‹ Charles Démia et les origines de le̕nseignement primaireChapitre 13 sur 54 · PROCÈS-VERBAUX DES RÉUNIONS DU BUREAU · texte numérisé non relu

PROCÈS-VERBAUX DES RÉUNIONS DU BUREAU

avait visitées (1). Quelques mois avant sa mort, le 6 juin 1689, Démia, toujours exact, assistait encore à la réunion mensuelle.

D’après les comptes rendus des assemblées du Bureau, on voit qu’il y était question de tout ce qui concernait les études et la discipline, soit dans les écoles des pauvres, soit dans les autres. Toutes les affaires scolaires étaient successivement mises à l’ordre du jour. Assurément, les questions d’ordre religieux, messes à faire dire, fêtes à célébrer, etc , sont celles qu’on y traite le plus souvent, mais la pédagogie y tient aussi quelque place.

Les maîtres sont admis à apporter eux-mêmes devant l’assemblée leurs doléances et leurs réclamations ; on les écoute, on y fait droit quand on peut. En 1679, le maître d’école de Bourgchanin remontre au Bureau que le local qu’il occupe est trop petit pour ses 120 élèves. Un autre se plaint que son école « soit obscure et déplâtrée ». L’hygiène scolaire entre déjà dans les soucis de ces pédagogues du xvne siècle. On prend des mesures pour que les soldats de passage à Lyon ne soient pas logés dans les écoles. On demande, — et ce point est particulièrement intéressant — que les salles de classe donnent autant que possible sur des jardins. En plein xxe siècle, combien y a-t-il d’écoles lyonnaises où ce vœu soit exaucé? En 1677, un membre du Bureau est chargé « de s’informer auprès des religieux de quelle herbe ils se servent pour se garantir de la vermine. . . » Il eût peut-être mieux valu chercher le remède dans

(i) « Ce que j’ai vu dans ma tournée : travail, bon vouloir, zèle. » (Quinze ans d’éducalion, p. 53.)

LE BUREAU DES ÉCOLES

les ablutions et les bains. Mais, sur ce point, les préjugés du temps reprennent leurs droits : défense est faite aux enfants de se baigner dans le Rhône ou dans la Saône, « sous peine du fouet ». Prudence sans doute et crainte des accidents et des noyades, insouciance des soins de propreté, et aussi excès de pudeur et de décence, tout cela se mêlait dans cette interdiction qu’on avait soin de renouveler fréquemment. En 1678 pourtant, il est dit qu’on permet aux enfants de se baigner, mais on leur recommande la « modestie ».

Le Bureau surveille de près les livres employés dans les classes; il donne mission aux courriers de faire disparaître les livres d’histoire apocryphes, ou entachés d’hérésie. Parfois sont abordés des sujets de pédagogie pratique. Démia, par exemple, appelle l’attention de ses collègues sur les défauts de prononciation : il demande qu’on évite les liaisons de mots, inutiles et ridicules, comme esprit-t-éternel .

Le Bureau est aussi un conseil de discipline scoe. 11 fait des enquêtes sur la conduite des maîtres. L’enseignement est interdit pour un mois à un instituteur, qui, malgré les défenses faites contre toute coéducation des sexes, persistait à admettre des filles dans son école, et qui, d’ailleurs,, était accusé aussi de fréquenter les cabarets. On s’assurait que les maîtres ne recevaient pas de pensionnaires, qu’ils n’acceptaient aucune rétribution, aucun cadeau des élèves, qu’ils ne donnaient pas de leçons en ville, etc.

Les réunions du Bureau sont enfin des assemblées d’édification commune' et d’instruction morale. Démia y donne lecture, en 1682, d’un livre

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