‹ Charles de Valois (1270-1325)Chapitre 24 sur 432 · Muntaner, p. 355-7; D’Esclot, p · texte numérisé non relu

Muntaner, p. 355-7; D’Esclot, p

6. Arch. de Barcelone, Reg. d'Aragon, 47, fo 133 vo, P. J., n° I.

7. Ch.-V. Langlois, 0. c., p. 162-164; D'Esclot, p. 730 et ss.

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Chacune des parties engagées dans la lutte allait essayer de ürer le meilleur parti possible de sa situation. Le pape et le roi d'Angleterre voulaient la paix, Charles II de Sicile, prisonnier des Aragonais, désirait la liberté, Alphonse d'Aragon ne demandait que la levée des excommunications portées contre lui; quant à Jacques son frère, roi de l’île de Sicile, tout le monde était assez disposé à le sacrifier, de même que les prétentions de Charles de Valois. Celui-ci venait de recevoir en apanage, par le testament de son père, les quatre châtellenies de Crépy, la Ferté- Milon, Pierrefonds et Bethisy !, avec un revenu assuré de 10.000 I. p. et le titre de comte de Valois. Mais ce domaine, dont il n'eut l'administration qu’en 1291 ?, était insuffisant pour lui permettre de faire la guerre tout seul, et Charles restait sous la tutelle de son frère. Il dépendait donc de celui-ci de continuer la guerre, ou de faire la paix : son père, d’après Géraud de Frachet ?, lui avait fait jurer « d'aider fidèlement et de tout son pouvoir son frère Charles à acquérir le royaume d'Aragon », tandis que Muntaner # rapporte le contraire. Philippe le Bel était certainement bien disposé pour son cousin d'Aragon, et désireux de lui laisser sa couronne ; il savait d’ailleurs combien :il serait difficile de la lui enlever, mais 1l aimait tendrement son frère, né comme lui d'Isabelle d'Aragon : sa politique allait donc être de soutenir, sans toutefois faire la guerre, les revendications de Charles de Valois, non pour en faire un roi d'Aragon, mais pour lui obtenir les plus belles compensations possible, et il y réus-

sira pleinement.

2, B. N., fr. 5824, fo 48 (Appendice D). En mai 1289, Philippe IV payait encore les chambellans de Ch., A. N., K 36, n° 17.

PRHBRE XXI "7.

Les apparences toutefois ne changèrent pas dès le début : le pape renouvela ! contre Alphonse d'Aragon les sentences portées contre son père, manda au légat Cholet, qui restera jusqu'au bout l’âme de la coalition, de contraindre les ecclésiastiques à remettre leurs forteresses voisines des frontières de France à Philippe IV ou à Charles, roi d'Aragon, de suspendre les ecclésiastiques favorables à Alphonse, et enfin accorda des indulgences à tous ceux qui subviendraient rapidement aux frais de la croisade ?. Cette même année, les Cortès d'Aragon adressèrent au pape une lettre éloquente qui ne produisit aucun résultat ?. Puis les deux partis se tournèrent vers Édouard Ier que sa neutralité et ses tentatives de pacification indiquaient comme arbitre. Dès le 2 mai 1286, les fils de Charles II et les différents ordres de Provence le prièrent d'intervenir pour la délivrance de leur père et seigneur #; de son côté, Alphonse d'Aragon lui donna plein pouvoir pour signer en son nom une trêve avec la France *. Le roi d'Angleterre accepta ces fonctions 5, et pria de plus le roi de Castille d'envoyer, lui aussi, des ambassadeurs à Bordeaux 7. De son côté le pape excommunia Jacques d'Aragon, second fils de Pierre, qui gardait la Sicile conquise et léguée par son père $, accepta les excuses d'Alphonse, dont les envoyés n'avaient pas encore pu arriver à Rome, et leur accorda les délais nécessaires. Honorius IV, toutefois, ne renonça pas au procès en suspens ‘, et interdit au roi d'Angleterre de donner en mariage à Alphonse sa fille Éléonore 1, ce dont il ne tint aucun

4. Arch. Vat., Misc. Vat., 1285; Potthast, n° 22413: Reg. d'Honorius IV, c. 349.

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