‹ Charles de Saint-Étienne de La TourChapitre 8 sur 70 · DU ROY, CONTROLEUR AU GRENIER A SEL DE TONNERRE · texte numérisé non relu

DU ROY, CONTROLEUR AU GRENIER A SEL DE TONNERRE

ET PROCUREUR DE SA MAJESTÉ EN LA MARÉ- CHAVSSÉE DV DICT LIEV, ET DE DAMOISELLE DE SAINCT ESTIENNE, SA GRANDE MÈRE,

LEQUEL EST DECEDE LE 30e JOUR D’AVRIL

PRIES DIEV POVR SON NAME. (sic)

Au bas de cette inscription sont les armoiries des Despence : “ D’azur, à la gerbe d’or, surmontée d’un levrier courant d’or, et un croissant au-dessus, d’argent (1).”

Jean de Saint-Etienne, fils de Claude de Saint-Etienne et de Jeanne de Lespinasse, et petit-fils de Blanche Dauphine d’Auvergne, fut seigneur de Turgy, de Lignières, de la Loge Pontblin et d’autres lieux. Le 22 juin 1 182, à la montre de la Compagnie de Jean d’Amboise, seigneur de Bussy, son parent, Jean de Saint- Etienne y assiste comme “ homme d’armes ” de la dite compagnie (2). Il fit une alliance distinguée par son mariage avec Mathurine de Bailly, issue de l’une des premières familles de la Champagne.

L’origine de cette famille se retrace depuis Guy, seigneur de Bailly, dont la veuve, Isabelle, en 1311, rendait foi et hommage pour son fief et son domaine “ sis dans la ville de Champmorlin en cens, coutume et justice.”

(1) La Chesnaye Desbois : Dictionnaire de la noblesse, Vie p. 858. — Faveur de l’abbé L. Pierret, curé de Coussegrey, département de l’Aube.

(2) Bibli. Natio. fr. No. 21540 (Jaignières) fol. 263.

En 13'24, Guillaume de Railly comparaît pour les mêmes terres. Le 21 mars 1385, Jeanne de Railly, religieuse au couvent de Marcilly, près Avallon, abandonne à Guillaume de Beauvoir, seigneur de Chastellux, une vigne à elle léguée par Laure de Bordeaux, dame de Chastellux. En 1428, Edme de Railly (1) était seigneur de Tronchey et de l’Isle, et Mathurine de Railly, sa descendante, en devint Théritière et les transmit à ses enfants : Madeleine, Catherine, Jean, Yolande et Claude. Madeleine épousa, le 30 juin 1553, noble Jean Descarries, seigneur de Montigny et de Chareil. Le contrat de mariage fut passé au château de Saint- Etienne (2).

“ A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Jehan le Royer, escuyer, garde des sceaulx aux contrats de la Prévosté d’Isles, pour hault et puissant seigneur et prince le duc de Nyonnais, pair de France, gouverneur et lieutenant-général pour le roi nostre sire, en les pays de Champagne, de Brye, baron et seigneur d’Isles, Salut : Sçavoir faisons que par devant Guillaume Pougnot et Nicolas Niçois, notaires, jurés, establis à ce faire, en la dite Prévosté de par Mgr, furent présens en leurs personnes Jehan Descarry, escuyer, seigneur de Montigny, en Bourgogne, et de Chareil, d’une part, et demoiselle Magdeleine de Sainct-Estienne, fille de feu Jehan de Sainct- Estienne, et de demoiselle Mathurine de Railly, jadis sa femme, en leur vivant seigneurs et dame de Turgy et la Loge-Pontblin, pour elle d’autre part, reconnaissant les dites parties et présence et par l’avis de Jehan de Sainct- Estienne, escuyer, seigneur en partie des dits lieux de Turgy et la Loge-Pontblin, y demeurans, Edme de Railly, écuyer, seigneur de Garlay, demoiselle Yolande de Sainct-Estienne, Messire Pantaléon Petitpied, procureur de Troyes, seigneur de la Chaslette, en partie, tous parents et amis.”

A ce contrat, il fut stipulé que le fiancé Jean Descarry, seigneur de Montigny, retirerait de noble Anne de Vauldrey, seigneur de Saint-Phal, le fief de Saurisy ou de Vanlay, que feu Jean de

(1) Macé de Railly, seigneur de Beauce, Grand Maître d’Hôtel du roi Louis XI, épousa, en 1469, Marie Baraton, fille de Jean Baraton, seigneur de la Roche- Baraton, de la Touche, et de Marguerite d’Aubigné, fille de François d’Aubigné, seigneur du lieu, en Anjou, et de Marie de la Porte. Père Anselme, VIII, p. 583.

(2) Les Stuart furent seigneurs d’Aubigny, de l’Isle et du Tronchey, ce fut évidemment par les de Railly que les de Saint-Etienne héritèrent de ces domaines.

ET SON TEMPS

Saint-Etienne avait vendu à Crilles de Vauldrey, en son vivant seigneur de Saint-Phal. De son côté, Jean de Saint-Etienne, frère de Madeleine, s’il décède sans contracter mariage, lui abandonne tout ce qu'il possède, ne se réservant qu’une rente viagère jusqu’à sa mort. La dite Madeleine de Saint-Etienne, au cas où elle n’aurait pas d’enfants, donne ses biens à son frère, Claude de Saint-Etienne (1).

Les seigneuries de Tronchey, de l’Isle, Touchept et Rochepot, étaient échues à Jean de Saint-Etienne, tant par droit de succession du chef de sa femme (2) que par diverses acquisitions des seigneurs et des habitants de ces endroits.

Dans le rôle du ban et arrière-ban du bailliage de Sens de 1542, on lit le passage suivant : “Jehan de Saint-Etienne' pour sa portion de la seigneurie de Tronchey, qui vault le revenu par an VIXX 121 livres, taxé XVII livres, XVIII sous, exempt du service personnel parce qu’il a fait apparaître qu’il est à présent à Paris, et contribuera (3).”

Les de Lespinasse étaient aussi coseigneurs du Tronchey. Dans le registre du ban et arrière-ban de Sens, de l’an 1545, il est dit :

“ Antoine de Lespinasse, seigneur en partie de Tronchey, qui vault de revenu XI sols, taxe II sols, IV deniers. Contribuera (4) ”. On se souvient qu’Anne de Saint-Etienne, lors de son mariage, apporta à son mari Jean de Lespinasse, la seigneurie de Turny, que son père, Pierre de Saint-Etienne lui donna en dot. Cette seigneurie fut divisée, dans la suite, entre les frères de Lespinasse. “ Autre portion de la seigneurie de Turny acquise de François et Anthoine de Lespinasse valant de revenu XX livres, X sols.” Dans le rôle de ceux qui ont été exemptés de faire du service au ban et arrière-ban du bailliage de Sens, à la montre faite au mois de janvier 1542, il est dit : “ Antoine de Lespinasse , seigneur en partie de Turny, est de la compagnie du seigneur de Torcy”.

Avant que d’échoir aux de Railly, de Lespinasse et de Saint- Etienne, la seigneurie de Tronchey avait appartenu à Hélène d’Estouteville, femme de René de Chateaubriand, comte de

(1) Archives de l’Aube, 1 B. 896, fol. 69-72. Registre des Insinuations.

(2) Edme de Railly possédait une partie du Tronchey en 1482.

(3) Bibliothèque Nationale, Ms, fonds français : 21,540.

(4) Le même : Maurice Roy, Ms, fonds français 21,540.

Cassano, au royaume de Naples. Sa fille, Charlotte de Châteaubriand, avait épousé Henri de Croy, sire de Croy, d’Arschot, de Renty, d’ Arables, de Portien, et seigneur de Bar-sur-Aube. Il fut conseiller et chambellan du roi Louis XII (1). Il eut sept enfants (2).

Catherine de Saint-Etienne épousa noble Donation Alespée, écuyer, seigneur de Villeneuve (3). Lors de son mariage, Mathurine de Railly, mère de la fiancée, lui fit don des deux tiers des “ seigneuries de Tronchey, de l’Isle, et Touchept, appartenances et dépendances, sises au bailliage de Sens, et mouvant en fief de Mgr le duc de Retz, à cause de son comté de Tonnerre. Elle donne encore deux maisons situées à Tronchey, au lieu appelé Flandre, qu’elle a acquises de Pierre Maugras et des héritiers de Guillaume. Elle donne en plus les droits que le sieur de Villeneuve possède en un tiers des deux tiers de la terre et seigneurie de Lignières acquises de feu Jean de Saint-Etienne, son mari, en son vivant seigneur de Turgy, dès l’an 1548. . .

Mathurine de Railly cède tous ces droits moyennant une rente qui lui sera payée sa vie durante.”

Le 18 juin 1562, Donation Alespée et sa femme, Catherine de Saint-Etienne, seigneurs de Villeneuve, de Tronchey, de l’Isle, de Lignières, de Turgy, d’Ervy, la Barotte, “ font donation de leurs biens à leur fils Alexandre Alespée. Si ce dernier vient à mourir sans enfant, ces terres devront retourner à Claude de Saint-Etienne, frère de la donatrice.”

Dans le rôle du ban et arrière-ban de 1575, Alexandre Alespée est substitué à Donatien Alespée, écuyer, “pour sa portion de la dite

(1) Il était le fils de Philippe de Croy et de Jacqueline de Luxembourg, dame de Bar-sur-Aube, fille de Louis de Luxembourg, comte de St-Pol et de Jeanne de Bar, comtesse de Marie et de Soissons. Une de ses sœurs, Marie de Croy, épousa Guillaume de Looz, comte de Blackenheim, fils de Guillaume de Looz et de Marguerite de Moeurs. Il a donné son nom à la seigneurie de Looz, qui fut l’apanage des Lespinasse.

(2) Charles de Croy épousa Françoise d’Amboise, fille de Jacques d’Amboise et d’Antoinette d’Amboise, dame de Ravel, alliée aux de Lespinasse. Jacqueline de Croy, sa sœur, fut la femme d’Antoine, marquis de Bergh, comte de Walheim, chambellan de l’empereur Cliarles-Quint, fils de Jean, seigneur de Berg-of-Zoom, de Walheim et de Waure. Hélène devint la femme de Jacques de Luxembourg et de Marguerite de Bruges ; Philippe de Croy épousa Anne de Croy, princesse de Chimay ; en secondes noces Jeanne d’Humières, fille de Philippe, seigneur de Lassigny et de Barbe du Bois d’Annequin ; en troisième noces Anne de Lorraine, veuve de René de Nassau, prince d’Orange, fille d’Antoine de Bar, duc de Lorraine et de Bar et de Renée de Bourbon-Montpensier.

(3) Coseigneur de Lignières. Rôle du ban et arrière-ban du Bailliage de Troyes, en 1558 : Bibliothèque Nationale.

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seigneurie de Tronchey, valant le revenu par an VI X I livres et ledit Alespée est homme d’armes de la compagnie du seigneur duc de Nemours. . . . (1)”

Le 11 février 1617, Jean de Saint-Etienne résigne les fonctions importantes qu’il remplissait à la Cour. Il est qualifié “ conseiller du roi et payeur des gardes écossaises du corps de Sa Majesté ”. A cette époque, il demeurait à Paris, rue St-Honoré, paroisse Saint- Eustache. On dit qu’il eut pour héritières Marguerite, Madeleine, et Raoulin de Saint-Etienne, et que la première épousa Guillaume Canto, trésorier-général de France à Limoges (2).

Arrêtons-nous ici, mais retenons les conclusions suivantes : 1° Il y eut, en Champagne, une grande famille de Saint-Etienne remarquable par ses alliances et par les vastes domaines qu’elle a possédés. 2° Ils furent seigneurs de Turgy, de Chamblain, de Turny, de Lignières, de Touchept, du Tronchey, de l’Isle, d’Esnon, de la Tour et autres lieux. 3e Ils tiennent par le sang aux de Lespinasse, descendants des Dauphins d’Auvergne et de Boulogne, et aux grandes familles du royaume de France.

Que Claude de Saint-Etienne, le fondateur des Saint-Etienne de La Tour en Acadie ait été le descendant de cette famille, il n’y a pas l’ombre d’un doute. Son arrière-petit-fils du Vivier affirmait, en 1735, (3) que son ancêtre venait de la Champagne et qu’il avait

(1) Bibliothèque Nationale : M. Maurice Roy; Ms, fonds français, No. 21,540.

(2) Au cours de nos recherches nous avons rencontré d’autres notes intéressantes : Jeanne de Saint-Etienne, daine de la Cour et de Comparnaud, devient la femme de noble Bertrand d’Isalguier, baron de Clermont, d’Aureville, de la Barthe. Une de ses filles, Marie d’Isalguier, épousa Sébastien de Béon, vicomte de Sere, et, en secondes noces, Jacques de Rochechouart, baron de Faudoas, chevalier des ordres du Roi. De cette alliance naquit Jean-Louis de Rochechouart qui fut l’auteur des seigneurs de Clermont. Il compte parmi ses descendants Guillaume de Rochechouart qui fut seigneur de Jars et de Bréviande, premier maître d’Hôtel du Roi, chevalier, gouverneur des fils de France qui devinrent les rois Charles IX, Henri III, le duc d’Alençon. Il avait épousé Marie-Louise d’Autry, dame de la Broue, fille du sieur d’Autry, seigneur de la Broue et de Philippe de Marazin. Les de Rochechouart s’allièrent aux d’Yaucourt,. de Pisseleu, de Monceaux, de la Broue, de Montigny.

“Le 16 novembre 1599, noble homme... de Saint-Etienne, conseiller du roi en la chancellerie de Languedoc demeurant à Toulouse, confesse avoir reçu de Léon Trévide, receveur des rentes, 16 écus 2 tiers pour un quartier échu le 31 décembre 1596. Signé : de Saint-Estienne.”

Les de Saint-Etienne du Languedoc portaient : “ Ecartele au 1 et 4, d azur au lion d’or, accompagné d’un bezans d’argent, au 2 et 3 de gueules à 3 fasces d’or, sur le tout d’azur, à 3 cailloux d’argent, au chef de gueules, chargé de 3 coquilles d’or. Cimier : un lion issant, d’or.”

Bibliothèque Nationale : Pièces originales, 2749.

(3) Affaires Etrangères, Mémoires et doc. Amérique, VIII, 1735-1748.

vendu des domaines considérables en quittant son pays natal. D’Aulnay, l’ennemi de Charles de La Tour, lui reconnaissait le nom de Turgy que ses ancêtres avaient porté. En 1612, Charles de Saint-Etienne, à Port-Royal, est désigné sous les noms de Saint- Etienne et de la Tour (1). Il y a plus : tous les documents officiels émanés du roi de France, du Cardinal de Richelieu, de la Compagnie de la Nouvelle-France, des représentants du roi d’Angleterre et des officiers publics de cette nation, le désignent sous ces deux noms.

Ses armoiries sont identiques à celles des SainteEtienne de Turgy mentionnées et décrites dans un document authentique daté du commencement du seizième siècle et qui a pour titre : Mémoire pour servir à la généalogie des MM. de Sainct-Etienne de Turgy (2). On lit : “ Par tous les titres et renseignements paroit assez clairement l’extraction et ancienne noblesse de tous les sieurs de Sainct- Etienne de laquelle on n’a jamais eu le moindre doute, comme l’assureront et attesteront les seigneurs et gentilshommes les plus signalés de la Province, desquels ils sont fort connus . . . ayant vécu noblement, partagé de mesmes, s’estant alliés à de nobles familles et ceux qui restent aujourd’hui n’ayant forligné ny dégénéré en rien des vertus de leurs ancêtres d’où procède la vraye noblesse, ayant au reste toujours jouy des droite et privilèges des nobles en les ceintures ès églises comme il se voit en celles de Turgy et de Lignières ; porté armes et timbres, lesquelles armes sont : De sable à deux lions opposés et se regardant d’argent tenant trois coquilles de mesmes, couronnez d’or, armés et lampassez de gueules ; le timbre ou cimier : un demy lion d’argent, couronné d’or . . ”

Ces armoiries figurent avec honneur dans le grand armorial de France de M. Hector le Breton (3) avec celles des familles des rois de France et de la grande noblesse du pays. On y relève les noms suivants : la maison de France, celle de Lorraine, Duc

(1) Factum de Biencourt : Gabriel Marcel.

(2) Bibliothèque Nationale, Cabinet d’Hozier, 131, dossier 3372.

(3) Hector Le Breton, sieur de la Doinneterie, Roy d’ Armes de France, 1629, Gros in-folio, 568 pages.

Armoiries des Saint-Etienne de La Tour

ET SON TEMPS

de Savoye, La Trémoille, de Rohan, Ventadour, de Sully, de Bellegarde, de Luynes, de Créquy, de Brissac, de Villars, de Canillac, de Vitry, de Rochechouart, de Rambouillet, de Châteaubriand, de Rochefort, de la Rochefoucauld, de Lévis-Mirepoix, de La Palisse, de Montsereau, de Maillé, de Pompadour, de Polignac, de Fénélon, de Lusignan, de Richelieu, de Montespan, de Castelneau, de Guercheville, de Saint-Etienne ....

Edme de Saint-Etienne, seigneur de Turgy, portait comme suit : D’argent, à deux lions affrontez de sable, couronnés et lampassés de mesmes, soutenant trois coquilles de mesmes posées en pal. On sait que les diverses branches d’une meme famille, pour se distinguer entre elles et pour rappeler quelques alliances, variaient leurs armoiries tout en conservant à ces dernières le champ principal qui servait à reconnaître l’origine de leur famille.

Claude de Saint-Etienne et son fds, Charles, auteurs des Saint- Etienne de La Tour en Acadie, portaient les mêmes armoiries que les Saint-Etienne de Turgy et de Lignières avec cette variante : la coquille du centre est remplacée dans leur blason par un petit écu, à une fasce d’argent et à trois cols de cygnes posés deux en chef, contournés, et l’autre mouvant de la pointe de l’écu (1). En voilà assez pour montrer que d’Aulnay avançait une demi-vérité quand il affirmait que son ennemi avait pour nom Turgis ; mais il trompait sciemment en disant qu’il fut fils d’un maçon appelé tout d’abord Turgis, plus tard Saint-Etienne, et enfin de La Tour. Le factum de M. de Biencourt, rédigé en 1612, prouve que les deux noms étaient portés à cette époque par les mêmes personnages.

(1) A quelle famille devons-nous attribuer le petit écu qui se voit dans le blason de Charles de Saint-Etienne de la Tour ? Nous ne pouvons le dire avec certitude. Nous savons toutefois que Pierre de Saint-Etienne avait pour femme une de Garehy ou Guerche et que cette famille portait : “ De gueules, à la

fasce d’argent, accompagnée de trois cygnes de même, alias trois cygnes sans cuisse Par ailleurs, une famille de la Tour portait : “ D’azur au cygne d’argent ”. Il se peut que Claude de Saint-Etienne de La Tour et son fils, Charles, aient voulu faire revivre Tune ou l’autre de ces familles, plus vraisemblablement la première.

Nous arrêter plus longuement sur cette question semble superflu. Ce serait donner de l’importance à des assertions controuvées et démenties par les documents. Au point de vue de la noblesse, les de Saint-Etienne n’eurent rien à envier aux de Menou dont l’histoire n’est pas encore entièrement connue (1) ou à la noblesse de leur temps.

(1) Dans les lettres patentes accordées par Sir Guillaume Alexandre, Claude de Saint-Etienne est qualifié des titres de seigneur de La Tour et de Vuarse ou Vuarre. C’est Endicott qui enregistra ces pièces dans les archives de l’Etat du Massachusetts, à Boston. Connaissant par expérience le sans-gêne avec lequel les écrivains anglais dénaturent les noms français, nous croyons que le mot Vuarse aurait été substitué à celui de Veauce. Philippie de Veauce, femme de Béraud Dauphin, ancêtre des Saint-Etienne, étant la fille de Pierre’ de Veauce seigneur de Baigueux. Par ailleurs, Charles de Saint-Etienne, dans ses lettres patentes à lui accordées par le même Sir Guillaume Alexandre, est désigné comme seigneur de Baigneux. Notre hypothèse est donc en tout point vraisemblable. Les de Saint-Etienne voulurent faire revivre en Acadie des noms qui rappelaient ceux que leurs ancêtres illustres avaient portés en France. On ne doit pas être étonné que ce point de minime importance reste encore à éclaircir quand on sait que la famille de Saint-Etienne a attendu jusqu’à nos jours son premier historien. Des recherches dirigées en ce sens par nos bons amis de France permettront de découvrir d’autres pièces qui aideront à combler cette lacune. Par ailleurs, en dépit des travaux de M. le comte de Menou qui, en 1852, a écrit les Preuves de la maison de Menou, il reste, sur cette famille et sur Charles’ de Menou, plusieurs points obscurs. Ainsi M. Pierre de Vaissière ignorait encore, en 1924, où était située la seigneurie d’Aulnay ? D’après lui, elle doit se trouver en Angoumois ou en Saintonge. “ S’agit-il d’Aulnay (Charente-Inférieure), ditil, la chose semble bien douteuse.” Il conclut que “ c’est de la seigneurie de sa grand’mère maternelle que Charles de Menou prit le nom et les titres. Mais encore une fois, ajoute cet écrivain, “cet Aulnay me paraît difficilement pouvoir être identifié avec Aulnay (Charente-Inférieure). Revue de l’histoire des Colonies françaises, 12e année, 1924, pp. 473 et suivantes. P. Candide : Pages glorieuses,

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