DE SAINCT-ESTIENNE
Claude de Saint-Etienne, fils de Claude de SainLEtienne, s’allia à Madeleine le Roy, fille de Guillaume le Roy, issue d’une famille importante. Cette famille, connue également sous le nom de Longeville, était alliée aux de Corberon et possédait un “ chastel ” à Mery-sur-Seine. Etant devenue veuve, cette dernière épousa noble Joachim de la Rue, d’une vieille noblesse de Champagne, et dont l’origine se retrace depuis Gauthier de la Rue, Mayeur du Ponthieu, vivant en 1187. Cette charge, écrit La Chesnaye Desbois, ne pouvait être exercée que par des nobles. Les de la Rue comptent des alliances avec les maisons de Villiers de L’Isle, d'Adam, de Stainville, de la Baume, d’Ailly, de Monchy, de Choiseul, de Luxembourg, de Saint-Belin, du Bellay, de Mesgrigny, et d’Aubeterre.
Simon de la Rue, seigneur d’Ormoy, du Fresnay, de Gravières et d’Osé, épousa, le 17 mai 1522, Jeanne du Moustier, dont la famille fut une seconde fois alliée aux Saint-Etienne.
Joachim de la Rue hérita de la seigneurie d’Ormoy.
Quatre enfants sont nés du mariage de Claude de Saint- Etienne et de Madeleine le Roy. Ce sont René, Georges, Claude et Madeleine. René de Saint-Etienne fut seigneur de Turgy et de la Chapelle ; Georges de Saint-Etienne, seigneur de Saint-Esteffe, fut
(1) Bibliothèque Nationale : Pièces originales, 2749.
ai cher et 1 un des gardes du corps de Sa Majesté ; Claude épousa Diane d’Abrichardot ; elle se remaria à Isaac de Monthelon ; Claude fut la femme de Jean de Despence ; Madeleine.
Le 29 novembre 1581, nous rencontrons tous ces personnages dans la demeure de Joachim de la Rue au contrat de mariage de Claude de Saint-Etienne, fille de Claude et de Madeleine le Roy, et de Jean de Despence.
“ Contrat de mariage de Jehan de Despence, escuier, seigneur de la maison Lasne au pays de Nivernois demeurant à Soligny, près Clamecy, âgé de 27 ans, ou plus, et usant de ses droits . . . avec demoiselle Claude de Saint- Etienne, lîlle de feu Claude de Saint-Etienne, escuier, seigneur de Turgy, et de demoiselle Madeleine le Roy, sa veuve, alors femme de Joachim de la Rue, escuier, seigneur d’Ormoy, présent, assistée de noble seigneur Jean de Saint-Etienne, seigneur de la Loge, son oncle et son tuteur.
Ce contrat est passé au lieu de Turgis, en la maison du dit sieur d’Ormoy, en présence de Edme de Saint- Relin, écuyer, cousin de la dite Claude de Saint-Etienne, de Nicolas de Railly, écuyer, et d’Edme de Railly, tous parents et amis de la dite demoiselle, de Louise de Saint- Etienne, aussi cousine, d’honorable Pyat, procureur du dit Jehan de Saint-Etienne, et Nicolas de Laistre, et devant Dufey, notaire, en la baronnie d’Ervy (1).”
De ce mariage est né Edme de Despence qui épousa demoiselle Claude de Saint-Etienne, fille de Claude de Saint-Etienne et de Diane d’Abrichardot, sa cousine. Elle mourut en 1641.
Le 29 janvier 1610, Edme de Despence confesse avoir reçu 14 livres, 11 sols, 8 deniers “pour un quartier échu le dernier décembre 1599, à cause de 58 livres, 6 sols, 8 chelins, échus par le décès de demoiselle Marie Nepveu, dame d’Orchaix, sa cousine, à cause de demoiselle Claude de Saint-Etienne, sa femme, fdle et seule héritière de feu demoiselle Marguerite le Roy et Jehan le Roy, héritiers de la dite rente de la dite Nepveu, à laquelle la rente appartenait (2).”
(1) Bibliothèque Nationale : Carrés d’Hozier, Pièces originales 239.
(2) Les mêmes : Pièces originales 996.
Madeleine le Roy (1) mourut vers le commencement de l’année 1608. Le partage de ses biens eut lieu le 25 février de cette année.
René de Saint-Etienne épousa Charlotte de Belval. Le 27 août 1636, il fait baptiser une fille, appelée Anne, et dont le parrain fut Antoine de Bretagne, seigneur de Jully. Le 27 décembre 1636, René de Saint-Etienne, seigneur de la Chapelle, est parrain de Charlotte, fille de noble d’Arbaut de Porchère et de Rose de Lafond. La marraine est Charlotte de Sennevoy (Saint-Etienne).
Georges de Saint-Etienne porta le nom de Sennevoy : le 26 juin 1673, il fait baptiser Marie, sa tille ; elle a pour parrain Aubert de Sennevoy (2).
Madeleine de Saint-Etienne épousa Daniel Aubert, écuyer, qui, de ce chef, devint seigneur de la Chapelle. Le 16 juin 1663, fut baptisé François, leur fils. Le parrain fut le comte de Clermont, lieutenant-général du roi, et la marraine, Marie de Bigny.
Madeleine de Saint-Etienne, le 5 avril 1677, est marraine de Madeleine, fille de Georges de Sennevoy et de Suzanne de Crèvecœur. Le parrain est noble Claude Soirot, commandeur de l’ordre de Saint-Marc.
A la date du 17 février 1676, se rencontre le mariage de François de Saint-Etienne, chevalier, seigneur de la Chapelle, et d’Anne Baillot, veuve de Charles de Cliangy. Sont témoins : Antoine de Saint-Etienne, rehgieux, M. Moreau, seigneur de Lignières, Michel de Changy, seigneur de Vezannes (3) .
Les familles de Saint-Etienne, de Despence, le Roy, la Rue, comme leurs alliées, les Lespinasse, de Railly, Boucher de Milly et de Flogny, se sont perpétuées durant de longues générations.
Dans l’église de Lignières on voit encore, de nos jours, une pierre tombale qui rappelle le souvenir de Claude de Saint-Etienne, femme de Jean de Despence, et d’Edme de Despence, son petit-fils, seigneur de Pontblin. Le dernier fut conseiller du roi, contrôleur au grenier à sel, de Tonnerre, et procureur du roi. Il mourut le 30 avril 1629.
(1) La famille le Roy portait : “D’argent, à trois merlettes de sable, posées deux et une.”
(2) Archives de l’Yonne : Arrondissement de Tonnerre — Canton de Cruzy Supplément E. 328, GG — 1 à 5 registres. Commune de Sennevoy-le-Bas.
(3) Les mêmes : Commune de Vezannes.
Pierre tombale de Claude de Saint-Etienne, en l’église de Lignières, département de l’Aube,
France.
ET SON TEMPS
L’épitaphe se lit comme suit :