‹ Charles de Valois (1270-1325)Chapitre 55 sur 432 · Funck-Brentano, o. c., p · texte numérisé non relu

Funck-Brentano, o. c., p

5. Liste de ces chevaliers : De Limburg-Stirum, o. e., 1, p. 303-305. Sur la reddition, v. Annales Gandenses, p.12; Chronique Artésienne, p. 33; Anonyme, A. F., XXI, p.135; G. Guiart, XXII, p. 235.

En même temps, la ville était remise aux mains de Charles qui avait réglé, le 8 mai 1300, les conditions de la soumission !, Charles, montrant un sens politique qu'on lui a souvent nié, fut très modéré ?. Il confirma les privilèges des Gantois, se contenta de quelques otages #, promit qu'on n'imposerait aucune amende, et rappela les anciens XXXIX, partisans de la France, bannis par le comte. Mais, chose extraordinaire, il n’exila pas les nouveaux, partisans de Gui de Dampierre : tout au contraire, il remit la décision du conflit entre eux à un tribunal de huit prud'hommes choisis par moitié dans chaque parti. Charles de Valois laissa même aux XXXIX nouveaux la juridiction, tout en stipulant que les anciens XXXIX exilés en seraient exempts #, Ces conditions très prudentes étaient propres à pacifier la nouvelle conquête que Charles venait de faire pour son frère, Sa modération, qui lui faisait renvoyer libres les chevaliers allemands et brabançons qui défendaient Gand”, ne tarda pas à porter ses fruits : le 11 mai, Audenarde capitula 0, et enfin le 21 mai, Ypres, où commandait Gui de Namur, se rendit à son tour 7. Mais Charles fut moins indulgent, car les bourgeois d’Audenarde durent déclarer que « des meubles que nous avons le roi pourra prendre a sa pleine volenté en matière d'amende », et ceux d'Ypres ratifièrent de plus la suppression de leurs franchises. Ces villes expiaient ainsi la longueur de leur résistance, et

1. Acte de Ch. de V., Arch. de Gand, charte n° 229 ; éditions : Ordonnances, XII, p. 340; De Limburg-Stirum, o. c., I, p. 294-296; B. E, C., 1896, p. 401-402.

2. De là aussi, sans doute, vient la bienveillance qu'ont pour lui les chroniqueurs flamands, comme nous l'avons déjà remarqué à propos de la conversation de Bruges en 1297 (v. ci-dessus, p. 37), qui est la traduction en paroles, de la politique que Ch. de V. réalisa par ses actes.

3. Avis des notables de Gand sur les otages remis à Ch. de V., Bulletin de la commission royale d'histoire de Belgique, 2° série, NT, p. 25.

. Funck-Brentano, o. c., p. 348-349 ; Ordonnances, XII, p. 340.

. De Limburg-Stirum, o. c., I, p. 293-294.

11 mai 1300, lettres de la ville d'Audenarde, A. N., J 5%#%, n° 2. 21 mai 1390, lettres de la ville d'Ypres, À, N.,J 5##, n° 5.

J. Perir, — Charles de Valois.

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obtenaient d'autant moins de ménagements qu'elles étaient plus faibles.

Charles de Valois ayant soumis toute la Flandre revint à Paris, ramenant ses prisonniers ; au retour, il passa une nuit au monastère de Saint-Martin-de-Tournai !, puis traversa Arras, et arriva à Paris, le 24 mai, pour les fêtes du mariage de Blanche, sa sœur, avec le fils d'Albert d'Autriche ?. Certains chroniqueurs, de peu de valeur, ont dramatisé la réception des prisonniers par le roi, qu'ils représentent muet et inflexible en présence des supplications de Gui de Dampierre, de Charles de Valois et des seigneurs présents 3. En tout cas, les Flamands prisonniers furent répartis entre divers châteaux mais bien traités; la Flandre semblait soumise, et le roi put y faire une promenade triomphale #. Malheureusement Philippe y mit comme gouverneur Jacques de Chatillon, qui fut moins heureux que Charles de Valois dans ses rapports avee les communautés flamandes. En effet, celles-ei désormais entreront en seène, et leurs luttes intérieures et leurs soulèvements contre le roi domineront toute l'histoire de Flandre ?. Pendant ce temps, Boniface VIIT prorogeait la trêve avec l'Angleterre ©, une trêve intervenait entre ce pays et l'Écosse ?, et si Édouard Ie combattait les intrigues françaises dans les dernières villes qu'il possédât en Aquitaine, en arrétant les Bayonnais suspects À, la paix régnait de ce côté.

1. Gilles Li Muisis, De Smet, I, p. 189. Auparavant, le 11 mai, à Gand, Ch. de V. avait établi Gilles de Bailleul pour lever les « briefs » dans le pays de Waës, Wauters, 0, e., VI, p. 698.

2, Funck-Brentano, 0. e., p. 344. Charles était le 24 mai à Fontainebleau, A. N.,J 178", n° 60. — D'après une note du cartulaire de Vaux-de-Cernay (IE, p. 6. Paris, 1857, in-4), il aurait ramené de Flandre Philippe de Morigny, chanoine de Douai et elere du roi.

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