A. N.,J 403, n° 9 et 10 (analyse de Dupuy
2. M. d’Avenel cite les gages d’une d'entre elles, Revue des Deux Mondes, octobre 1896, p. 608.
3. 1280 : « Expensa pro xxuir scutellis traditis domino J. Deulardi pro pueris de Lupara, xxxvi marchas, x stellingos » ; 1282 : « pro cremento unius poti ad lac ad opus puerorum de Lupara, 1 marchas, 11 stellingos et pro vu platellis ad opus eorumdem vrr marchas. » B. N., lat. 17010, n° 47.
&. Lecoy de la Marche, La chaire française au moyen âge, p. 213-4.
5. Ch.-V. Langlois, Le règne de Philippe III le Hardi, p.22 et ss.
n'eut ni l'initiative, ni la conduite, se rattachant beaucoup plus à l'histoire de Charles d'Anjou qu’à celle de Charles de Valois : nous en parlerons donc d'autant plus sommairement que la question a été traitée d’une manière très complète par M. Ch.-V. Langlois et plus récemment par MM. Lecoy de la Marche! et Baudon de Mony ?. Il serait donc inutile d’insister sur les détails de cette guerre, née des progrès mêmes de la dynastie capétienne. Cette dynastie, non contente de constituer en France une unité nationale assez forte pour menacer les États voisins, établissait ses cadets sur tous les trônes vacants dont le Saint- Siège pouvait disposer en leur faveur. C'est cette expansion qui explique les paroles mises par Dante dans la bouche d'Hugues Capet : « Je fus la racine de la mauvaise plante qui couvre toute la Chrétienté de son ombre. De mauvaise plante, mauvais fruit. » Les traditions de sa famille poussèrent Charles de Valois, cet autre cadet capétien en quête de royaume, dans la voie des ayentures où Charles d'Anjou avait trouvé une couronne, et où Louis d'Anjou et les Valois se laissèrent entraîner après lui 5.
La guerre naquit des Vêpres Siciliennes, au moment où Charles d'Anjou allait tenter en Orient la conquête de cette couronne impériale, autre mirage qui séduira aussi Charles de Valois. Les Siciliens, à l’instigation de Pierre, roi d'Aragon, massacrèrent les Français établis dans leur ile, et appelèrent les Aragonais. La France, qui, dès le commencement de l’année 1282,
1. Relations poliliques de la France avec le royaume de Majorque.
2. Histoire des relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne. Il faut citer aussi : Amari, La guerra del vespro Siciliano; A. de Bofarull, Storia crilica da Catalona, Barcelone, 1877-89, 9 vol. in-8 ; Buchon, dans ses Chroniques élrangères relatives aux expédilions françaises pendant le XIIE s., a édité les chroniques de D’Esclot et de Muntaner, qui sont les principales sur ce sujet; c’est à son édition que nous renvoyons, quand nous ne mentionnons pas que nous citons l'édition de Lanz.
3. Par exemple lors du projet de constitution du royaume d'Adria, Durrieu, Revue hist., 1880, II, p. #3; Noël Valois, La France et le grand schisme, I, p. 167, 180, 187.
avait demandé à Pierre des explications sur ses armements !, se trouva amenée à une guerre inutile et sanglante pour soutenir le roi de Sicile. Celui-ci, après avoir entraîné Saint Louis sous les murs de Tunis, allait pousser Philippe IIT sous ceux de Girone. Charles d'Anjou, pris au dépourvu et battu, laissa la régence à son fils Charles, prince de Salerne, et vint demander au pape et à son neveu, le roi de France, un appui contre son ennemi. En mars 1283, le pape Martin IV, Français d'origine, excommunia Pierre et lui enleva l’Aragon jusqu’à soumission complète ? et le 1 septembre, il annula la donation faite par le roi à son fils Alphonse de tous ses États 3; il s'opposa en même temps au duel projeté entre les rois d'Aragon et de Sicile #. Ce duel n'eut pas lieu : Pierre vint secrètement à Bordeaux et partit de même sans avoir accepté un duel qui l'aurait livré à la merci de son adversaire; le roi d'Angleterre, ayant en effet refusé de servir d’arbitre 5, le roi d'Aragon n'avait d'autre garantie que la bonne foi de son adversaire, sur laquelle il ne pouvait compter après les procédés dont il avait lui-même usé. Les deux partis hâtèrent leurs armements et la France se prononça pour Charles d’Anjou ; quant au pape, on lui demanda, suivant l'usage, de fournir les moyens de recruter une armée : décimes imposées au clergé en faveur du roi, indulgences pour les croisés, enfin autorisation de satisfaire au vœu d'aller en Terre-Sainte en suivant le roi. Tel était l'état de la question quand arriva à la cour de France, le 11 juillet 1283, le cardinal Jean Cholet 6 qui allait se dévouer entièrement à cette entreprise. Le 26 août, il reçut la bulle qui l’autorisait à disposer de la couronne d'Aragon ?