‹ Charles de Valois (1270-1325)Chapitre 347 sur 432 · Ibidem, p · texte numérisé non relu

Ibidem, p

J. Perir, — Charles de Valois. 20

régale, étaient cités devant tous les tribunaux, bien qu'ils ne dussent ressortir que de l'Église. Malgré l’interdiction de l'Église, les clercs devaient donner caution, on saisissait tous leurs biens pour peu de chose, et on y mettait comme gardiens des gens sans probité. D'autre part, la juridiction des clercs était sans cesse restreinte, et ils étaient accablés d'impôts, de péages et de vexations : pour une décime indûment réclamée, un archiprêtre avait vu saisir son cheval, piller sa maison et enlever ses livres; il dut donner caution pour qu'on lui rendît son cheval, et payer 10 sous à ceux qui le lui avaient enlevé; enfin les prêtres pauvres étaient poursuivis sans pitié par les collecteurs. Aussi, dit l'évêque, tous ces fonctionnaires et collecteurs, jadis gens de rien, sont maintenant riches, et ont en abondance chevaux et vaisselle d'argent !.

Comme conclusion, Guillaume le Maire demandait le retour au temps de saint Louis, idéal poursuivi et réclamé en vain par les sujets de son petit-fils; puis il réclamait une indemnité pour le pillage opéré par Pierre de Bonay, et la renonciation aux annates réclamées sur les bénéfices vacants pour une autre cause que la mort du titulaire *.

Le 23 avril 1299, le roi lui accorda une réponse favorable sur tous les points, ce qui prouve que ses réclamations étaient fondées *; quant à Pierre de Bonay, il dut restituer les biens volés #, Une nouvelle trève était conclue; mais bien que David de Sesmaisons ne fût plus baïlli depuis 1304 5, Guillaume le Maire ne fut pas laissé tranquille. Tout agent reprenait les prétentions de son prédécesseur : le 5 juillet 1307, Guillaume dut excommunier les collecteurs d'aides qui lui réclamaient indûment de l'argent, en usurpant le nom du comte pour servir cette préten-

. Toute cette lettre est éditée, Guillaume le Maire, p. 353-362, Guillaume le Maire, p. 362.

Ibidem, p. 370-374; Ordonnances, 1, p. 331.

Guillaume le Maire, p. 372-374.

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tion !; il obtint du roi que les clercs ayant un revenu de moins de 12 1. ne payassent rien ?.

Guillaume fit appel à la bienveillance de Charles de Valois, et lui envoya une série de doléances, lues à Angers par Étienne de Bourgueil, archidiacre d'Outre-Loire, devant Guillaume du Perche, Geoffroi de Vendôme et Laurent Voisin, conseillers du comte *. Ses griefs étaient les suivants : les gens du comte interdisaient de crier : « audite bannum domini comitis et episcopi Andegavensium », et ils lui refusaient depuis dix ans l'usage de la forêt de Monnais. Quelques-uns des officiers de Charles avaient envahi un de ses châteaux, l'avaient pillé, avaient lié les clercs qui le gardaient sous le ventre des chevaux, leur attachant les mains au dos de l'animal, et les avaient promenés ainsi dans le marché, puis leur avaient extorqué 500 1., et avaient emprisonné le sergent de l’évêque “. Dans la maison de Pierre Michel, clere, ils avaient enlevé divers objets, puis ils avaient arrêté cinq hommes pour un enfant trouvé noyé dans un ruisseau, et enfin ils avaient chassé dans les bois de l’évêque, et y avaient usurpé la garenne ®. D'autre part, Girart de Saint-Just, sous-bailli de Saumur, avait enlevé un ostagier du seigneur de Bauçay, et l'avait emprisonné aux Tufleaux, puis à Saumur, et le baïlli avait emmené un mansionier de Briolais 5, Des sergents avaient enlevé des ostagiers, enfermé dans la fosse aux voleurs Hervé Gigou, sergent du se‘gneur de Montjean, frappé le sergent du seigneur des Bruyères, proscrit les mesures de Briolais dans un village commun avec le sire de Craon, vassal de l’évêque. Enfin les agents voulaient enlever à l'évêque une forêt à Vauchrétien, et

1. Il n'était pas vassal de Ch. de V.; il ne lui devait donc pas d'aide, Guillaume le Maire, p. 386-388.

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