et de Marguerite de Crécy. Il obtint du roi Henri II, le 27 mars 1551 et le 11 avril 1554, des lettres qui l’exemptaient de servir au ban et à l’arrière-ban. De son mariage avec Edmée de Fontaines, il eut un fils, Gabriel, qui épousa, le 6 août 1580, Jacqueline de Bouvot. Les Damas portaient: “ D’argent, à une hie de sable à l’orle de six roses de gueules.” Maisons des Rois et Reines de France, ms.. Vol. V., fol. 2865 et folio 2868, Chevaliers du Saint-Esprit, Vol. LXIX, fol. 2987 ; cité par Courcelles, II.

(2) Le 10 septembre 1566, Euchariste de la Brosse, fille de Jacques de la Brosse, seigneur de la Brosse-Morlet, chevalier de l’ordre du roi, son Pannetier, capitaine de cinquante hommes d’armes, son ambassadeur et son Vice-Roy, en Ecosse, et de Françoise de Moussy-le-Contour de Puv-Baillard, se maria à Jean Bourbon, seigneur de la Mothe-Feuilly, du Montet et du Fay. Il était fils de Philippe de Bourbon, chevalier, baron de Busset et de Louise de Borgia, duchesse de Valentinois. Moreri dit que Jacques de la Brosse, chevalier de l’ordre de Saint-Michel, fut placé auprès de la personne du roi François II, après s’être signalé par sa valeur. Il était fort estimé de la maison de Guise. Il conduisit en Ecosse deux mille hommes au secours de la Reine, nièce des ducs de Guise. Il soutint vigoureusement, à l’âge de 75 ans, le siège que les Ecossais, révoltés, mirent devant Leith. Il fut tué à la bataille de Dreux avec son fils en 1562. Brantôme : Eloge des hommes illustres. Le Laboureur. Addit. à Castelnau, II. Bayle dict. critique.

ET SON TEMPS

En 1558, le commissaire établi en la seigneurie de la Loge- P ontblin est François de Laistre (1), tandis qu’Edme de Laistre est également arclier dans la compagnie du duc de Guise et commissaire pour la terre de Cussangy, près de Turgy (2) .

Le partage des bois de Lignières entre Artus de Saint-Etienne et Jean, son frère, eut lieu à Ervy, au mois de mai 1524. Au même endroit, au mois de septembre 1536, les terre et seigneurie de Lignières furent divisées entre Artus de Saint-Etienne, Jean, son frère, et Jean Strans, marié à demoiselle Claude Lamy, fille de Guillaume Lamy, seigneur de Lignières.

Artus fit encore plusieurs acquisitions et échanges de terres ; il rendit aveu et dénombrement au sieur de Montmorency, seigneur de Bernon, en son nom et celui de Jean, son frère.

Au mois de septembre 1549, Marie de Fontaines (3), dame de la Brosse, sa veuve, convola en secondes noces avec Jean de Lantages, (4) et, avec lui, donna dénombrement de ses terres au seigneur François de Montmorency, seigneur de Rochepot, de Bernon et de Châteauneuf, marié à Charlotte de Crévant d’Humières.

Artus laissa à sa veuve quatre enfants, dont deux fils: Antoine et Jean de Saint-Etienne. Le premier fut seigneur de Lignières et le second le fut de Turgy.

(1) François de Laistre, en 1585, était commissaire établi en la terre et seigneurie de la Loge-Pontblin, appartenant à Claude et à Jean de Saint-Etienne, hommes d’armes de la compagnie de M. le duc de Guise ; Jean d’Avary, demoiselle Madeleine de Saint-Etienne, sa femme, François de Fautrey, baron de Gland, archer d’icelle compagnie mouvante en fief des srs de Villebertin et de Saint- Phal. Mém. Société Académique du Départ, de l’Aube, année 1890, p. 260.

(2) Archives du département de l’Aube, 17, E. 30 : Annuaire de l’Aube, 1892, p. 78, par M. Louis Le Clert.

(3) Dans le rôle du ban et de l’arrière-ban du bailliage de Troyes on lit : “En 1558, Damoiselle Renée de Brouillard, veuve de Claude de Fontaines, vivant écuyer, ayant la garde-noble de ses enfants pour la moitié de la seigneurie de Montfey, la Brosse, la moitié du fief des Vallerons, mouvant de la châtellenie d’Ervy, pour portion de la seigneurie de Coursan, mouvante de la vicomté de Saint-Florentin, et pour autres portions ès-seigneuries de Sormery-en-Othe et de Jaulges, mouvante comme dessus, valant 80 livres.

(4) Jean de Lantages, noble seigneur de Belan, Vitry, Etourvy et Villiersle-Bois, l’un des cent gentilshommes de la maison du roy, pour les terres et seigneuries d’Etourvy et Villiers-le-Bois, mouvantes en fief du duc de Nivernais, à cause de son chastel de Chaource, valant 200 livres, est exempté de faire le service personnellement. Bibliothèque Nationale, Fonds frs, no 21, 540. M. Ch. Soccard : Rôle du Ban et Arrière-Ban du Bailliage de Troyes, en 1558. Mémoire de la Société Académique du département de l’Aube, année 1890, p. 275.

En 1568, Antoine de Saint-Etienne (1) épousa demoiselle Marguerite, tille d’Antoine de Ménisson (2), d’une noble famille de Champagne. Il eut : cinq garçons et deux filles. Ce sont : Mdïse, Daniel, Joachim, Claude et Jean, Marie et Gabrielle.

Moïse de Saint-Etienne, fils aîné, épousa, en 1597, Jeanne de Verneuil, issue d’une des plus nobles et des plus anciennes familles du Partois. Il fut seigneur de Dosches et aide de camp de la cavalerie légère au voyage de Juilliers (3).

Le 9 juillet 1616, Moïse de Saint-Etienne, gendarme de la compagnie de la reine, mère du roi, et demeurant à Dosches, constitue son procureur Antoine Le Gendre, bourgeois, de Paris, pour comparaître en la montre de la dite compagnie (4).

Le 6 mars 1626, noble Moïse de Saint-Etienne, seigneur de Dosches, est parrain de Marguerite-Jacqueline, tille de messire Antoine de Cerre ou Serre et de demoiselle Gabrielle de Saint- Etienne ; la marraine, dame Jacqueline de Chaumont, est la femme de messire Edme de Saint-Etienne, seigneur de Sacey et de Turgy (5).

Daniel de Saint-Etienne, troisième fils d’Antoine, fut coseigneur de Dosches. Il épousa demoiselle Jacqueline de Brouillard, sœur de messire Jacques de Brouillard, gentilhomme de la Chambre du roi, baron de Coursan, l’une des premières châtellenies de Champagne. Il fut, en sa qualité de seigneur, député de la noblesse de cette province aux Etats généraux au palais royal de Troyes avec M. Moïse de Dosches (SainLEtienne), son frère aîné (6).

(1) Ecuyer, seigneur de Lignières et de Turgy, en partie, archer de la Compagnie du sieur Deschenets est exempté du service personnel. Mém. de la Soc. Acadé. du dép. de l’Aube, année 1890, p. 277.

(2) Maitre des Eaux et Forêts de France, Champagne, Brie et Vermandois, fils et héritier de Christophe de Ménisson, pour un fief assis à Souleaux, mouvant du fief du Sr de Villehertin, pour une partie de la seigneurie de Saint-Aventin, pour la mouvance de laquelle il y a procès entre les siens d’Isles et de Clérey. En 1558, il était curateur et tuteur avec demoiselle Claude Bizet et Etiennette Drouot, des enfants mineurs de Christophe de Ménisson : Oudart, Christophe et Perrette de Ménisson, pour la seigneurie des Forges, pour deux fiefs à Courtavent, un fief à la Cour de Merdelles et la troisième partie de Fresnay. Le même, pp. 260, 270.

(3) Ville et duché d’Allemagne. En 1423, ce duché revint à Adolphe, comte de Berg. Les ducs de Berg et de Clèves l’ont possédé successivement.

(4) Bibliothèque Nationale, Pièces originales, no. 2749.

(5) Registre de catholicité de Sacey.

(6) Henriette de Saint-Etienne, qui fut seigneuresse de Dosches, devait appartenir à cette famille. Elle était la femme de Edme de la Barre, écuyer, seigneur de Gévigny. Le 27 novembre 1649, leur fils, Claude de la Barre, prit le titre de seigneur de Dosches, à son contrat de mariage conclu avec demoiselle Anne, fille de Jacques de Foucher, écuyer, seigneur de Chaumasson et de Servi, et de Delle Jeanne de Culon. Bibliothèque Nationale : Carr. d’Hozier, 61, folio 330.

ET SON TEMPS

Messire Joachim de Saint-Etienne fut prieur de Dosches et de Rosson. Il exerça le ministère durant plusieurs années. Il fut parrain à Dosches le 2 octobre 1632, le 26 juin 1635 et le 5 août 1637.

Claude de Saint-Etienne, fils d’Antoine de Saint-Etienne et de Marguerite de Ménisson (1), fut baptisé le 11 janvier 1579, ainsi qu’en fait foi l’acte suivant :

“ Claudius, fdius domini Anthoni de Sainct-Estinne et Margaritae de Ménisson, uxoris ejus, baptisatus est die undecima januarii, cujus patrini et matrina sont Dominus Jacobus urbis Treensis, Dominus temporalis de Maroles et uxor domini de Dansville (2).”

Jean de Saint-Etienne, fils d’Antoine et de Marguerite de Ménisson, épousa au mois de janvier 1602 demoiselle Marguerite du Moulin. Une des sœurs de Marguerite, femme de Jean de Saint-Etienne, appelée Jacqueline, épousa Claude, seigneur Despence et de Launay-Renault (3).

Jean de Saint-Etienne et Marguerite du Moulin eurent plusieurs enfants, entre autres : Antoine, Edme et Marguerite.

Antoine de Saint-Etienne, baptisé le 10 avril 1607, eut pour parrain messire Edme de Saint-Etienne, pour marraine demoiselle Jeanne de Longueville.

Edme de Saint-Etienne servit dans l’armée et fut capitaine au régiment de Monsereau. Il fut tué “ près le fort St-Pierre, alors qu’il commandait les Enfant s-Perdus ”.

Marguerite de Saint-Etienne entra dans la famille Doucher, par son mariage avec messire Michel du Doucher, écuyer, issu d’une ancienne famille noble, connue sous les noms de Boucher de Milly et Boucher de Flogny et dont la filiation remonte à Guillaume du Boucher, écuyer, seigneur de Géry, Mousseaux, Avigny, et Villierssous-Tholon, vivant en 1301, et marié à Nicole de Morvilliers, fille de Pierre de Morvilliers, chancelier de France (4).

(1) Les de Ménisson étaient seigneurs de Charley, de Sainte-Maure, 1548-1697.

Ils portaient : “ D’or, à la croix ancrée de sable ”. M. Laîné : Archives de la

noblesse de France, p. 64.

(2) Registre de catholicité de Dosches.

(3) Leur fille, Anne Despence, se maria à Nicolas, seigneur de Nettancourt, de Vaubecourt, de Nubecourt, de Nicey, d’Autrecourt, Guvrecourt, et de la Grangele-Comte. De ce mariage naquirent : Claude, femme de Philippe du Hautay, Yolande, épouse de Nicolas des Armoises, François, Barbe et Antoine de Nettancourt. Nicey est situé sur la rivière d’Air à trois lieues et demie de Bar.

(4) D’Hozier : Armorial de la noblesse de France, VI., p. 4.

Marie de Saint-Etienne, fille d’Antoine et de Marguerite de Ménisson, fit un heureux mariage avec messire Jacques de Veillart, seigneur de Dosches (1).

Gabrielle de Saint-Etienne, sœur de Marie, épousa Antoine de Cerre, tel que dit plus haut.

Pour revenir aux enfants d’Artus de Saint-Etienne et de Marie de Fontaines, nous savons que Gilles de Saint-Etienne fit un excellent mariage avec Gabriel de Verduisant, écuyer, archer dans la compagnie du sieur Deschenest.

Quant à Jean de Saint-Etienne, fils d’Artus et de Marie de Fontaines, il fut seigneur de Turgy et de Lignières. Il épousa demoiselle Jeanne Chappuis, fille de messire Nicolas Chappuis, écuyer, seigneur d’une partie de la terre et seigneurie de Puissaye, en la paroisse de Saint-Prix (2) et de demoiselle Mastie de Montbéliard (3). Nicolas Chappuis était lieutenant au bailliage de Chaource (4).

Le mariage fut célébré au mois de mai 1553, en présence de Marie de Fontaines, mère de l’époux, de Jean de Lantages, son beau-père, d’Antoine de Saint-Etienne, son frère, et de Gabriel de Verduisant, son beau-frère.

Plusieurs enfants naquirent de cette union, mais le plus remarquable fut Edme de Saint-Etienne, protégé de la famille royale de France. Il eut même l’honneur d’être compté parmi les pages de madame Claude de France, fille du roi Henri II et de Catherine de Médicis, devenue plus tard la femme de Charles, duc de Lorraine.

(1) Les de Veillart portaient : “D’azur, au sautoir d’or, accompagné d’une hure de sanglier de même, au naturel, suivant Laine, en chef, et de trois besans d’argent, 2 en flancs et 1 en pointe. D’Hozier. — Roserot, no. 809. — Louis le Clert : Armorial historique de l’Aube. Marguerite de Veillart, épousa François Savoyade', Nicolas Veillart se maria à Marie d’Estravayé, fille d’Antoine, seigneur de Molinos’ de Vaurémy, bailli de Sens, et d’Elisabeth d’Autry.

(2) Petit pays du Gâtinais, dont le chef-lieu est Saint-Fargeau, au département de l’Yonne. Mém. de la Société Académique du département de l’Aube, année 1890, p. 245.

(3) Descendante des anciens comtes de Montbéliard, de Bar et de Bourgogne. Cette maison eut des alliances avec celle des Wurtemberg, les de Teck et de Châtillon. Jean de Montbéliard, écuyer, fut coseigneur de Lantages.

(4) Mém. de la Société Académique du Dép. de l’Aube, année 1890, p. 245.

ET SON TEMPS

Edme de Saint-Etienne, seigneur de Turgy, de Lignières et de Sacey, occupa des charges importantes et rendit à son roi des services signalés. En 1591, il gouvernait Epernay ainsi que l’atteste le billet suivant :

“ Nous Edme de St-Etienne, seigneur de Turgy, capitaine de cinquante chevau-légers ordonnés pour le service du Roy et gouverneur d’Epernay, confessons avoir reçu comptant de M. Estienne Regnaut, conseiller du roi et trésorier-général de ses guerres ... ou son commis ... la somme de trente-trois écus ung tiers à nous ordonnés pour nostre estât et appointements de gouverneur de la ville d’Epernay pour le mois de septembre dernier 1590.”

Faict à Epernay le 22ième jour de juillet 1591.

(Signé) DE SAINCT ESTIENNE (1).

Deux ans plus tard, messire Edme de Saint-Etienne fut promu au grade de capitaine de cent chevau-légers. De la ville de Langres, le 27 juin 1593, il donne le billet suivant :

“ Edme de Saint-Etienne, capitaine de cent chevau-légers des gardes de Sa Majesté. . . reconnaît avoir reçu de Jean Fouvrel, marchand, 688 écus et 4 sols pour vente de marchandises. ...”

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