‹ Charles de Valois (1270-1325)Chapitre 56 sur 432 · juin H301, Rymer, Li, p · texte numérisé non relu

juin H301, Rymer, Li, p

Charles de Valois, n'ayant plus rien à faire en France, allait pouvoir obéir au pape qui l’appelait en Italie, et après avoir conquis la Flandre pour son frère, entreprendre la conquête d’une couronne pour lui-même. Auparavant, il ratifia, le 30 mai 1300 !, l'ordonnance de Philippe le Bel, d'octobre 1294 ?, instituant régente la reine Jeanne de Navarre, au cas où le roi mourrait laissant son fils mineur. Mais le 25 octobre 1300, le roi, en vidimant cette ratification, ajouta que, dans le cas de cette régence, Charles de Valois ne serait tenu d’obéir qu'à la reine Jeanne ou au jeune roi lui donnant directement leurs ordres, et que si la reine mourait la régence lui reviendrait*. Avant son départ pour l'Italie Charles fut choisi comme arbitre, avec le roi, entre Jean de Hainaut et ses vassaux *, mais son départ lui fit négliger cette affaire.

4. À. N., J 401, n° 5*; Lancelot, Recueil de pièces concernant les pairs de France, pr., p. 109; Dupuy, Trailé de la majorité de nos rois, p. 147.

3. A. N., J 401, n° 5; Lancelot, Recueil de pièces concernant les pairs de France, pr., p. 109; Dupuy, Traité de la majorité de nos rois, p. 1#7.

4, À. N., J 519, no 9 bis. $

Boniface VIIL appelait Charles de Valois en Italie pour combattre ses nombreux adversaires, et notamment Frédéric III d'Aragon, maître de la Sicile. Charles paraissait bien disposé puisque, dès le 29 décembre 1298, le pape écrivait au roi qu'il avait reçu Gilles de Bourges et Jean du Châtelet, délégués de Charles, qui offrait de venir avec mille hommes d'armes; en échange, le pape demandait au roi de prêter à Charles en son nom 100.000 1. t., pour l'aider dans cette entreprise !. Frédéric IIT occupait la Sicile depuis 1291 ?, et le pape, nous l'avons vu, avait vainement essayé de l’en faire sortir par la paix du 18 décembre 1298 3. Frédéric n'ayant pas rempli les conditions du traité, Boniface dut faire appel contre lui à son frère Jacques d'Aragon, garant de la restitution de la Sicile. Celui-ci, aidé des Angevins et vainqueur au cap Orlando, prit Catane, mais il fit tout son possible pour empêcher ses alliés de profiter de leur victoire, et le pape, le jugeant plutôt dangereux, chercha un autre défenseur # : c'est pour cela qu'il jeta les yeux sur le gendre de Charles II,

1. Boutaric, Not. et Extr., XX, 2e partie, p. 130; Rocquain, o. c., I, p. 248-249 ; Tosti, o. c., II, p. 60-67.

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