CHAPITRE XXIII
Charles de La Tour passe en France. — Il se rend à Paris. — Il plaide sa cause. — Il obtient des lettres de grâce. — Il devient gouverneur de l’Acadie. — Texte de ces lettres. — La famille d’Entremont. — Son origine en France. — Madame d’Aulnay remet le fort Saint-Jean à de La Tour. — Mariage de Charles de Saint-Etienne de La Tour et de madame d’Aulnay.
Charles de La Tour était à Québec lorsque la nouvelle de la mort d’Aulnay lui arriva. Comptant sur la protection du gouverneur et des principaux habitants de la colonie il prit la résolution de passer en France pour plaider sa cause en personne jusqu’au pied du trône. Il y avait encore des amis qui ne pouvaient que l’appuyer dans sa démarche si légitime. Il n’eut pas de peine à prouver au roi et à la reine que d’Aulnay, cause de la malheureuse division qui avait occasionné la guerre civile, portait la plus lourde responsabilité de toute cette affaire. Il fit voir la conduite de son ennemi à l’égard de Denys qu’il avait dépouillé de ses possessions légitimes, tant à la Hève que dans l’île de Miscou. Il expliqua comment lui-même, attaqué injustement, il dut avoir recours aux étrangers pour se défendre. Il produisit des témoins qui confirmèrent son récit. A la suite de cette enquête, le roi et la reine de France, ceux-là même qui l’avaient condamné, lui remirent des lettres de réhabilitation dont le texte nous a été conservé. C’est ainsi que le vaincu d’hier devint le vainqueur de celui qui l’avait perdu. Il n’y a rien de plus intéressant à lire que ces lettres qui le rétablissent dans les bonnes grâces du roi et dans ses droits. Il est dit expressément, dans un arrêt, du 16 février 1651, que les accusations et suppositions portées contre lui n’ont “pas été prouvées”. Dans les lettres patentes, en date du 25 février de la même année, on mentionne ce fait “ que, depuis quarante-deux ans, il a apporté et utilement employé tous ses soins tant à la conversion des sauvages qu’à l’établissement de l’autorité du roi dans le pays ... ; il a contribué de son possible
à l’instruction des sauvages . ” En effet, grâce aux Pères
Récollets qui se trouvaient avec lui, il travailla dans la mesure de ses forces à l’évangélisation des sauvages. De bonne heure au fort Saint-Louis, il érigea un monastère et une chapelle. Au fort Saint-Jean, il avait commencé à travailler à cette belle œuvre quand le conflit si malheureux surgit entre lui et d’Aulnay paralysant ainsi tous les efforts des missionnaires. Il est dit encore, dans ces lettres, que de La Tour “ a construit deux forts : le fort Saint-Louis et le fort Saint-Jean. . .” Le roi déclare “ qu’il aurait continué de bien faire s’il n’eut été empêché par Charles de Menou, sieur d’Aunay Charnizay , lequel aurait favorisé ses ennemis en des accusations et suppositions qu’ils n’ont pu vérifier. . . ” Bien plus, par un renversement des choses terrestres, le roi ne mentionne même pas les titres d’honneur si convoités par d’Aulnay de Charnizay. Ce dernier devient simplement Charles de Menou et c’est sur lui que retombe, en définitive, la responsabilité des luttes sanglantes qui ont désolé l’Acadie. Ces lettres, comme celles de Denys, en date du 30 janvier 1654, accusent d’Aulnay de s’être emparé injustement des possessions de ses collègues. Ces documents sont authentiques, mais il n’est pas superflu de rappeler, en passant, que M. Moreau, le panégyriste d’Aulnay a tenté de jeter la suspicion sur leur authenticité. Le P. Candide semble, sur ce point, vouloir garder encore ses positions. Nous avons donné ailleurs (1) tant de preuves qui font voir l’erreur de ces écrivains que M. Lauvrière déclare et dit, avec raison, que ces lettres sont non seulement authentiques et consignées dans “ Nos Archives Nationales ”, mais que confirmation en fut donnée le 27 juin et “ l’affichage en fut même ordonné dans les ports et lieux les plus opportuns (2) .” C’est bien le cas d’écrire que le P. Candide qui, en 1927, appuie ses convictions sur Moreau, n’est pas encore à l'a page.
Charles de Saint-Etienne de La Tour, le 6 juin 1651, comparut en personne en présence de Jean de Mirande, sieur de Fraignées, Conseiller du roi, son lieutenant, et juge de l’Amirauté de la
(1) Observations sur l’histoire de l’Acadie fse de M. Moreau, p 124
(2) M. Lauvrière : La tragédie d’un peuple, I, p. 92.
C. Segum et Marie Catien revinrent en erste maison. Madame, avec la Mère Catherine Gilli<r,$eur Anne Clmloptn, ma Seur P. Neveu et les deux petites damoîselles Anne et Catherine de Béthune, partit du Plesds pour a!K*r à Menetou, et passa parBléréet par Celles, et eoueha au ehastmui, et delà à Menetou, où elle demeura quelque v V semaines, à cause de la maladie de Mademoiselle Anne de Bi thune. Madame tist h visite et son chapitre, où elle cmftmist île nouvelles offlcières, et partit le '.*a d'octobre, et arrivant à Celles, tomba malade d’une flebvre tierce et fut jusque» à l'extrémité. ee qui causa une très grande affliction à tous ceux et celles de sa compagnie et à eelles de ceste maison, lorsqu'elles en furent adverbes ; nostre bon Dieu la remist en santé, et, sitost quelle penst prendre l’air, elle partit du chastes a, où elle a voit toujours esté, et où estoit M. l'ambassadeur, grand père des petites demoiselles, et le jeune comte de Celles, pour revenir en reste maison, ou elle fut de retour le iCé de décembre de laditte année 4645.
Le 8* juin 1644, Madame Aune Babon, seconde du nom, receut un paquet de la part de la Reyne, dans lequel estoit une lettre de sa majesté et une de M. Legras, secrétaire de ses coramandetnens, scellées du petit cachet, par lesquelles lettres luy estoit commandé d’envoyer à Paris onc novice canadienne, qui estoit en son abbaye. laquelle pour ee sob- *et la feroit conduire en bonne ét honneste compagnie, et que le voyage serait défrayé, et qu'elle fust menée dans le couvent de Val-de-Crace, où elle désiroit qu’elle fust, ayant ouy faire récit de sa voix ; c’estoiî une fille qui, depuis huit ans estoit en cestc maison, par une occasion . M. de Uïdwy- Ranlly, qui avoit une seur en «esta abbaye, qui se oomœoîî la Mère Lonyse de Bazilly, laquelle décéda Se 2 à* novembre 4645, amena une petite sauvage, venue depuis peu en France de Canada, pour la mettre en quelque religion ; ledit sieur s'en estant chargé, Madame la luy demanda ; il luy dist qn’il i’avoit promise auxUrsulincs de reste ville (elle y décéda peu d’années après) ; mais que si elle avoit tant de charité, die la # ■ ’
Chronique de l’Abbaye de Beaumont-les-Tours (Mémoire de la Société Archéologique de Touraine, vol. XXVI, année 1877.)
Voir pp. 180, 181.
pouvoit mieut employer envers une de ses seurs, qui estoit nn peu plus âgée, laquelle estoit à la Rochelle, cher, une dani* huguenote, nommée de Sainct-Hilaire, parente de son père, fort zellée à sa religion, et qu’il es toit difficile de la retirer d’entre ses mains, si ce n estoit que quelque dame de condition la demandas!; à qttoy inadittc Dame s’accorda, et ledit sieur de Razilly employa M. le commandeur de la Porte, oncle de Mgr l’éminentissime cardinal de Richelieu, pour que ceste Dame la badlast. \ quoy elle Ikt grand difficulté; et fut amenée en reste maison au mois de job. un sabmedÿ, 43* de juin 163â, âgée de oeuf à dix ans, Elle es toit née en Canada, fille d ou gentilhomme français de- nation, oourry dès Page cinq sus audit pays, lequel m nomme Eléa&ar, seigneur de k Tour, et d'une sauvage du pays d’Acadie , de k nouvelle France, autrement Canada. C’este petite Hile a voit esté baptisée audit pays par les Pères Capucins, qui y estoient allés eu mission, et fut nommée Àïïîôoioiite, et son surnom est de Sainet- Et tenue. Elle fut amen# en France dès Cage de six à sept ans, et mise chez ceste dite Dame. Estant dans ceste maison elle fut baillée, pour estre instruite, à la Mère de Rasilly.qui estoit alors maistresse des novices, pour k rendre capable de la religion, si 'cek se pouvoit ; et comme l’on vist qu’elle a voit bonne voix pour la musique, Madame l’avant fait apprendre, en l’année MM, par M. Maure, maistrè de psalette de Sainct->îartin, commencée an mois de mars, et fnt chanté à quatre parties, le jour du Sabct-Sacremeot, au chapitre, où se faisoit la première station de Sa procession, Monseigneur l’évesque de Bou longue portant le très sainet Sacrement . le verset Tantum er§o $mrammivmr et, eu la seconde station, à l’autel de saincte Anne, fut chanté O mluèaris B ostia, et, depuis, M. Des Rayes a iotisjours 'continué et à faire chanter sur la viole ; kditîe petite fille fut mise en la musique pour servir de sup?rim. où elle fiât fort bien, comme à chauler sur l orgue, depuis que Madame, qui a voit aussi appris k musique, oe le peu t plus faire, Tayaut continué, avec ma Scur Scholastique, l'espace de huit ans, à tontes les
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festes solennelles et autres jours quand il luy sembloit bon. Maditte Dame la voyant capable de la religion et de servir au elueur, supplia la communauté de la vouloir prendre et recevoir eu sa considéra lion, pour estre de chœur, et quelle luy servi mit de Mère charitable. Ehe fut acceptée et receue eu chapitre, et Maditte Dame luy douna l’habit de novice le 18' de novembre, jour de l'octave de saiuct Martin, 4642; à laquelle réception M. Uoudrv, grand vicaire et official de Monseigneur t'arehevesque, officia; le père G uespier, Jacobin, en list le sert mm, et quantité de personnes de condition et des principaux de la ville y assistèrent; MT‘ de Laulnay- Razillv, de la tluéritaude, M. le président, procureur du Rov, M. 1 assesseur et autres et toutes leurs femmes, qui entrèrent avec Madame la duchesse de Moidha/.oit, latptelle distta avec Madame en sa chambre vieille et toutes ses daines. Depuis, laditte musique attira beaucoup de personnes, qui la venaient entendre. Et, 1 année 1644, le Père Fore, (lordelier, preschant le earesme en lesgltse de Saiuct Martin, vint entendre les ténèbres en uostre esglise, où il y avoit tousjours un grand concours de personnes, tant de condition que autres, et, trouvant parfaitement bonne voix à eosto fille, revint une on deux (té-' apr. s Pasquea, j k»u r !' entendre chauler ; estant de i‘ toui a Paris, en list un tel récit a la Revue, qu’elle la désira aussi pour Fouir chanter, et, pour ce subject , la faire mettre dans le couvent du Val-de-Draee, où elle va souvent faire ses dévotions, affectionnant fort teste maison. Maditte Dame obéissant à si s commandements, la list conduire à Paris, le Dr dudit mois de juin de reste mesiue armée que dessus 1 6 S 5 , par M1 Reue Davouue.aj, son receveur, et sa femme, dans le eoclie ordinaire, ayant fait arrester toutes les places, pour qu'il n’v eust autre compagnie. Estant arrivés à Paris, Madame' la marquise de Ikmrhonne, niepre de Madame nostre ablx-sM'. leur envoya son carrosse jxvur les amener eu son logU <•( les logea, les recevant avec beaucoup de lesmoignages d'alfertion. et, en attendant l’ordre de îa Reyne, pour lors à Huet, et la mena recevoir la bénédiction de Monseigneur Far-
cbevesque de Tour», qui estoit à Paris, et voir Madame de Montmartre ; et, trois jours après, elle fut menée par laditte Dame la marquise au Val-de-Grace, où, quelque huit jours depuis, la Reyney estant allée, la fisi chanter et luy trouva la voix belle, mais sans méthode, qui fisf que le sieur Lambert, excellent musicien, fut luy apprendre quelques airs propres pour lui façonner la voix, Quelque peu de jours après leur arrivée, le receveur tomba malade d’une flebvre chaude, avec le poupre, et ne fui que sept ou huit jours malade, et décéda dans le logis de maditte Dame de Bourljonue, te 4* de juillet 4644. Elle l’a voit fait assister parfaitement bien de tout ce qui kn pouvoit estre nécessaire; et en demeura fort affligée, tant pour la personne, estant m fort hormeste. jeune homme, de 31 ans, que pour la compassion que luy fai soit la pauvre veufve, chargée de cinq ou six enfans, et dé plus pour l’ennuy que ceste mort purrott causer è Madame, sa tante, comme elle ea fut fort affligée lorsqu'elle en reeeut les nouvelles. 1! n’y avait que quinze mois qu’il estait entré en la charge de receveur, Madame bayant prb à la Kostre-Daaie de mars 4643; M» Moreau, bailiif de Bléré et de reste abbaye de Beaumont, ne pouvant exercer ces charges ensemble, s’en fut demis, ayant fait la recepte depuis 4639* qui est quatre ans entiers, et avoit aussi commencé à la Nosîre-Dame de mars. Ledit Davonneau estoit fermier des trois prieurés de Lieze. d’Avon et de ïhenenü, et depuis qu’il fust receveur, laissa cette ferme à son père, Sitost que maditte Dame, eusi esté advertie de sa mort, pria M, B^nilly, qui demeurait en eeste ville, frère de la veufve, d’aller à Paris pour la consoler et l’assister eu son voyage. Il l’a trouva par les chemins et la ramena en ceate maison. Elle fut plusieurs mois au logis de la Recepte, où raondit sieur Brouilty luy dressa l'année de son compte et acheva les parties dudiet deffuoct Davoaneau. Le tout fut rendu devant mâdfote Dame abbesse, seule dépositaire, et M. Tacher, ancien receveur de la maison; el Madame print pour receveur M. Rrouillv, en la place de sou beaufrère, à la sainci Jean 4645, ayant madite -Dame fait par ses mains un an la recepte.
Leste novice Canadienne, après quelque trois mois qu'ci le eust esté audit Yakle-f.raee, luy tirent prendre leur habit avec soîemmte, et ie IVre Cure eu tint la prédication, mais quelque temps après elle list supplier très humblement de vouloir agréer qu elle revint en reste maison, craignant ne pouvoir supporter l'austérité de la maison où elle estai t ce que ta lier ne lu> permist. Cour ce suhject Madame l'abbesse du Yai-de-Crlb^ cl la tille eserivirent à rnaditte Dame pour sravoir si elle aurait agréable de la recevoir, laquelle fist respouse que en la \ eue de Dieu, par laquelle la première elle l'avoit recrue, que reste seconde fois elle la rereveroil avec fa mes me charité. Elle fut mise entre les mains de Mademoiselle de Bussy, niepee de M. le président Colbereau.qui la ramena en ceste maison, le 16 febvrier 16 15. Elle iist profession le 8 juillet 1646. M. i’ollkial Maan (Ut l'office et le Père Cuespier preseha. M, de Heere, intendant de la Touraine, d’Anjou et du- Maine, assista à caste réception avec MM. le lieutenant général, procureur du roy, président, assesseur et autres personnes de condition.
Le 8“ d'aoust, Madame tomba malade d'une fiebvre et fut à l’extrémité, le 3* de septembre, par mi accident qui luy survint, et receut l’extrême onction, ayant esté eotnmuniée deux fois auparavant ; depuis elle fut quelque trois mois que on espère U en sa santé, Elle eut encore un grand soin d envoyer M. Brouilty, receveur, à Paris, pour faire vérifier les privdiéges, Uni des lettres de gardes-gardiennes que du franc salé, dont ii obtint un arrest Mr* les commissaires establis pour la vérification dudit franc salé, pour voir si c estoit par grâces des roy s, lesquelles esloient retranchées, ou par foudation, augmentation et dotation, dont le nostre fut trouvé de cestc qualité, faite par les seigneurs et dames de l Iste- Bouchard. sur certains droiets do péages qu ils avoient tant par eau que par terre, sur toute leur seigneurie dellsle- Bouchard.et les tr« izi- uiuids mine dudit sel fut confirmés avec peine. Et fut derelouriu vigiliedc Noue], estant party de ceate maison le 12* de septembre. Madame fut fort ayse de le voir
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Rochelle, et il exigea l’enregistrement de ces lettres patentes au siège de l’ Amirauté de Guyenne “ pour y avoir recours quand besoing sera (1).”
Ces documents reconnaissent donc l’innocence de Charles de Saint-Etienne de La Tour, et montrent la déloyauté de son ennemi. Ils se lisent comme suit :
(“Registre de Sa Majesté”, 1650-1668)
Le sixiesme de juin MVIe. cinquante un.
Aujourd’huy par devant nous, Jean de Mirande, escuyer, sieur des Fraignées, conseiller du Roy, lieutenant, juge ordinaire de l’admirauté de Guyenne au siège de la Rochelle, en présence du procureur du Roy est comparu Charles de Saint-Estienne, chevalier, seigneur de la Tour, gouverneur & lieutenant général pour le Roy au pais de l’Acadie en la Nouvelle France, lequel nous a dit qu’il auroit pieu au Roy le confirmer en ladite charge ; comme il appert par les lettres patentes de Sa Majesté données à Paris le XXVe de febvrier dernier, signées Louys & sur le reply, par le Roy, la Reyne Regente sa mère, Le Tellier, et scelées de sire verte en lacs de soie, lesquelles avecq les lettres patentes en forme de commission à luy cy devant données par le defunct Roy Louis treizième d’heureuse mémoire, de gouverneur & lieutenant général pour Sa Majesté audits pais , ensemble l’arrest par luy obtenu le seizième dudit mois de febvrier dernier portant absolution & envoy des accusations et suppositions qui luy auroient esté mis sus, il desireroit faire registrer au greffe de la cour de céans pour y avoir recours quand besoing sera. Sur quoy, nous avons audit sieur de Saint-Estienne donné acte de la présentation desdites lettres patentes A arrest cy dessus donné et ordonné du consentement du procureur du Roy que le tout sera enregistré au greffe de Sa Majesté pour y avoir recours quand besoing sera, et valloir & servir audit sieur de Saint-Estienne ce que de raison, &c. Fait par devant nous de Mirande, conseiller & juge susdit.
S’ensuit la teneur des dites lettres et arrest.
“ Louis par la grâce de Dieu, Roy de France & de Navarre, à tous présans et avenir, salut. Estans bien informés et assurés de la louable et recommandable affection, paine & dilligence que notre cher et bien aimé Charles de Saint-Estienne, chevalier, sr de la Tour, qui estoit cy devant institué et estably par le feu Roy
(1) Archives de la Charente-Inférieure, B. 218, Amirauté de la Rochelle, Fol. 8 à 10.
de très heureuse mémoire, nostre très honoré seigneur et père que Dieu absolve, gouverneur & nostre lieutenant général au pays & coste de l’Acadie, en la Nouvelle France, lequel depuis quarante deux ans en sça a apporté & utillement emploié tous ses soings tant à la conversion des sauvages dudit pais à la foy & Religion chrétienne qu’à l’establissement de nostre authorité en toute l’estendue dudit pais, ayant construit deux forts & contribué de son possible pour l’instruction des enfans des sauvages & par son courage & valleur chassé les estrangers religionnaires desdits forts, desquels ils s’estoient emparez au préjudice des droicts et authorité de nostre couronne, ce qu’il auroit continué de faire s’il n’en eust esté empesché par Charles de Menou, sieur d’Aunay Charnizay, lequel auroit favorisé ses ennemis en des accusations et suppositions qu’ils n’ont pu vériffier, et desquels ledit de Saint- Estienne a esté absous le XVIe février dernier. Et que davantage il est besoing d’establir audit pais des collonies françoises pour desfri cher et cultiver les terres, & pour la deffance et conservation dudit pais, munir et garnir les ports de nombre suffisant de gens de guerre et aultres choses requises et nécessaires où il convient faire de grande despance. Seavoir faisons que nous, a plain confians de zele, soing, industrie, courage, valleur, bonne et sage conduite dud. de Saint-Estienne, et voullans comme il est bien raisonnable recognestre ses bons et fideîles services, avons par l’advis de la Reyne regente nostre très honoré dame et mère et de nos certaines sciences, plaine puissance et authorité royalle icelluy sieur de Saint-Estienne confirmé et confirmons de nouveau en tant que besoing est ou seroit, ordonné et estably ordonnons et establissons par les présentes signées de nostre main, gouverneur et lieutenant général représentant nostre personne en tous les pais, territoires, costes et confins de l’Acadie suivant & conformément aux patentes qui cy devant luy en ont esté expédiés pour y establir ou faire recognoistre nostre nom, puissance et authorité, y asubjettir, soubmettre, faire obéir les peuples qui y habitent & les faire instruire en la cognoissance du Vray Dieu et à la lumière de la foy et Religion chrestienne, et y commander tant par mer que par terre, ordonner et faire exécuter tout ce qu’il cognoistera ce debvo'ir & pouvoir faire pour maintenir & conserver lesdits lieux soubs nostre authorité & puissance, avec pouvoir de commettre et establir et instituer tous officiers tant de guerre que de justice pour la première & delà en avant nous les nommer & représenter pour les pourvoir & leur donner nos lettres necessaires sellon les occurances des affaires, avecq l’advis et conseil des plus prudans & capables, faire & establir loix, status & ordonnaces, le plus qu’il le pourra conformes aux nostres traités & contrats, paix & alliance & confédération avecq lesdits peuples ou autres ayans pouvoir & commandemant sur
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eux, leur faire guerre ouverte pour establir et conserver nostre authorité & la liberté du trafficq et négoce entre noz subjects et eux Et autres cas qu’il jugera à propos jouir et octroyer à nos subjects qui habiteront ou négotieront ausdits pais et aux originaires d’icelluy grâces et privilèges et honneurs telles que les quallités et mérites des personnes, le tout soubs notre bon plaisir. Voulons & entendons que ledit sieur de Saint-Estienne se réserve et aproprie et jouisse plainement et paisiblement de toutes les terres à luy ci devant conceddées, et d’icelles en donner et départir telle part qu’il advisera tant a mesdits subjects qui s’y habitueront qu’ausdits originaires, ainsy qu’il jugera bon et telles que les quallités, mérites & services des personnes, de faire soigneusement rechercher les mines d’or, argent, cuivre et autres métaux & minéraux, et de les faire mettre et convertir en usage comme il est prescript par noz ordonnances, nous réservans du proffit qui proviendra de celle d’or, argent & cuivre seullement le dixiesme denier & luy délaissons et affectons ce qui nous en pourroit appartenir aux autres métaux et minéraux pour luy ayder à surpasser les autres despances que sadite charge luy apporte. Voulions que ledit sieur de Saint-Estienne primitifvevement (?) à tous autres jouisse du privilège, pouvoir & faculté de traffiquer & faire la traitte des pelleteries avecq lesdits sauvages dans toute l’estendue dudit pais et terre et coste de l’Acadie, pouvoir en jouir & de toute choses cy dessus déclarée & par ceux qu’il commettera et à qui il en voudra donner la charge, faisans les expresses inhibitions et deffenees à tous marchands, maitres et cappitaines de navires et autres noz subjects et originaires desdits pais, de quelque estât, quallité & condition qu’ils soyent, de faire trafficq et la traitte desdits peleteries avecq les sauvages audits pais & costes de l’Acadie, sans son exprès congé & permission, à paine de désobéissance & confiscation antière de leurs vaisseaux, vivres, armes & munitions & marchandises au proffit dudit sieur de Saint-Estienne de dix mille livres d’amende. Permettons à icelluy sieur de Saint-Estienne de les empescher par toute voie et d’arrester les contravenans à nosdites deffances, leurs navires, armes & vituailles, pour les remettre es main de la justice et estre proceddé contre les personnes et biens desdits désobéissans ainsy qu’il appartiendra. Et à ce que ceste nostre inhibition et vollonté soit notoire et qu’aucuns n’en prétendent cause d’ignorance, mandons et ordonnons à tous nos justiciers et officiers qu’il appartiendra, qu’à la requeste dudit de Saint- Estienne, ils avent à faire lire, publier, registrer les présentes, et le contenu en ‘icelles faire garder et observer punctuellement, faisans mettre et afficher es ports et havres et austres lieux de nostre royaume, pais et terres de nostre obéissance que besoing sera un extrait sommaire du contenu en icelles. Voulions qu’aux
coppies qui en seront dheumant collationnées par l’un de nos âmes et féaux commissaires et secrétaire ou notaire royal sur ce requis, foy soit adjoustée comme au présent original. Car tel est nostre plaisir. En tesmoing de qouy, nous avons fais nostre scel aux dites présentes. Donné à Paris, le XXVe de février, l’an de grâce mil six cens cinquante et un, et de nostre règne le Ville. Et plus bas signé Louis. Et sur le reply est escript. Par le Roy, la Reyne Régente sa mère, présente, Le Tellier, et selé de cire verte en lacs de soie (1).”
Charles de La Tour ne paraît pas s’être empressé outre mesure pour revenir en Acadie. Il employa plusieurs mois à faire ses préparatifs et il ne voulut rien négliger pour reprendre l’œuvre de la colonisation arrêtée par la mort d’Aulnay. Il est regrettable qu’aucune liste officielle des hommes qu’il a amenés avec lui, en Acadie, ne nous soit connue. Nous savons, par des documents irréfutables, qu’il réunit un certain nombre de familles parmi lesquelles furent trois gentilshommes français : Philippe Mius d’Entremont, Pierre Ferrant et Armand Lalloue. Tous trois étaient mariés. Aux deux premiers, il concéda la baronnie de Pobomeoup et, au troisième, il vendit les îles Tousquet. Le premier avait pour femme Madeleine Hélie du Tillet, le second Mathurine Sicard, et le dernier Elisabeth Nicolas. En 1671, il était établi au Cap Nègre.
Philippe Mius d’Entremont était le descendant d’une noble famille de France. Un historien (2), en le présentant à ses lecteurs, le qualifie “ soi-disant gentilhomme normand, des environs de Cherbourg ” ; il ajoute : “ il y a encore des Le Mieux dans le Cotentin ”, laissant croire que ce nom aurait été celui des d’Entremont de l’Acadie. Nous ne contestons pas qu’il puisse exister des Le Mieux dans cette partie de la France, mais nous sommes d’avis que tel n’est pas le nom d’origine des Mius d’Entremont. Il y eut, en Savoie, une famille connue primitivement sous le nom de Montbel. Elle fut la souche des comtes de Montbel et d’Entremont. Elle eut pour chef, d’après Guichenon (3), Philippe de Montbel, qui fit le voyage de la terre sainte, en
(1) Archives de la Charente-Inférieure : B. 218 : Amirauté de la Rochelle, fol. '8 à 10.
(2) M. Lauvrière : La tragédie d’un peuple, I, p. 93.
(3) Guichenon : Histoire de Bresse et de Bugey, pp. 164 à 173.
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1096, en compagnie de Godefroy de Bouillon. E,n 1087, il aurait épousé Lucrèce de Lascaris, de la noble maison de ce nom, qui a possédé l’Empire de Constantinople. La famille d’Entremont, durant plusieurs siècles, fut une des plus considérables de la Savoie. Elle eut des alliances avec les comtes de Savoie et de Vintimille, les seigneurs de Cordon, de La Tour, de Joinville, de la Palu, de Varax, de Seyssel, de Salins, de Lespinasse, Maréchal de Meximieux, de Chalençon, de La Tour d’Auvergne et de Boulogne, de Coligny.
Nous savons encore que Béatrice de Coligny, comtesse d’Entremont et de Montbel, qui fut Dame d’honneur de Catherine, Infante d’Espagne, duchesse de Savoie, épousa Claude-Antoine Bon de Meuillon et de Montauban, le 30 novembre 1600, qui était grand chambellan de Savoie. De ce mariage sont venus entre autres enfants : François-Virginie, comte d’Entremont et de Montbel, marquis de Montellier, qui épousa Madeleine Hélie du Tillet. La Chesnaye-Desbois (1) dit que plusieurs enfants sont nés de ce mariage “ mais qu’il en ignore la postérité, faute de mémoire.”
M. Léandre d’Entremont, l’un des descendants de cette famille au Canada, croit que son ancêtre, Philippe d’Entremont, qui suivit de La Tour en Acadie, et fut baron de Pobomeoup, était le fils de ce dernier, et originaire de Normandie, où une branche des d’Entremont s’établit au XVIe siècle. Bappelons que les d’Entremont s’unirent aux Maréchal de Meximieux, et les d’Entremont acadiens ont porté le surnom de Mieux et Mius. Nous croyons qu’ils ont voulu rappeler ainsi l’alliance de leur famille avec les Maréchal de Meximieux, dont le nom aurait été changé en Mieux.
On se souvient encore que les de Lespinasse, ancêtre de Charles de La Tour, furent également alliés aux d’Entremont. Bien donc d’étonnant qu’il ait choisi, pour les conduire en Acadie, ceux de ses proches, encore alliés aux de Salins, ancêtres de Jeanne Mottin, dont la mère était une de Salins (2).
(1) La Chesnaye-Desbois : Dictionnaire de la Noblesse XIV, pp. 98 à 107.
(2) Les d’Entremont portaient: “D’or, au lion de sable, armé et lampassé de gueules, à la bande componée d’hermines et de gueules de ^six pièces. Cimier : un aigle d’argent beccpié d’azur. Support : deux lions d’or.”
Philippe d’Entremont fut un collaborateur précieux pour de La Tour. Ses enfants contractèrent des alliances avec les plus honorables familles et ont laissé des descendants nombreux sur la terre acadienne (1).
Le 23 septembre 1651, étant à Port-Royal, Charles de La Tour présenta à madame d’Aulnay les ordres du roi lui enjoignant de restituer le fort Saint-Jean. Madame d’Aulnay n’était pas en état de résister, elle dut s’incliner devant l’injonction et de La Tour recouvra ainsi les forts dont son mari l’avait dépossédé injustement.
Comme le règlement des affaires pouvait entraîner de nouvelles difficultés, pour les aplanir, de La Tour proposa à la digne veuve de l’épouser. Le mariage eut lieu vers la mi-juillet de l’année 1653. Les enfants de La Tour, dans un mémoire, prétendent qu’il fut retardé jusqu’à l’automne de la même année. Le contrat fut passé au Port-Royal, le 24 février 1653 (2) . Assistaient à sa rédaction : le P. Léonard de Chartres, Vice-Préfet et Custode de la Mission, les Lrères Jean Desnoux, Lrançois-Marie et J. Jacquelin, de la famille de Marie-Françoise Jacquelin, l’héroïne du fort Saint-Jean.
Nous avons vu que d’Aulnay, pour lutter contre son rival, avait contracté des dettes considérables envers ses fournisseurs dont le plus important fut Emmanuel Le Borgne, sieur du Coudray, marchand de la Rochelle. Il devait, en plus, à Nicolas Denys, une somme importante : 8,342 livres, en vertu des obligations qu’il avait consenties en s’emparant, par la violence, de ses possessions de la Hève et de Miscou. On sait, en outre, que les Capucins avaient formé avec lui un contrat d’Association pour le soutien du Séminaire et qu’ils étaient, de ce chef, responsables au même titre des dettes de la dite société. A la mort de son mari, madame d’Aulnay, en recueillant la succession, héritait de la quote-part de ces obligations. Comme de La Tour, de son côté, devait une somme considérable au major Edouard Gibbons, de Boston, et que le terme fixé pour l’acquit de cette dette était expiré, il ne voulut pas grever sa succession des dettes qu’il avait contractées avant son mariage. Les époux déclarent “ qu’ils seront
(1) M. Léandre d’Entremont, historien, étant à écrire l’histoire de sa famille, nous nous dispensons de plus longs commentaires.
(2) Non pas le 24 février 1654, comme l’écrit M. Lauvrière : La tragédie d’un peuple, I, p. 95.
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séparés quant au biens ” jusqu’au parfait paiement de toutes les dettes laissées par d’Aulnay et cela, “ pour le bien et l’utilité du Séminaire, de la dite Dame et des enfants mineurs. . Une fois les dites dettes payées, madame d’Aulnay prendra la part qui lui reviendra et alors de La Tour et elle-même entreront dans la communauté de biens. De La Tour ne prendra rien sur les biens et effets de madame d’Aulnay, tant que les dettes précitées n’auront pas été payées. “ En considération de l’amour qu’il porte à sa future épouse, il lui donne la somme de trente mille livres, dont vingt mille lui appartiendront en propre, et dix mille “ entreront dans la future communauté qui existera plus tard entre lui et sa femme.” On y voit que loin de dépouiller les orphelins de d’Aulnay, il les favorise, ainsi que sa veuve, au détriment des siens propres. Il est incompréhensible que des historiens aient pu écrire que “les mineurs d’Aulnay furent sacrifiés (1).” Que de La Tour ait refusé de payer les dettes de son ennemi, c’était son droit. Mais il garantit à cette veuve, qui sera sa propre femme, tout ce qu’il possède ; il a le soin de la délivrer de toutes craintes de la part des créanciers de son mari. 11 agit avec sagesse, car ces derniers ne manqueront pas de vouloir s’emparer des biens d’Aulnay. De La Tour assure à sa femme au moins la jouissance et la possession du fort Saint-Jean. Tout est à l’avantage de la veuve et des enfants mineurs d’Aulnay. A l’égard du Séminaire, il agit avec autant de justice que de sagesse, car il assure à cette institution une indépendance complète. Il déclare “ qu’un inventaire général et un partage seront faits avec les Associés, sans distinction d’aucuns fonds, et qu’un économe sera élu, avec le consentement des partis, pour l’administration de la Société.”
“ C’est la veuve et ses enfants, c’est la mission qui restaient rivés à cette chaîne ” ajoute le P. Candide (2) . Mais qui donc avait forgé les anneaux de cette chaîne que l’on trouve aujourd’hui si lourde à porter, sinon d’Aulnay et les Capucins ? Il n’était que juste que les intéressés fussent tenus d’acquitter les obligations qu’ils s’étaient imposées. A notre avis la société conclue entre les Capucins et d’Aulnay avait été un malheur. Au témoignage du P. Candide, ce dernier avait rencontré de l’opposition de la part
(1) La tragédie d’un peuple, I, p. 95. Le P. Candide, p. 278.
(2) Pages glorieuses, p. 278.
de quelques missionnaires (1). “Sa gestion ne plus pas à tous, ajoute l’auteur. On l’accusa de gaspillage.” Il y eut, en 1642, une sorte d’enquête à Paris à ce sujet. Le P. Pacifique de Provins prit fortement parti pour les opposants. Ce qu’on reprocha à d’Aulnay, avec raison, ce sont surtout ses guerres de conquête. Quelques religieux, justement alarmés par ses violences, prévoyaient qu’elles attireraient des malheurs sur la colonie et manifestaient ouvertement leur opposition à de tels procédés. La prudence exigeait cette réserve de la part des Capucins. Malheureusement, les supérieurs-majeurs, peu renseignés sur les affaires de l’Acadie, croyaient servir leurs intérêts et ceux de la mission, et “ renouvelèrent leur confiance à d’Aulnay et lui prêtèrent tout leur appui (2).” On voit par là que les prévisions des plus humbles religieux s’étaient réalisées. A la mort d’Aulnay, le Séminaire, madame d’Aulnay et ses enfants restaient chargés d’une lourde dette qu’il fallait payer. Son auteur avait semé le vent, ses associés récoltaient la tempête. Qui peut s’en plaindre ?
De La Tour, en devenant le mari de Jeanne Mottin, ne voulut pas prendre la responsabilité de ces dettes. Au lieu de river les religieux et sa femme à cette “ chaîne ” dont parle le P. Candide, il veut les en délivrer. Dans des circonstances plus favorables, débarrassés de ces obligations, la mission et le Séminaire pouvaient se développer indépendamment de la famille seigneuriale, sous la surveillance d’un syndic.
Les clauses du contrat de mariage sont toutes à la louange de La Tour. Afin de permettre au lecteur de juger ce document à sa valeur nous lui en présentons le texte.
“ Articles de Mariage x\ceordées Entre Messire Charles de St- Etienne, Seigneur de La Tour, Chevalier des ordres du Roy, et son Lieutenant général dans l’Acadie, Pais de la Nouvelle-France, d’une part ;
Et Dame Jeanne Mottin, veuve de feu Messire Charles de Menou, Chevalier, seigneur d’Aulnay, en son vivant aussy Lieutenant général dans tout le dit Pais d’Acadye ;
Premièrement Le dict Seigneur Chevalier de La Tour prendra pour sa femme et légitime Espouze Madame d’Aulnay avec tous
(1) Pages glorieuses, p. 278.
(2) Le même, p. 280.
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ses droicts et effets, lesquels droits le dit Seigneur futur époux consent être séparés de leur future communauté entre Messieurs les enfants mineurs de la dite Dame future espouse, le Séminaire, et icelle Dame, ainsi que la chose a été avant le prétendu mariage, jusqu’à l’entier paiement des dettes créées du vivant du dict feu Seigneur d’Aulnav et depuis son décès jusqu’à l’heure de maintenant, comme aussi de celles qu’il conviendra créer ci-après pour le bien et l’utilité de la Société d’entre les dits Seigneurs, Mineurs, le Séminaire, et la dite Dame, après lequel paiement du dernier sol de toutes dettes, elle prendra sa part des biens de l’Association au prorata de ce qui lui appartiendra, et qu’elle y aura contribué de ses droits et prétentions, lesquels pour lors entreront en leur dicte future communauté.
Sera faict Inventaire général et partage avec les Associés sans distinction pourtant d’aucun fonds mais pour l’éclaircissement des droicts et prétentions des dicts Associés ; ensuite de quoi sera mis un économe du consentement des parties pour l’administration des effets de la dicte Société, lequel aura soin et sera tenu annuellement de rendre compte des fruits et revenus d’icelle.
Monsieur de La Tour déclare présentement ne prétendre recevoir ny admettre aucune chose des susdicts droicts et effets de Madame d’Aulnay sa future espouse jusqu’à l’entier paiement des dettes universelles de la Société ; aussi le dict Seigneur de La Tour ne sera-t-il chargé d’aucunes des susdites subventions et obligations de la Compagnye ny mesmes les biens et les avantages qu’il faict à la dicte Dame sa future Espouse en faveur de leur mariage, lesquels il veut luy appartenir et être conservés francs et quittes de tous troubles et obligations.
Le dict Seigneur de La Tour donne à la dicte Dame d’Aulnay, sa future Espouse, en considération de l’amour qu’il luy porte la somme de trente mille livres tournois, de laquelle vingt mille demeureront en propre à la dicte Dame et aux siens de son côté et lignée, à percevoir et prendre sur le fort et habitation de la Rivière Saint-Jean, ses appartenances et dépendances, et les dix mille livres restantes entreront dans la future communauté.
Le dict Seigneur de La Tour a doué et doue la dicte Dame future Espouse, sa vie durant seulement, de la propriété du fort et habitation de la Rivière Saint-Jean, dans toute son étendue,
tout et ainsy que le dict futur espoux le possède, sans en rien réserver ni diminuer, avec tous les droits de traite, fruits, revenus, émoluments, provenant tout du dedans d’icelle Rivière que des Isles, côtes adjacentes que le dict Seigneur promet faire valoir.
A l’égard de Messieurs les enfants mineurs du premir lit du dict Seigneur de La Tour, il leur laissera pour leur subsistance le Cap de Sable avec toutes ses dépendances, comme aussi tous et chacun les biens qui luy peuvent advenir et appartenir par succession de l’ancienne France.
Advenant le décès du dict Seigneur futur Espoux avant celuy de la dicte Dame future Espouse, le dict Seigneur de La Tour futur espoux déclare vouloir et entendre que tous et chacuns ses biens meubles, armes, munitions de bouche et vivres avec toutes marchandises de traite et pelleteries qui se trouveront lors de son décès dans ses magasins et autres lieux, soit en la Nouvelle ou Ancienne France ayent à appartenir et appartiennent à la dicte Dame future Espouse, comme estant le bien propre de leur communauté, soins et travaux, à laquelle dès à présent en fait donation pure et simple toutes dettes de leur future communauté préalablement payées, sans préjudice à l’article cy-dessus de son douaire.
Et pour changer une clause qui était nécessaire pour assurance de la dicte Dame des susdicts articles, le dict Seigneur de La Tour a bien voulu pourvoir à la dicte sûreté de la manière cy-après, sçavoir, qu’en cas de contravention et qu’il fût faict obstacle de la part des enfants ou héritiers du dict Seigneur futur Espoux à la dicte Dame future Espouse en la perception des dicts fruits, usage de droits, et autres revenus, émoluments, à elle cy-devant accordés par donation pour douaire, le dict Seigneur de La Tour, persévérant et voulant absolument que la dicte Dame jouisse réellement des effets des présents articles de mariage et en punissant les dites contrevenants, déclare, dès à présent qu’il donne à elle et aux siens le fonds à pur et à plein fort, habitation et Rivière Saint -Jean, dans toute son étendue et privilège selon ses concessions, et veut qu’autant qu’à luy est, que la dicte Dame s’en fasse pourvoir par toutes voies de justice.
Arrivant que de quelque autre part étrangère il fût faict empêchement à la dicte Dame future espouse à l’exécution et
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jouissance des susdits articles, le dict Seigneur futur espoux pour ôter tout ombrage et occasion de mauvaise intelligence, veut que les enfants ou hoirs se joignent en cause avec la dicte Dame pour la faire jouir après en avoir été par elle de ce interpellés, à quoy résistant ou refusant, il les prive comme dessus du dict héritage, fonds et revenus de la Rivière Saint-Jean, et cède le tout à la dicte Dame et aux siens.
Touchant les gages et appointements des officiers, soldats, matelots, serviteurs et domestiques actuellement dans le service, il sera pourvu à ce qu’ils soient annuellement payé et satisfaicts, suivant quoi, la dicte Dame, advenant le décès de son futur espoux, promet et s’oblige de payer les appointements et gage de l’année qui sera pour lors courante sans s’obliger à davantage et sur les marchandises et pelleteries qui se trouveront dans les magasins au jour du décès du dict Seigneur futur Espoux.
Le dict Seigneur de La Tour futur Espoux promet et s’oblige de maintenir et conserver de tout son pouvoir, Messieurs les enfants mineurs de la dicte Dame dans la possession de tous et uns, chacuns leurs droicts et concessions conformément aux titres et provisions qu’ils en ont, desquels sera donné communication au dict Seigneur de La Tour et copies, comme respectivement fera le dict Seigneur de La Tour des siens à la dicte Dame d’Aulnay sa future Espouse pour sûreté des conditions cy-dessus.
Quant à Messieurs les enfants mineurs, tant d’une part que d’autre, a été conclu que ceux de Monsieur de La Tour seront nourris et entretenus aux dépens de la future communauté pendant leur minorité, et en cas de mort du dict Seigneur de La Tour, la dicte Dame promet que (jouissant paisiblement et tranquillement de son Douaire, donation et autres droits) d’assister suivant son pouvoir et au mieux qui luy sera possible, les dicts enfants mineurs de son futur époux pendant leur minorité ; et ceux de la dicte Dame future espouse seront aussy nourris et entretenus durant leur minorité soit en ce pays de la Nouvelle-France que de V Ancienne, aux dépens et sur le revenu et fonds de la société subsistante entre le Séminaire, la dicte Dame leur mère, et les dicts enfants mineurs, le tout gratuitement sans que la dicte Dame d’Aulnay, leur mère, leur en puisse faire ou faire faire aucune demande, à quoy le très Révérend Père Léonard de Chartres, Vice-Préfet et Custode de la
Mission, joint avec les très Révérends Pères et Frères Missionnaires, tout ensemble faisant fort et au nom des Très Révérends Pères de la Province de Paris, a consenti et consent pour “ l’intérêt du Séminaire ” en considération et pour le respect qu’il porte à la mémoire de feu Monsieur d’Aulnay, comme aussi pour l’amour et bienveillance particulière qu’il conserve en faveur de ses mineurs.
Sera loisible à la dicte Dame d’Aulnay pour sa satisfaction de retenir auprès de soi et avec tel et tel nombre de ses enfants qu’il luy plaira à condition qu’ils y seront nourris et entretenus pendant leur séjour aux dépens de la future Communauté du dict Seigneur de La Tour et de la dicte Dame.
Etant procrées Enfants du dict mariage ils partageront également avec ceux du premier lit du dict Seigneur de La Tour, tant de la Rivière Saint-Jean, Cap de Sable, qu’autres biens qui pourraient appartenir à iceluy Seigneur de La Tour, soit en la Nouvelle-France, qu’en L’Ancienne par succession, donation ou autrement, et respectivement de la part de la dicte Dame future Espouse suivant la coutume de Paris.
Les dicts Seigneur de La Tour et la dicte Dame d’Aulnay, future Espouse, pour parvenir aux fins et principal desseins de leur prétendu mariage, qui est la paix et la tranquillité du pays et la concorde et union entre les deux fabnilles veulent et désirent en tant qu’à eux est, qu’à l’avenir leurs enfants contractent nouvelle alliance de mariage par ensemble.
Faict et passé au fort de Port-Royal le vingt et quatriesme jour de Février mil six cens cinquante et trois, en présence des parties et témoins qui ont signé la minute des présentes: Signé : Charles de Saint-Etienne, Jeanne Mottin, St-Léonard de Chartres, Vice-Préfet et Custode de la Mission, Frère Jean Desnouse, St- François-Marie, J. Jacquelin, Prévost de Saint-Martin, Laverdure et Bourgeois, Tesmoins (1).
A quelle époque fut célébré le mariage de La Tour-Mottin ? M. Moreau l’ignorait en écrivant son livre ; il suppose que ce fut après 1656. M. Lauvrière, se fiant au contrat, le fixe à cette date. Nous savons qu’il eut lieu vers le mois de juillet 1653. Pourquoi ce retard ? Peut-être pour permettre au Supérieur général des
(1) Faveur de M. Léandre d’Entremont.
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Capucins, de Paris, d’autoriser le P. Léonard de Chartres à accepter les clauses qui se rapportaient au Séminaire et à la communauté ? Il existe un document qui nous porte à le fixer vers la mi- juillet 1653. Le voici :
“ Par devant Nous Notaire Greffier et Garde du Sceau Royal de l’Acadie soussigné furent présents en leurs Personnes Messire Charles de Saint-Etienne, seigneur de La Tour, Chevalier et Lieutenant Général pour le Roy dans le dit Pais de l’Acadie en la Nouvelle-France ; et Dame Jeanne Mottin, Veuve de feu Mre Charles de Menou Chamizay, Seigneur d’Aulnay, en son vivant aussi lieutenant général de sa dite Majesté dans le dit Pais et Côte d’Acadie, lesquels le dit Seigneur de La Tour et Dame d’Aulnay ayant contracté par ensemble en faveur de leur futur mariage voire même tous prêts de recevoir la bénédiction nuptiale , considérant qu’à faute de personnes intelligibles dans les procédures, formalités et stile de justice et pratique ; et craignant qu’à faute de rigueur et de sévérité des termes appartenant aux Contrats et actes passés entr’eux, leurs communes intentions fussent fraudées et privées de leurs effets, et que de là, quelques-uns avec le temps ne prissent sujet de les troubler par quelque équivocation en Contrariété des termes, ont déclaré et déclarent et confirment tous les actes passés qu’ils veulent et prétendent être bonnes et telles appellés, en tant qu’à eux et à la rigueur et sévérité des procédures, comme si elles y avaient été plus solennellement employés, suppliant et requérant la Justice d’avoir égard à ses intentions et les recevoir et faire valoir selon leur teneur, Suitte et Conséquence avantageuse et favorable selon leur intention renonçant à cet effet à toutes sortes d’évasion, Privilèges, exceptions ou explications de termes, voire même à toutes provisions et protestations de Contraire voulant le dit Seigneur et la dite Dame, que les différents actes qui ont été retirés à leur accord de mariage sortent leur plein et entier effet sans que l’un préjudicie l’autre mais qu’il soient efficacement reçus ainsi qu’ils ont été franchement et volontairement faits, puisque tel a été leur dessein et est encore à présent, qu’ils affermissent pour être immuable et irrévocable en vertu et par la force de ce présent acte que les dictes parties ont volontairement et de leur gré fait et signé par ensemble en présence des Témoins soussignés ; fait en la Chambre de la dite Dame en son fort du Port-Royal le Treizième jour de Juillet Mil
Six Cents cinquante trois. Ainsi signé : Charles de Saint-Etienne, Jeanne Mottin, de St-Mars, La Rivière et Dominchin, et plus bas est eserit les susdits seigneur de La Tour et Dame d’Aulnay ont mutuellement voulu et désiré que leur présente déclaration fût mise au pied de tous les actes par eux faits pour les valider et suppléer aux défauts de formalités et procédures si quelques-unes y manquent, ainsi signé : domïnchIn.
Collationné à l’Original par moy Greffier et garde du Sceau Royal dud. Pais ce dix-huit juillet, Mil six Cent Cinquante Trois.
Signé : DOMINCHIN (1).”
Comme on le voit, le mariage de madame d’Aulnay ne fut pas la conséquence d’un acte inconsidéré. Cette femme eut le temps de réfléchir à ce qu’elle faisait, puisque cinq mois s’écoulèrent entre le contrat et la célébration du mariage. De La Tour a donc été calomnié, ici encore, par les écrivains susmentionnés (2) .
Cette alliance, pourtant, ne rétablit pas la paix en Acadie. De La Tour n’était pas à la tin de ses tribulations. Il dut lutter contre un nouvel agresseur, c’était Emmanuel Le Borgne, sieur du Coudray, marchand de la Rochelle, que nous faisons connaître plus loin.
On a prétendu, de plus, que le mariage La Tour-Mottin ne fut avantageux ni aux enfants d’Aulnay ni à sa veuve. “ Inquiets ou sagement conseillés par les Pères Capucins, écrit M. Lauvrière, ils se retrouvèrent tous bientôt à Port-Royal, où, en 1654, Le
Borgne les relégua dans “ des cabanes champêtres . (3) .”
L’auteur cite un court passage de la lettre du P. Ignace qui montre que ces inquiétudes venaient plutôt de la présence des Anglais qui avaient pris le fort Saint-Jean et le Port-Royal. Denys déclare expressément que ces pauvres enfants furent heureux de trouver asile chez lui après avoir été chassé des Anglais (4). Pour nous le mystère n’existe plus. Nous savons qu’après la prise du fort Saint-Jean, au témoignage des enfants de La Tour, madame d’Aulnay y était avec les siens propres, et qu’ils vécurent du “ fruit de quelques terres à eux laissées par les Anglais ...” Le P. Can-
(1) Faveur de M. Théodore Beauchesne, archiviste fédéral, à Paris.
(2) La tragédie d’un peuple, I, p. 95.
(3) Le même.
(4) Le même.
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dide y va d’une autre affirmation également singulière. Fondé sur la citation de M. Lauvrière, il écrit : “ De leur côté, les enfants de Menou, ne pouvant se faire avec les jeunes La Tour, quittèrent leur mère, et retournèrent à Port-Royal où Le Borgne les relégua dans “des cabanes champêtres (1),” c’est-à-dire dans les fermes qu’il avait bien voulu laisser à leur mère.”
Où trouver la preuve que les enfants de Menou ne pouvaient s’entendre avec les jeunes La Tour ? Ces auteurs ne le disent pas. Nous savons que de La Tour eut des filles de son premier mariage, puisqu’il en est question dans son contrat passé avec madame d’Aulnay. Deux d’entre elles, d’après le même auteur, étaient déjà en France. Une mourut chez les Ursulines de Tours, tandis que l’autre entra à l’Abbaye de Beaumont-les-Tours. Une seule, Jeanne, demeura en Acadie. Ces enfants ne pouvaient donc pas nuire aux orphelins d’Aulnay ! Quant aux propres enfants issus de La Tour et de la veuve d’Aulnay, en 1655, ils ne causèrent pas de si grands désagréments à leurs demi-frères, puisqu’ils n’étaient pas nés, le mariage de leurs parents ayant eu lieu en 1653.
Ces faits, aussi bien que le testament de Marie de Menou, chanoinesse de Poussay, réfutent M. Lauvrière et le P. Candide. Cette digne religieuse conserva un si bon souvenir des petits La Tour qu’elle les fit ses héritiers. Elle déclare “ qu’elle a toujours aimé ses frères et sœurs ; les sachant pauvres, elle leur lègue, de préférence à tous autres, les biens qu’elle possède...” Voilà une preuve que la bonne entente, l’union, la charité, ne paraissent pas avoir été brisées au milieu des épreuves qui sont venues fondre sur cette famille.
Le 17 juillet 1653, Charles de Saint-Etienne de La Tour érigea, par lettres patentes, la baronnie de Pobomcoup en faveur de Philippe Mius d’Entremont et de Pierre Ferrant, venus avec de La Tour en 1651. Dans l’acte qui fut rédigé au Port-Royal on voit que de La Tour tenait cette seigneurie par charte royale, en date du 15 janvier 1636. Il accorde “ à noble Philippe Mius d’Entremont et à Dame Madeleine Hélie, sa femme, et à noble Pierre Ferrant et à Dame Mathurine Sicard, sa femme, ce domaine
(1) Pages glorieuses, p. 281.
avec le titre de baron.” Il fait cette donation en vertu de ses lettres, en date du 25 février 1651, à lui accordées par le roi, et pour la considération et le mérite des services que les Sieurs d’Entremont et Ferrant lui ont rendus. Cette concession “ comprend une lieue de terre de largeur sur quatre de profondeur sise et située au lieu appelé Pobomcoup, pour en jour avec le titre de baron et en tenure noble, relevant du “ Vieux Logis ”, à la condition de la foi et hommage et d’un “ quichipody ” de Castor et deux bouquets au jour de la fête de la Saint- Jean-Baptiste, selon la coutume de Paris. Le même jour, le Sieur de La Tour les mit en possession de leurs baronnies.”
Cet acte fut passé à Port-Royal, en présence d’Emmanuel Le Borgne, de Saint-Mars, Laverdure ; il porte les signatures de Charles de Saint-Etienne, de Philippe d’Entremont, de Pierre Ferrant et celles de leurs femmes (1), Madeleine Hélie et Mathurine Sicard (2).
Telle fut l’origine de la baronnie d’Entremont qui resta à la famille de ce nom jusqu’à la grande dispersion acadienne.
Le baron Philippe d’Entremont atteignit un âge très avancé. D’après une lettre de Desgoutins, en date du 23 décembre 1707, il mourut en 1700, à l’âge de 90 ans. Il a laissé une nombreuse et honorable descendance. La plupart des familles anciennes des environs de Pubnico tiennent par le sang aux d’Entremont, partant aux Saint-Etienne de La Tour.
(1) Edwin Crowell : History of Barraington Cuonty, p. 53. Cette pièce importante fut publiée en 1882, par le Moniteur Acadien, à Shédiak, dont le rédacteur était alors M. Placide Gaudet.
(2) La famille Sicard, originaire du Maine, France, portait : ‘“De sable, au cygne d’argent, couronné de même.”
Armoiries de Charles de Saint-Etienne de La Tour, d’après sa lettre du 25 juillet 1527, déposée aux Archives de la Bibliothèque Nationale, de Paris.